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Dominiquebar2
Dordogne
Interests: La troisième nuit, je rêvais du cœur de la terre et des 5000 ans que l’histoire n’a pas transcrit dans ses manuels. Plus ancienne que l’imagination des hommes. Jeune comme l’esprit. Je voyais un continent détaché de la Chine...
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Jan 4, 2011
Reblogged Dec 28, 2010 at Dominiquebar2's blog
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La cime des faîtes La grotte se trouvait à flanc de falaise. Le chemin était long, l'inclinaison fatale, sous le pied mal assuré, la sueur saine mouillait la volonté par la récompense... quelques mètres encore... un peu de lumière d'abord... semi obscurité... le noir complet... il était le premier... il avait attendu le souffle court... D’autres arrivaient… Les pierres roulaient sous leurs pas... un décrochage... deux... les pierres roulaient encore... une silhouette dans l'écran de lumière... beaucoup... la multitude s'avançait... s’agglutinait peu à peu. Tous les suintements de l'effort coulaient le long des parois, moites de communion, l'empilement s’était fait plus intense, la promiscuité sur les corps était devenue fluide, ceux du bas respiraient ensemble, à l'unisson, en symbiose totale avec ceux du haut... Enfin, la matrice terrestre était devenue pleine... s’était nourrie de leur essence et de leurs exsudations humainement révolues. L'ouverture avait été sédimentée par des corps pleins de vie. Il était resté seul. Mais il avait gardé sa consistance existentielle. Il fumait de leurs âmes conjuguées, distillant ces exhalaisons vers « l’infini de ces nourritures terrestres », La réduction était faite entre la terre et l'espace, entre la motte et l’étoile… Immensité et microscopie. L’entrée, maintenant, ressemblait à un œuf. Il était resté dans cette infractuosité. Il s’endormait toujours en position fœtale contre la roche. Il ressentait une pulsion dans cette matrice. A chaque fois sa semence explosait vers le cœur de la terre. La puissance de son injection était comme une pluie qui s’étalait, telle une ombrelle protectrice. Chaque goutte était l’aboutissement d’une future naissance. Chaque unité possédait une parcelle de pensée. La force de son esprit était en fusion avec la terre. De leur union, des perles de pierre étaient apparues, à l’endroit où ils s’unissaient. Elles ressemblaient à des fleurs. Elles commencèrent à fusionner entre elles. La cavité s’en combla peu à peu. La gravidité dura une pérennité sédimentaire. Enfin, l’éclatement ressembla à la délivrance d’un volcan. La montagne bavait, exsudait son liquide placé en terre. L’enfantement de la hauteur exhaussa la cime qui s’éleva encore pour ne former qu’une inamovible et abstraite courbure devant des formes étranges. Quelques souffles avaient perçu l’ordonnance de l’esthétisme. De la fumée s’en fut sur les traces des chemins à travers des empreintes. A l’ourlet de la première rondeur, la masse se gonflait. Une multitude s’enchevêtrait docilement dans ces simples profondeurs. De plates lumières inconnues et de trop tristes ravages vinrent éclairer la relation pour que l’infini réside au cœur de la roche. Il la vit, elle écartait les bras, poussait avec les jambes, avançait. Un petit ourlet de sédiments se formait. Il prit place à la commissure de ses lèvres... La roche laissait passer les rayons du soleil. La lumière, comme une photosynthèse éphémère, s'infiltrait et s'étirait. Son corps se propulsait vers la clarté. Le buste sortait, puis les jambes se rejoignaient, droites pendant quelques instants, formant un sillon derrière elle. Les bras s’allongeaient, fendant la matière qui glissait vers ses cuisses, rondes et légères. Elle sourit et accentua la boursouflure minérale. Sa chair s'étirait, sa peau se tendait. Sa taille s'allongeait... De gros muscles s'animèrent, vides de sens. Protecteurs en attente, diffuseurs sanguins, capteurs d’accroissements, corps en devenir, vivants sans pensée dans une masse qui raisonnait. Lorsque la substance atteint son degré de pénétration, elle s'oublia… Les anciennes naissances cellulaires se confondirent avec le souvenir de ces perles de pierre qui parfois lui parlaient de son intérieur. Elles avaient repris connaissance dans une sorte de silence, créateur. Des milliers de particules l’assaillirent. Elle poursuivit sa progression. Son sourire atteint les terminaisons de son esquisse et la mémoire de la vie surgit au cœur de ses cellules... De nouvelles naissances au cœur de l’immobilité. Elle était là, épuisée sur la paroi, le ventre gros. Sereine. Quelques rougeurs aux pommettes. Un peu essoufflée, heureuse et comblée d'immensité. Elle n'avait cessé de sourire. Le petit ourlet l’avait rejoint, jusqu'à remonter dans l'antre de sa création. La création jubilait et d’une avancée immobile, se diffusa en elle. Puis elle rejoignit les sommets, comme une petite sécurité à sa féminité. Elle sourit comme une tendre force s'opposant à l’étendue de la matière, semblant oublier d'être portée. La densité de la roche l'abandonna doucement. Elle avait rejoint les hauteurs cosmiques pour oublier la rudesse et la fluidité de l'air et la froideur de l’espace. La vapeur infinie s'insinuait doucement dans sa peau, comme une injection aérolithique pour apaiser la douceur de son corps. Elle respirait doucement pour calmer la flore pulmonaire qui s'emballait. Les méandres de sa condensation calmaient peu à peu ses angoisses épidermiques. Elle s'endormit dans la chaleur de cette nouvelle matrice devant le retour de la matière. Des êtres s’étaient alliés pour naître, demeurer et perpétrer les strates de la propagation minérale. Un marcheur cheminait sur la sente. Elle le reconnut… Elle se rappelait… Les pierres qui le virent aussi se remémoraient son histoire et son action qui les avait fait exister jusqu’à maintenant. Il ne les avait jamais foulé… La poussière s’épaissit. Dans le secret de sa masse, l’être de pierre s’était détaché de son socle. Il avait déployé sa force, ses cheveux frémirent légèrement, ses muscles se relâchèrent doucement, sur le talus inondé de mottes un brin de poussière émit les preuves, il était rayonnant de vérité inamovible sur la matrice existentielle. Il avait offert, à des générations de dépôts sédimentaires, comment résister au vacarme du temps. De sombres ajouts s’en vinrent résister à la résistance et au calme absolu. Le fond de la roche avait une lie que nul ne pouvait reconnaître. Des ouvrages flottaient à la surface de leurs petites profondeurs. Mais sur ce chemin où il allait, à la jonction du monde, il se baissa pour ramasser une pierre, la smella… Elle sentait les fragrances d’une mer ancienne. Des mélodies maritimes résonnèrent à ses narines. Un léger vrombissement retentit, une douce rumeur, comme le bruit des lames sur la grève… Des abysses de houle s’assombrirent devant son inspiration. De nouvelles crêtes secouées par l’innocence parquèrent les premiers instants de la création qui s’offraient à lui. A la hauteur de la forme, pensait-il, la cendre scintille, se libère un instant, rejoint le tout, aux confins des formes pétille, malgré les nuages de poussière, quelle que soit cette déliquescence, elle renaît vers de nouvelles scories, sombres braises. Il ne se lassait jamais d’observer les pierres dont les formes et les contours racontaient une histoire, lui narraient les prémisses de l’humanité, témoignaient et lui parlaient des éléments qui les formèrent, précipitèrent leur matière et figèrent leur aspect. Il savait… mais il voulait encore savoir à quoi ressemblaient ces temps révolus pendant lesquels la mer occupait tout, de laquelle tout était né et qui, maintenant, laissait voler la poudre comme une exsudation de ces roches… D’où viens tu ? Lui demanda t’il… Comme elle n’avait jamais parlé, elle reçut l’information et se concentra pour répondre à cet humain dont l’essence minérale lui parlait. Elle lui répondit : J’ai reçu la signature des vagues… De quoi es tu née ? De l’humidité de ma poussière… Connais tu le désert ? Il m’est apparu … Comme une source de traversée… J’étais seule avec une multitude qui ressemblait à mes enfants… Ils avaient soif et je ne pouvais les désaltérer. As-tu conscience de ta mort ? Je n’y ai jamais pensé… Tu n’as jamais pensé à ta mort ou à la mort ? Ma vie est une suite de progressions qui semble si lente mais qui se projette à folle allure… Qu'en est-il de l'eau? Elle est là, mais on ne la sent pas. Bouillonnante de préséance. Ondulante de tragédie. Infinie de silence intérieur. Oubliée des surfaces. Enfouie dans la multitude de la masse. Etablie dans le secret des abîmes. Nous sommes hors de l'eau pour conduire l'esprit. Mettre au grand jour ses facultés de propagation. Si évidentes lorsque totalement immergées. Nous venons des lointaines cités enfouies. Maintenant l'eau s'enfuit, laissant place à notre traversée du désert. Nous devons passer les épreuves qui nous rendrons sages. Les temps sont venus pour perdre nos actes dans leur ignorance et trouver les chemins de l'inutile. Ceux qui nous plaisaient temps lorsque nous étions les monarques d'un pays devenu imaginaire... En ces temps là, nos souvenirs n'étaient qu'une évanescence de nos cendres en devenir. Il y a si longtemps… Notre histoire est encore de ce temps. Diluée, fondue, agrégée, étalée, insinuée, installée au coeur de l'invisible, déboussolée par le souffle gravé dans la pierre depuis des millénaires. Inquantifiables depuis que le temps s'est abandonné à la mesure. Les sources de l'extravagance, issues des émanations virtuelles assurent la pérennité de nos essences. Les résonances de la sapidité viennent combler les fosses abyssales de nos êtres en mouvance. Juste un témoignage de la nouveauté, masquée par des temps immémoriaux jusque là non perçus. La sécheresse de notre matière fomente les extrémités intégrales. Nous n’avons jamais su nous perdre parmi toutes ses trouvailles… Nous laisser aller à de somptueuses abdications… Continue reading
Posted Dec 27, 2010 at Dominiquebar2's blog
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La mort dans la glace «Prends patience, bientôt tu te reposeras aussi». Les derniers vers d’un poème de Goethe: «Wartenur, Balde Ruhest du Auch.»… La fête en continuité... Tout se démultipliait par l’intermédiaire de la lecture. Une femme, pendant son voyage, lisait le livre de Milan Kundera :»L'immortalité» «L'individu ayant le désir d'immortalité va exclusivement se consacrer à l’image et non à l’objet, car cette image est devenue plus réelle que l'objet. C'est pour cela qu'il poursuit des modèles, des individus qui ont atteint l'immortalité (comme Goethe) et qu'il méprise alors sa propre individualité.» Dans l'avion, cette femme regarde une vidéo. Au Canada, pendant l'hiver, un passant se dirige vers une poubelle à ouverture frontale pour y déposer un sac de déchets. Il ouvre et découvre le visage d’une femme en apparence congelée. Bien sur c’est une mise en scène pour tester les réactions du public. La femme ne bouge pas, elle joue le rôle de la congelée, la bouche ouverte comme un ange béatifiée par la mort froide. Toutes les personnes piégées sans exception restent muettes et aussi immobiles que la congélation. Elles observent l'apparence de la mort sur son visage comme pour en capter tous les indices de la reconnaissance divine. Comme s’ils attendaient depuis toujours, dans une secrète fascination, le moment où leur voyeurisme serait enfin satisfait. Cet instant, elles le savent, ne durera que très peu. Ils doivent essayer d’en tirer le maximum pour qu’à l’heure du grand saut final… Elles puissent reconnaître leur propre mort et éviter la souffrance qu’elles imaginent déjà. Dés que la femme bouge, tout le monde se sauve. Plus brave devant la mort que devant la vie. « Pour une fois que je vois un cadavre J’attends cela depuis si longtemps.» Pas de danger, pas de souffrance dans ce visage figé dans la mort. Quelle délivrance. Ce sont-ils vus dans l’immobilisme de ce corps ? Ou alors l’absence de danger face à cette heureuse inertie? Les vivants sont si imprévisibles. Un mort est si inoffensif, si doux. Pas d'odeur, pas de détour, pas de danger… La liberté totale. Après avoir vu cette vidéo, la femme appuie sur son siège éjectable et, comme une comète, est projetée sur les bords d'un lac. La nature règne en grande maîtresse, elle s'enivre d'elle même. Les premiers à la voir sont les indiens, herboristes naturels, libres et prisonniers de leurs prémices, ils s'installent devant elle sans vénération. Devant l'ivresse de leur patience et les images de leurs totems, elle ignore les souvenirs de sa solitude. Les soucis et les bises de maux ne viennent jamais. En elle, l'impression d'une musique d'Amour et le souvenir de la glace qui figea son essence au regard de sa mort. Continue reading
Posted Dec 27, 2010 at Dominiquebar2's blog
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Dans les traces de la rue Dans les traces de la rue les passants semblent suivre la piste de leur inconscience… Une absence qu’ils ont flairée depuis longue tempse… D’innombrables entités déambulent dans la grâce de leur innocence pour que le temps puisse les assaillir et faire resurgir un passé si présent mais oublié dans les affres d’une modernité qui semblait ne pas exister… Sur le carrefour de sa destinée, la rue ne dégageait pas la peur du danger. Tout le monde semblait ne pas s’en rappeler malgré ce halo de chaleur. Les esprits occupaient le croisement des destinées, une charge de circonvolutions sous le macadam perpétuel. Une femme un peu grosse dans l’attente de ses samosas cherche son argent pour les avoir plus vite… Devant elle, les trimards de la cuisine ont réussi à gérer la chaleur du climat et celle du fourneau devant lequel ils sont toute la journée. Des enfants s’occupent des taches subalternes contre quelques repas et une couche pour ne pas finir dans la rue avec les autres mendiants … Puis, un homme fatigué, où va-t-il ? Il devrait continuer à se reposer, mais peut-être ne doit-il pas. Un jeune garçon appuie sa main sur une femme qui semble être sa mère ou la servante qui lui sert de nourrice. Il l’aime, c’est sur. Le marché ne résonne pas dans son esprit puisque le bruit retentit doucement dans ses préoccupations. La place est posée chaque matin et ses vendeurs le sont aussi… Posés. De nouvelles sensations se sont insérées dans leur psyché. La certitude de devoir être là… Pendant cet instant, quelques incertitudes rythment leurs esprits mais « un rien » est devenu l’évidence… Une femme est passée… Habillée de noir… Élégante indianité sur sa peau marbrée… Elle a continué de passer et l’envie de « l’arrêter » s’est installée comme une incontournable nécessité. Une nouvelle évidence ? Peut-être la confirmation d’une préparation. Maintenant que le verbe est là, il ne demande qu’à se coucher. Le dorloter sans le bercer pour qu’il ne s’endorme pas. Les zones de Cossipore (nord de Kolkata) sont réputées pour leurs activités de stockage des marchandises et surtout leur transport. Le grand axe routier qui traverse l’Inde du Nord de part en part jusqu’au Pakistan n’est pas très loin de toutes ces « factories ». Une multitude de camions bariolés charge puis se propulse comme des flèches sur cet axe encombré et dangereux où règne encore, la loi du plus fort. Il y a des endroits extraordinaires de désordre informel. Des scènes naturelles photographiées par Duchamp. Des passages entre les hommes et leur peine. Inondés de fatalisme et de résignation. Des trimards s’arrachent la peau afin de perpétrer leur cycle d’incarnation. Des noman’s land occupés par le vide cosmique semblent avoir été créé par erreur. Une sorte de hasard subjectif. Le dénuement esthétique est inscrit dans le sol. La matière sans âme suinte l’absence et la désolation. Comment, l’ordre naturel, a t’il pu se réduire à de telles extrémités ? Rien ne semble habiter ces lieux. Parfois l’intensité déployée par la ferveur donne une expression au cœur de la matière mais là, rien qu’un vide métaphysique. Un tourment minéral. Peu de végétation. Ce n’est pas ce qui manque pourtant, la serre tropicale est surchauffée avec une humidité avoisinant les 90%. Pourquoi la vie a t’elle déserté ces lieux ? http://www.facebook.com/photo.php?fbid=161937877179611&set=a.160234094016656.36505.112397672133632&pid=324999&id=112397672133632 http://www.facebook.com/photo.php?fbid=161937947179604&set=a.160234094016656.36505.112397672133632&pid=325002&id=112397672133632 http://www.facebook.com/photo.php?fbid=161937917179607&set=a.160234094016656.36505.112397672133632&pid=325001&id=112397672133632 Continue reading
Posted Dec 27, 2010 at Dominiquebar2's blog
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La gerbe des oubliettes J'aimerais que l'on m'endorme et que l'on me transporte ailleurs... M'endormir et me réveiller dans le beurre. Éteindre mes extériorités pour allumer d'autres intériorités... Et boire du thé... Je voudrais fumer des opiacés... Il faudrait dévier du Romanee ; glouquer des astragales et enfin bijouter des raquettes. Sur ces tables de marbre étendre des nappes, apporter des fruits afin de leur décoller la pulpe de leur filigrane et dans cette extension engendrer l'ombre des lumières. Il n’y aura plus qu’à portraitiser les découvertes des fondations. Ces inconnus attesteront les idiomes qu’ils avaient empilés pendant la conquête de ces pays d'Europe. Les enfants avaient malgré tout joué avec des cerceaux, Un des inconnus avait décortiqué l'amande de leurs yeux, il avait rapé le noyau de leur bulbe pour craboter leurs effluves en partance. Enfin, ensemble ils avaient trouvés l’énergie des vieux Floyds, l’inertie du tendre Creeks. Dans cette écurie délabrée ils avaient rouquillé la chance des lads, déployé les bras de la boule, jaunir les arêtes du cercle, passer la langue derrière le palais. Courir sur la tranche d'une feuille. Devenir blancheur minérale. Espérer descendre au ciel. Cléopatrer cette colle, forte et incolore. Ratriser le Lucernaire. Ne pas attendre au bus stand. Eloigner les îlots d'impatience. Devenir le temps. Exister sans apparaître. S'immerger pour toujours dans la relativithé... Diluer ses molécules dans la pensée. Grafenvalder le pils des premiums. Réchauffer les îles britanniques. Xydamner les âmes flasques. Pincer la pince du pinceau. Anéantir les bruits du buis. Oreiller les amandes de la trompe. Effleurer des colliers d'orteils. Embarquer des rives de bites. Ombrager les surfaces virginales. Illuminer les marges en mouvance. Millériser la noirceur du printemps. Crucifier les roses d'écriture. Diaboliser le paradis . Engrécer tous les colosses. Sexer, Plexer, Nexer. Temporaliser les meurtriers de la poésie... . Mobiliser la cellularité des appels téléphoniques. Commercialiser l'Equité. Des traces de mousses sur l'envers de la solidarithé. Aromatiser des pétales de fleurs. Infiltrer le néant par l'histoire. Enterrer des soleils d'univers. Silencier des ombres d'étincelles. Céliniser la nuit au bout du voyage... Bouder le bout d'un Boudha. Bramer devant les bras de Brahma. Crisser aprés les chrisanthémes du Christ. Alarmer les Inches d'Allah. Moiniller les Molochs de Moïse. Moïser le berceau du Pharaon. Une étrange vaguelette sur la berge du ravin. Un éparpillement d'ondulations. Américaniser les strates de l'unité. Une lueur au fond du corridor. Une odeur au long des fureurs De furieuses longueurs aux rythmes des heures.. Accolées à la colle de cette Cléocolore. Eliminer l'arome des sandalettes. La platitude des dalles incurvées. Il faudrait de l'encre rouge . Pour rouer la faux de l'âcre encens. Blamer le blase de la Blastula. Pustuliser la purée des pures. Emarger l'épaisseur de la mousse. S'attendre au détachement des bulles. Masquer le visage de la face. Un thé rieur. Un chocolate King Un café le Nikoff. Devoir aimer ce qui n'aime pas et descendre gerber au fond des oubliettes, herser pour le devoir des jeux du mouillage. Gifler les tuméfactions que ta soeur idiote loup de la matinée descend mouiller vers d'autres berges (gerrbes) Nouilles de houx qualifié déliquéfiées par la folie. Gino est inscrit au bal des mouilleurs. Kilo son ami remet la foudre tumérifére au sol des matelas. Balina se fout d'avoir une fente derrière la jambe bien que la sauce aigre-douce doive baigner dans maon étendue intérieure fallacieusement détendue comme une truie lévriére des gens bons de ma vie. Les souris doivent se regarder jouer devant ma xirouette sirupeuse terriblement queutée par la soul des foumanchus. Seul à la barre tu lie des books éphémère devant les quintessence de tes bontés dévié à la seul présence deu je, lisière fol bramer sur wagons axé brimer nier pouler, jribrivripoler sur mon toit du monde. Au lit les œufs ne portent pas de coquilles. Le jaune de leur couleur blanchit pendant l'amour. L'amour sexuel n'est pas du sexe, c'est de la daube succédamnée, extravaganz des ailes du désirs comme Bruno nous l'a démontré. Quand nait-il ? Les sources intermédiaires de la perception (sans bureau) forment les couches de nos gigognes. Pièges délicieux de la poésie naturelle. Ou non mais oui pas dans le sens de la mouette transmissible. Mouillée par les frondaisons d'écumes, comme des montagnes de vagues et vagues rochers loin des ensembles, comme à marée basse déliquescente de vase lumineuse comme embruns d'iode et de houles lointaines, inaccessibles. Attente de volume et de force poissonnière... Continue reading
Posted Dec 27, 2010 at Dominiquebar2's blog
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Serge Gainsbar J’écoutais Gainsbourg et je m’extasiais devant son génie… La sobriété de ses compositions, ses quelques touches instrumentales qui rehaussaient le texte. Brusquement je me levais et j’allais le trouver pour en savoir plus sur lui… Une grande réception, je le vis et je m’approchais… Il pérorait devant un groupe en quête de billets de 500 francs… Je lui tapais sur l’épaule, il se retourna l’œil torve imbibé d’alcool… Je le colletais sans violence mais avec fermeté. - Je voudrais savoir, tout ton cirque médiatique c’est juste pour vendre ou tu dis la vérité ? Si c’est vrai je dois te sauver avec ton génie, si ce n’est pas vrai, tu vas te faire foutre ! - Me sauver de quoi et comment ? Je l’attrapais fermement et nous sortîmes discrètement devant le groupe médusé… Il suivait sans vraiment résister. - Elle est où ta bagnole ? - Dehors - Tu sais où on va ? - Pourquoi faire ? - Un plan de souffrance pour toi mais dont tu te sortiras indemne… Préviens tous tes sbires que maintenant c’est moi qui contrôle la situation. Il te faut un endroit où tu pourras continuer à créer, piano studio d’enregistrement… - Pourquoi je ferais ça ? - Tu sais très bien pourquoi… - Bon, je sais où aller et je n’ai pas de sbires enfin maintenant si un…. Serge était investit dans une manne créatrice où ses angoisses étaient le moteur de son génie. Il s’en nourrissait certes mais les extensions le détruisaient. Évidemment il était l’inévitable gérant de ses élans. Mais l’homme et l’œuvre se confondaient. Parfois il se réfugiait au cœur de quelques dimensions réactionnaires dont beaucoup se réjouissait. Même les légionnaires, après quelques verres, avaient reconnu en lui un des leurs… Ses instants de création étaient rythmés par une progression du succès et par l’installation de quelques certitudes personnelles difficile à lui enlever… Il avait fait une œuvre de dimension et moderne. Serge se devait de tout dire, n’importe où et n’importe quand. Ceux qui pouvaient le supporter devaient avoir le même feu que lui. - Tout ça c’est des conneries, je ne suis que la manne incontrôlable de ma création… - Ah……. J’aimerais savoir quels furent tes mécanismes de création au début de ta carrière ? - Tu sais bien, la presse s’en est abreuvée, je voulais être peintre… Les mécanismes de création étaient là mais je ne savais les mettre à leur place… - Mais je voudrais tant que tu te souviennes, cette chanson n’est pas la tienne. C'était pas sa préférée je crois... Et parfois mon âme morte se souvient de son souvenir. Jour après nuit, ces passions fortes n'en finissent pas de courir. Et bientôt, ces jour-là, mes amours mortes n'en finiront pas de pourrir... La suite peut-être plus tard... Continue reading
Posted Dec 27, 2010 at Dominiquebar2's blog
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« Le destin, c’est le nom que nous donnons à la combinaison infinie et ininterrompue de milliers de causes emmêlées. » Jorge Luis BORGES. BORGES A propos de « Histoire universelle de l’infamie. Histoire de l’éternité » Il semble se dessiner derrière le texte une histoire (racontée) dont le lecteur est de prime abord, inconscient puis, qui peu à peu, vient l’agiter comme une berceuse imaginaire. Un léger sommeil d’intérêt étend la première lecture. Sous le ton du narrateur immobile Borges dirige doucement le lecteur vers une histoire sans chute. Une descente inexorable vers des territoires linéaires où la pensée s’étale. Dans ce petit mythe, les personnages deviennent réels. Quelques petites phrases évoquent des visions d’êtres vivants importants (Qui ne le sont pas dans l’évidence « Borgésienne » .) Comme une petite magie informelle sans grand rituel. « Ces identités échelonnées (Pénibles comme en un jeu de masques où l’on ne sait plus bien qui est qui) commettent son nom véritable si tant est que nous nous risquions à penser qu’il existe dans le monde quelque chose qu’on puisse nommer ainsi… » Le souvenir d’un rêve lointain, conçu dans l’esprit d’un humain. Quelques bribes de mémoire morcelées par le sommeil surgirent dans l’espace spirituel de ces extensions. La Taste des idiomes n’en finissait plus de se mouvoir vers des territoires imaginaires, plus anciens que la mémoire des hommes. L’histoire n’y avait pas sa place. Une manne enroulée comme une spirale se déployait dans l’infinité de toutes ces vies, ces coexistences. Des remous de terminaisons s’avançaient vers de lointains engagements qui donneraient, à l’humanité, sa maturité. Le tortillon était trop serré. Nous, vivants, le subirions dans d’autres vies. Le temps se dilue dans les trois dimensions. Déjà le rêve est en marge de l’esprit et sa réelle fonction ne nous appartient pas. « Nous » ? Toute l’humanité y compris les scientifiques… Quand le tortillon universel se sera déroulé suffisamment, il laissera apparaître la mort ou quelque chose d’apparenté qui aura commencé à s’évaporer. Les émanations de ces fumées spirituelles s’estomperont pour laisser place à cette clarté qui nous fait défaut et dont certains, déjà, perçurent et perçoivent les premiers rayons. Une enclave physique œuvre doucement dans certains périmètres. Le cœur de la terre s’y est installé. Un noyau magnétique engendre les religiosités. Un courant provoqué circule à travers les synapses de la poésie et des circuits encore métaphysiques. L’histoire universelle existe mais pas dans les livres d’histoire. Elle transpire par le filigrane des écrits et du langage. La mémoire collective de l’humanité réside dans quelques parcelles oubliées, mais, présentes dans l’esprit. L’enfance d’un être, la source commune de la vie. Cette arborescence infinie consacrée à la pérennité. Il y a cependant des risques d’implosion salutaires. L’émergence d’une conscience collective s’élabore dans l’idée qu’il ne faut rien sauver. Surtout pas les pseudos sauveurs. Quelques carences affectives s’en viennent materner leurs absences de maternité. Le sauvetage est une histoire freudienne. Certainement pas l’histoire de l’éternité… Encore à faire et surtout à ne pas écrire. Les mots semblent truqués d’avance et l’histoire n’est qu’un mensonge. Quand les miroitements provoqués par les esprits en éveil éclairent l’avenir, l’histoire s’enclave naturellement dans le temps. Présente à l’esprit de chacun sans besoin d’apprendre. Le temps, pour peu que nous puissions percevoir une telle dimension est une illusion. Nous ne pouvons séparer ni distinguer les moments qui se précédent à ceux qui se succèdent. Le rêve éveillé est une manne d’images (Image inaire) Être éveillé parmi les affres de son corps devient une entrave pour un esprit qui fonctionne de façon autonome à l’écart de ce corps. Un esprit qui navigue à l’intérieur d’un corps ignoré, ignorant. Des gestes décalés désenclavés, inadaptés, des mouvements qui ne sont pas en rapport avec les destinations souvent improvisées et depuis peu en rapport avec le destin. Je me souviens de ces voyages, des intentions vouées au hasard. Des fuites devant des évènements. Sans réel développement ni fondement. Une suite de décisions tronquées. Une mise en scène de la peur. J’étais à Rishikesh. Le soir tombait et je cherchais un livre ou quoi que ce soit à acheter. Ce livre de Borges m’attendait en ces lieux particuliers où les adeptes du Yoga buvaient de l’eau chaude au réveil…Hhmmmmm… Continue reading
Posted Dec 26, 2010 at Dominiquebar2's blog
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VOICI VENU... Les yeux fermés devant la lumière, l'homme à l'âme blonde, s'est ouvert... A d'autres brillances... Soupçons éthérés pour faire état de l'indicible... Suprêmes alliances, enfin mises à nue. Des apparitions dans cet étrange assemblage. Prononcées intérieurement par la voix d'un humain. Un souffle de liberté offert à la raison Et des digues brisées par des flots inutiles. Pas de superflus en marge de l'ego. Quel homme mur est-ce donc là ? Une main blanche engluée de son moi, S'en vint puiser les sources de l'eau de là. Des ailes d'existence S'étalèrent sur les terrasses voisines de son verbe. Amoncellement de temples engloutis. Devant les simples géométries. .. Il y a enfin, quand tout devient invisible, Quelqu'un qui vous regarde et qui vous sent... Il marche de face, Le visage clair, mu par un état de fluide apparence. Le corps inconnu aux mille espérances. Il tourne le dos, s'éloigne, Semble flotter dans un état de plate humanité. Le trottoir ne brille pas sous ses pas. Le terne asphalte ignore ses péremptoires alchimies. Des traces de pierre s'activent à rendre la terre immobile. Nouvelles naissances. Imaginations d'enfance perdue. Aux frontispices du naturel, De sombres significations illuminent Les filigranes de l'écriture. Dégusté par de Pétragalantes déesses. La cendre de son sourire se disperse dans les brumes inassouvies Du désir perpétuel. Perdu entre deux balances, Etonné devant l'autorité, Compatissant devant l'ordre. Dans l'inharmonie de cette bande, Entre déjà, la cascade de l'immense opulence. Aux confins des lignes frontières, les écorces protégent leur circularité. D'envieuses boursouflures se progressent. De tendres croûtes combinées aux formes, Assurent la courbe de leurs attaches. De tyriennes ondulations crépitent. Un ciel de moutarde s'est liquéfié derrière la ligne. Le ventre de la conque, Résonne encore dans le gouffre soudain. Des spirales de sources créatrices ont engendré : Des cortèges Des ravines Des boisements chevalins De vieux molochs aux cœurs de Brahmane Des processions de fleurs Des robes de couvertures Des pantalons de serre Des armatures de chaires Et un fatras de sacs et de voyages en départ. Quel homme mur est-ce donc là ? Continue reading
Posted Dec 26, 2010 at Dominiquebar2's blog
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La période est à la transition, il ne trouve plus rien. Il se perd dans la relecture de ses favoris qui ont annihilé toute forme de nouveauté. D’un univers Stendhalien il passe au récit de la terre. D’un synthétisme littéraire sur quelques œuvres connues à des essais ou des biographies. Des nouvelles aux polards anciens et modernes voire métaphysiques. Les frères de l'invisible Les schémas semblent établis… Pendant le travail physique une idée surgit dans son esprit : « Aller à Saint Valéry en baie de Somme ». L’irrépressible envie de se rendre dans ce lieu est là, obsédante… Un endroit sauvage et préservé. Bref, pendant des jours, des semaines, des mois, survient le même phénomène. Il finit par se sentir sereinement déployé dans cette dimension. Puis il file directement, toujours mu par cette irrémédiable pulsion. Le temps passe, il arrive sur les lieux. Toutes les échoppes commencent à s’éteindre, trouver un hôtel. Heureusement le long du chenal… Il investit la chambre et ouvre la fenêtre. Il y a un petit bureau, malgré la fatigue, s’y installe et frénétiquement l’écriture le prend… Les sensations, les odeurs de varech, de vase, le bruit des petits canots qui remontent le chenal. Il écrit ces lignes : « Par la fenêtre, les odeurs âcres de marée me parvenaient… » . Il écrit, il écrit, à presque s’endormir sur la table… Le matin survient, délicieusement maritime. Il se lève pour rejoindre la salle du petit déjeuner. Avant cela, sort pour acheter le journal. Il parcourt deux cent mètres sur le même trottoir, et sur le mur, il lit cette plaque commémorative : « Ici Anatole France écrivit Armand Noziére : « Par la fenêtre, les odeurs âcres de marée me parvenaient… » Après l’évocation du voyage de la pensée universelle. Il ne s’explique toujours pas la portée de cet événement. Ni la signification des signes. Il n’a jamais lu une seule ligne d’Anatole France. Il commence Armand Noziére, à la troisième page il est mort d’ennui… « Mort » ? C’est peut-être cela… La pensée créatrice voyage et subsiste à travers le temps qui, pour elle, n’existe pas. Continuer à chercher pour que le verbe et la chaire se rejoignent. Il se mit à chercher. Les livres étaient les moteurs de sa pensée, les édificateurs de sa conscience… Il se dit qu’il devait toujours chercher et savoir : « quelques livres avaient été écrits pour que la pensée s’en mêle… » La connaissance de ses subtils instants dans la quête d’un livre était là. Les écrits arrivaient toujours au bon moment… Il le savait pour en avoir déjà fait l’expérience. Il fallait continuer à fréquenter les librairies, les bibliothèques et les bouquinistes jusqu’à la fin... Trouver le verbe pour que la chaire soit et réside. Lors de la recherche, ses premiers instants se liquéfient sans brutalité dans un halo de prospection. Le seul but est l'assouvissement d'une frustration de création. Le besoin irrépressible de chercher, et selon une délicieuse impression : Devoir trouvé l’œuvre, qui détient : « Le secret du verbe », celui qui anime la pensée dans un subtil agencement et rassasie l'âme comme une extension instantanée et infinie. C’est le préambule, puis la mise en marche se déplace vers les lieux où l'énergie des mots se concentre en un appel incessant. C'est une rencontre à petite vitesse avec le "temps" cet incontournable élément de la lecture. La mise en place de l'ouverture présente son marchepied au voyageur spirituel pour le trajet sans fin au cœur de la signification. Un être à la recherche d’une oeuvre. Puis l’arrivée dans cet antre de la métaphysique où tous les livres attendent tels des appâts. L’odeur du papier s’infiltre. Les pages sifflent d’un crissement effrayé quand ses doigts ressentent la vieille douceur du Velin. Les tranches s’offrent et ces curieux objets sont prêts à être feuilletés. Il le sait, il n’est plus un être humain, il est devenu une entité indéfinissable. Le mystère qui l’entoure à l’entrée de la librairie, n’étonne jamais le maître de l’office. Il n’est jamais qu’un lien entre la force des écritures et le lecteur innocent, souvent inconscient. Il est en rapport avec sa future lecture, dans son inconscience, au moment où il s’en approche il le sait… Les traces de son destin se démènent pour lui donner des signes sur un temps qui ne lui appartient pas encore. Donc, dans la place, il ignore qu’il est à la recherche d’une œuvre qui fut écrite dans le même registre temporel et qui appartient à son essence. Lorsqu’il s’empare de la composition, il la reconnaît. L’intimité de l’écriture est proche de la sienne. L’identité des intervenants n’a guère d’importance. Ils sont les frères et les soeurs de l’invisible puisque la rencontre a déjà eu lieu. Où et quand ? Peu importe, l’espace et le temps ignorent les pendules du contrôle. Tous les livres sont posés à plat, parfois ils se sont érigés pour atteindre la tranche. Ils reçoivent le rayonnement qui s'approche. L'énergie se répand. L'alchimie accueille cette influence pour opérer la féconde connexion. Sa main saisit l’œuvre, du créateur qu’il ne connait pas et qu’il ne connaitra jamais : "L'assembleur innocent des mots choisis", il a offert son oeuvre à la lecture séminale pour que sa création enfante d'autres naissances, engendre les ramifications de la grande arborescence. Alors le chercheur, ayant pris charge de l'écrit, l'honore telle une grande oeuvre votive. Personne ne sait comment l’écrivain se mit à l'ouvrage. La force qui anima sa pensée connaît et ignore sa propre puissance. Il est devenu ce qu'il avait créé : "La quintessence issue de l'assemblage des mots"… Il a écrit ce livre comme un lecteur aveugle parcourant ces feuilles sans apercevoir l'ombre d'un mot, le soupçon d'une influence. Le livre sert d’antenne, ces pages blanches ouvrent l’univers inquiet de celui qui a encore besoin des mots. Après en avoir tracé une multitude aux assemblages divers, aux significations multiples. Avoir façonné la création de petites pensées accumulées, empilées et compressées. Il sera plein et vide à la fois, ultime paradoxe du rassemblement de soi. Un écho particulier résonne au cœur de son intériorité, l'étendue de ses vibrations, dans le cosmique infini, présente la fenêtre vierge, l'ouvre pour qu'elle se dévoile. Derrière, encore le rideau. Lourde tenture aux allures invincibles, chapée de plomb vers le bas, s’écarte. Un pan à gauche, un pan à droite... la lumière apparaît. Il perçoit le roman de son au-delà. L'histoire conjuguée de son passé, son présent et le futur qui l'attend depuis "long temps". Il a beau tourner les pages, son étendue de vie lui apparaît, sans mot, sans signification, dépourvu de sens et même de direction. La lumière des pages blanchit son âme comme un joyau confié au temps jusqu'à cet instant à la recherche de la lecture d’un livre qui est écrit en lui. Continue reading
Posted Dec 26, 2010 at Dominiquebar2's blog
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LA BARAQUE DE MA GRAND-MERE SOUVENIRS D’ENFANCE « L’Omerta polonaise : Ils savaient des choses innocentes et se taisaient doucement afin que plus évidemment elles ne se révélassent… » Ca pue dans ma chambre. Je fume le cigare et les odeurs ont du mal à s’éliminer. Je brûle de l’encens mais cela n’est pas suffisant. Je dois laver mes draps aussi. Ca me rappelle l’odeur de mon grand père Bar… Parfois, pendant les vacances, je dormais dans sa chambre. Il y avait un lit à côté du sien. Dans le noir, (qui augmentait la dimension du rêve), allongés côte à côte. Il me racontait ses histoires de Pologne. Des aventures de chevaux. Des querelles de clochers. Il me donnait une idée précise de l’ambiance rurale de son adolescence et la période qui précéda sa venue en France. Il avait une stature et un charisme particulier. Sa femme, ma grand-mère… La mère de mon père… Lui en voulait… Il l’avait emmené en France dans l’optique de mener grand train. Propriétaire terrien qu’il lui avait promit... Ils étaient arrivés dans cette ferme des Ardennes. Stanislas n’avait pas le premier Zloty pour s’installer. Elle lui demandait souvent : « Tu as ce qu’il faut pour quand nous arriverons en France ? Oui ! Oui ! Ne t’inquiète pas, j’ai tout prévu… …Qu’il lui répondait. Son employeur, riche fermier, lui prêta un vieux costard pour la cérémonie… Le soir des noces Maria trayait les vaches… Elle ne lui pardonna jamais… Ils eurent deux enfants. Certainement pas ceux de l’amour…Mon père et sa sœur n’eurent de cesse de se chamailler et de subirent les disputes incessantes de leurs parents qui ne s’aimaient pas. Une démultiplication du drame familial pathologique… Je me souviens, ils étaient bien glauques. Les ambiances lors des repas étaient bien épaisses. J’étais le prétexte pour un peu de détente. J’imagine que lorsqu’ils étaient seuls, en tête-à-tête, ça devait être terrible. Malgré la rancune qu’ils se portaient, ils nous aimaient, ma sœur et moi. Nous eûmes des moments délicieux. Ils se jalousaient doucement pour ne pas trop nous choquer. Ils avaient conscience que la haine qu’ils avaient dans le cœur ne devait pas nous atteindre. Alors tout se passait en demi-teinte, ils avaient leurs codes secrets pour se pourrir la vie en notre présence. Sourdes manigances pour éviter l’affrontement trop direct. Cela devait être comme un jeu. En notre absence ils se lâchaient un peu plus. Ils aimaient, tous les deux, déployer, dans : « le déchirement minimisé », une certaine complicité qu’ils n’avaient pas dans l’intimité. En tant que couple, à part entière, ils se devaient inconsciemment d’être proches et nous occupions la place de leur lien, celui qu’ils ne connaissaient plus. Les jalousies pour s’approprier leurs petits-enfants devenaient incessantes. J’allais de l’un à l’autre au gré des mises en scène. En règle général je dormais avec ma grand-mère, elle essayait toujours de me charmer par des petits dons, argent, confiserie, cigarettes, qu’en plus, je lui volais régulièrement. En quelques mots, elle me gâtait et ne savait rien me refuser. Lorsque j’eus l’âge de ressentir les premières démangeaisons et que l’idée de les satisfaire en bonne compagnie me harcela le bulbe, je lui demandais logiquement de me fournir ce dont j’avais besoin… J’en ris encore, ce fut une véritable scène de ménage. Tous les noms d’oiseaux y passèrent. Je fus qualifié de pervers, dégoûtant…etc… Ce n’était pas : « le château de ma mère » plutôt : « La baraque de ma grand-mère ». Quand elle devenait trop possessive, pour la punir, j’allais dormir avec Stanis qui me faisait rêver de contrées lointaines. Celles de mes origines et de mon sang car nos grands-parents maternelles étaient polonais eux aussi. 60 rue de Roucourt 59176 Masny. Un pays minier lacéré par les corons. Sinistres alignements, où en dépit de tous les déchirements, nous furent heureux malgré tout. Lorsque, le week-end, avec mes parents, nous nous rendions chez eux pour le rituel dîner familial, il y avait une montée en puissance entre ma grand-mère et mon père et enfin pour couronner le tout, la fille, Thérèse. Ca commençait par les petits piques agaçants de mise en bouche. Le pugilat verbal de fin nous rentrait à la maison plus tôt que prévu. Ma grand-mère se trouvait toujours prêt de la cuisinière à charbon. Ce combustible gratuit, une trouvaille des mines pour exploiter les pauvres polonais et les autres immigrés qui mourraient de la silicose avant d’atteindre 60 ans. Les logements aussi étaient gratuits et à la mort des trimards, leurs veuves en gardaient l’usage avec une bonne pension … Ma grand mère qui manquait de chance se vu pourvu, à la mort de mon grand-père d’une pension de cancéreux ! Arnaquée jusqu’au bout, qu’elle aura été. Même pas une petite silicose Rien. Un cancer du colon rendez-vous compte ! … Ca vaut rien en pension ! S’il était mort de la silicose elle aurait touché le paquet. Mais, elle savait faire les frites comme personne… L’année était rythmée par le calendrier chrétien : « Noël, Les rois, les cendres, les rameaux. Carême jusqu’au vendredi saint puis Pâques où l’agneau pascal, (qu’ils avaient engraissé dans une remise de la cour), régnait au cœur d’une débauche de nourriture : les saucisses polonaises, le raifort, la charcuterie artisanale. Trois jours de suicide alimentaire, matin, midi et soir, après le jeûne plus ou moins respecté… C’était le Zola version immigré polonais. Le danger des mines. La nostalgie. Communauté, tantes, processions religieuses, bals, vodka, catholiques, douceur, respect, sourires. Le début du film de Michael CIMINO «voyage au bout de l ‘enfer ». La grande fête communautaire, la chaleur des expatriés. Leur forte propension à reproduire, en la démultipliant à outrance, l’ambiance de leurs origines. La convivialité fortement alcoolisée formait un cocon plus proche de la famille que de l’amitié. Parfois le poids culturel s’appesantissait, organisait l’aberration dans les arcanes de la communication…. L’omerta polonaise : « ils savaient des choses innocentes et se taisaient doucement afin que plus évidemment elles ne se révélassent. » Ca énervait les français qui les méprisaient par bêtise bofoidale. Eux, qui n’était pas loin de leur ressembler, pardonnaient ce dont ils auraient pu être capables. Aussi, parce qu’ils étaient chrétiens catholiques (la pire des trois…) et qu’il faut pardonner à son prochain et même au suivant…Entre les deux, le juif, qu’il est important de haïr. Pour faire comme tout le monde, comme tous ceux, trop cons pour s’endetter et pas assez futés pour faire des affaires. Il faut bien un prétexte pour faire payer sa connerie : « Venger le Christ ! » Sales Polaks ! Blancs et blonds, venu de l’Est. Pas loin d’être russes, pire, soviétiques ! Au moment où dans l’esprit des franchouillards régnait la plus grande des confusions. L’avant et l’après guerre. D’abord les hordes teutoniques pour contrer le front populaire… Bravo ! ! Mais maintenant c’est trop, vous pouvez rentrer…Trop tard ! Bon tant pis on va gérer l’occupation. La valse des saucisses, la farandole des jambons et le pain qui n’était pas seul à être noir… Puis la libération ! Encore les rouges à Berlin ! C’est pas loin ! Les Américains ! ? Viols et démagogie. Les Anglais ? Fascisme cynique, et secrète hypocrisie. Des pauvres latins tiraillés entre l’âme slave et la germanisation. Avec un pseudo sauveur qui négocie avec des saxons ! … Où va la France ! Maréchal nous voilà ! Pétain coup t’es tout pâle… Avec mes amis d’infortune nous remontions les cités minières. Briques rouges, alignées, construites pour l’élevage de cette pauvreté dont nous avions peu conscience. Bien mieux que les actuelles barres d’entassement humain. Les corons étaient de vraies maisons avec une petite courette à l’arrière et une zone potagère. L’élevage et le maraîchage permettaient d’améliorer considérablement l’ordinaire. Les supermarchés et l’intoxication publicitaire de surconsommation n’existaient pas encore. Il suffisait d’élever ses poules pour avoir des œufs et l’herbe ne manquait pas pour les lapins. Une formalité pour ces supers ruraux qu’étaient mes grands-parents. Stanis connaissait l’art de l’ensilage pour les endives. Maria celui de la charcuterie et des conserves. Avec ca, ils étaient parés pour l’hiver. Stashku, (diminutif de Stanislas), pour échapper à la tyrannie, partait des après-midi entières à discuter avec les voisins ou dormir paisiblement au creux des talus. Il devait rentrer la mort dans l’âme… « Oùq t’étais ! ? Gdgéchbow ? » Qu’elle lui d’mandait, en polonais : « Chercher de l’herbe… Po trava… » qu’il lui répondait vaguement toujours en Popolskou… Tu parles, le filou… Il avait une petite faucille (sans marteau) qui dépassait de son panier. La preuve émergente de son labeur. Il sillonnait les «voyettes » (petites voies) qui lézardaient parmi tous les jardins. Comme il était populaire, il lui fallait du temps pour remplir son panier d’herbe à lapin… Le temps de discuter avec les uns et les autres, il rentrait pour se faire engueuler. Elle lui jetait sa gamelle sur la table, à sa place habituelle, coincé devant la porte de la cave, là où s’entassaient le charbon et les bonnes bouteilles…Les moins bonnes aussi... Les choses allaient ainsi. Comme des exercices journaliers. Gymnastique de la dispute. Ambiances épaisses des non-dits devant leurs petits enfants qui venaient améliorer les affres de la haine ordinaire. Souvent je partais avec lui. Elle essayait toujours de me retenir. Quand je réussissais à déjouer son attention, elle m’en voulait à mort. Me montrait le poing comme pour me maudire. Pendant ce temps là, Stashkou riait sous cape et Maria enrageait. Ils connaissaient tous les trucs des ruraux. Les propriétés curatives des plantes. Une qui secrète un liquide laiteux pour éliminer les verrues. Le paganisme rural auquel ils étaient sensibles les portait naturellement à la superstition. Maria me terrorisait avec des histoires de sorcières. Souvent issues de son imagination et surtout de ses malentendus de voisinages chers à la paysannerie « populornaise ». « Elles rodaient la nuit pour clouer des chouettes aux portes » qu’elle me disait… Sur le moment, je la croyais. Après, avec la réputation de médisances qu’elle s’était forgée dans les parages, je me disais que c’était elle la sorcière. Ca ne me dérangeait pas, au contraire j’avais grâce à elle une certaine notoriété. Lorsque nous allions chez le boucher, qui la craignait, nous étions servis les premiers malgré la queue polonaise qui se déployait à l’extérieur du magasin. Le boucher n’était pas con, il savait qu’elle était capable de lui pourrir sa réputation en aussi peu de temps qu’il ne faut pour le dire. En plus de ce qu’elle achetait, « Emile Kerker » qu’il s’appelait, lui donnait gratuitement tous les culs de saucisses peu présentables à la vente, mais qui régalait la table et à bon prix. Le boucher avait une viande de qualité supérieure, je ne sais pas d’où il tenait ses bêtes, mais les steaks frites de Maria étaient merveilleux. Du beurre et de l’ail dans une poêle, posée sur un feu à charbon dont elle connaissait tous les secrets. La température de cuisson était toujours optimale. Elle connaissait l’art de faire les frites. D’abord éplucher les patates, puis enlever les yeux. Les sécher. Les découper dans le sens de la longueur. Ni trop grosses, ni trop fines, ni trop longues, ni trop courtes. En apparence rien de compliqué. Reste la cuisson et sa gestion. Elle connaissait naturellement le maniement de l’âtre qui possédait des ouvertures où s’empilaient des rondelles de fonte. Elle calibrait l’ouverture selon la dimension des poêles ou des casseroles. La marmite qui contenait la graisse à frite (du saindoux il me semble) était déposée une première fois pour une montée en chaleur extrême. Les délicieux tubercules lamellisés reposaient sagement dans la panière, dans l’attente du plaisir d’être cuites, puis dégustées par des gourmands gourmets polonais de leur état. Quant la graisse lui semblait propice, elle faisait descendre brusquement le panier…. PPRRRRSSSSHHHIIII que ca faisait. A ce moment là, il était déjà question d’un simple festin. Elle ne disait rien, elle savait… Tous, nous observions la mousse qui se concentrait en surface, c’était beau et nous savions aussi. Puis, à mi-cuisson, elle enlevait tout ! : elle relevait la panière patatine et écartait la marmite cuissonesque. Les demi frites s’en trouvaient tout ébaubies. Arrêtées en si bon chemin qu’elles étaient… C’était bien le style castrateur de ma grand-mère. Bref ! Après un temps ésotérique, connu d’elle seule, elle renfournait la friteuse dans son cercle et, après un autre temps, quasiment de mesure alchimique, elle replongeait les doigts d’amidon dans la graisse bouillante. La fin de la cuisson nous échappait toujours. Jamais nous n’avons réussi à refaire des frites telles que Maria les faisait. L’assemblée attendait l’arrivée des pommes souterraines avec dévotion… Chacun se regardait avec un air entendu et la magie se reproduisaient à chaque fois. C’était la trêve. Aucune possibilité de chamailleries. Le temps, visionnaire alléché, frustré de ne pouvoir y goûter se suspendait. Puis la viande, épaisse et juteuse était posée royalement sur un grand plat, les frites déposées savamment alentour avec des scories à leur contour. Dorées à l’or fin ! Ca croquait gentiment sous la dent. Jamais trop cuites ni pas assez, une artiste immuable ! Puis le couronnement c’était la sauce…Rien que du beurre et du jus de viande. En provenance directe de la poêle, noire de culot, elle avait une connaissance quasi scientifique de la cuisson. Elle s’imposait, par sa secrète obscurité. Ma grand-mère pouvait compter sur elle. Elle attendait avec profondeur d’être mise en œuvre par la maîtresse du fourneau. L’ail aussi l’emportait, mais très judicieusement. Les petites croustillantes, enfin, avaient le droit de se baigner dans les gras délices de la Douairiére des lieux. (Prés de DOUAI* forcément…) Elle avait répété ce rite d’innombrables fois sans jamais faillir. Enfin je n’en ai pas le souvenir. Les autres membres de la famille connaissaient ses talents et malgré les disputes inévitables qui s’en suivaient, ils venaient quand même à la table des sados masos. Mon oncle Alex, ma « matante* » Marie et les cousines.(La tante nous l’appelions « matante » et avec un adjectif possessif cela devenait : « ma matante ». Maria avait un tour de main qui correspond encore, Dieu merci, aux maîtresses de l’amour. Celles qui font corps avec la cuisine. Qui transforment les produits de la terre en une résolution gustative ! Son art dépendait du plaisir qu’elle déployait à repaître les convives. Une telle entité, malgré tout, ne devait pas être foncièrement mauvaise. Quand l’ambiance était à la trêve. Avec mes cousines, nous improvisions des scènes d’amour extrait et calquées de romans à l’eau de rose, style : « Confidences. Nous Deux… » Les adeptes du catalogue de la Redoute aux pages collées des sous vêtements se reconnaîtront. Comme ma grand-mère n’avait rien mis en œuvre pour apaiser mes « tensions ». Je jouais avec mes cousines qui furent les premières artisanes d’émois dont je ne pourrais oublier la teneur… Il en vint d’autres que j’aurais plaisir à vous narrer mes bons. Qui ? N’a pas intérêt à dévoiler ces secrets qui enchante l’esprit et le soulagent de toutes les autres vicissitudes. Il n’y a qu’à se souvenir de cela et le reste s’efface. Merci à vous chères et tendres cousines. Les maris ne sont même pas jaloux. Ils eurent eux aussi leurs cousines, comme tout un chacun… Ensemble, nous faisions des pique-niques géants en forêt de Crécy. C’était la route qui nous menait vers «les vacances au bord de la mer ». Comme dans la chanson de Michel Jonasz. Elle semble avoir été écrite pour nous et pour des milliers de familles qui goûtaient au plaisir des vacances dans les années 60. Fort-Mahon. Quend-Plage. Bray-Dunes. Merlimont. Stella-Plage A chaque fois, nos parents, oncles et tantes s’alliaient pour une location d’un mois. Baignades, courses folles dans les dunes. La baie d’Authie, baignée de douce lumière, nous offrait ses coques… (Encore de précieuses alliées pour les frites….). Au petit matin, quand la marée s’annonçait basse, nous nous levions sans peine. Enfourchions nos maillots de bains et nos filets à crevettes, (au cas où) afin d’avoir le délice de piétiner les bourrelets ondulés du sable à marée basse. J’aime encore ca. Ils semblent avoir été dessinés pour ma voûte plantaire. Et quand le format n’y est pas, il suffit de forcer un peu, ca s’enfonce comme pour un massage. Je n’avais qu’à errer doucement au gré des ondulations. Se repaître, à mi-distance, des dépressions sablonneuses générées par le retrait de l’eau. Il demeurait ce que nous appelions : « des bâches ». Réservoirs naturels. Viviers improvisés dans lesquels crabes et crustacés s’étaient attardés plutôt que de repartir sagement avec la mer, immuable de va et vient. Ils devenaient des proies faciles. Les crevettes frétillaient dans le filet. Nous les péchions aussi sur le rivage lorsque la mer était «étale », c’est à dire qu’elle stoppait pendant quelques temps son mouvement. Elle était en fin de marée basse. En général, les eaux étaient un peu limoneuses. Il fallait avancer longtemps avant de trouver un peu de profondeur. Alors nous en profitions pour draguer le fond. Parfois nous nous avancions un peu trop et la houle dépassait notre taille. Le filet se mettait à flotter et nous devions revenir vers le rivage. Nous vidions le contenu sur le sable afin d’en recueillir les plus dodues. Tels de jeunes Robinsons, nous nous attardions à jouer avec leurs antennes dans le sable humide. Au loin, des brumes de chaleur nous rappelait que l’été était le serviteur de nos vacances et qu’il s’employait, chaque année à nous restituer le bien-être de l’année précédente. Impossible d’oublier l’odeur de l’iode, le vent dans les dunes qui faisait frémir les joncs au sommet des multiples crêtes. Nous y étions un peu en retrait, un peu décalé pour entendre le ressac, sentir la présence du littoral dans sa globalité et de façon si particulière. Deviner la permanence des vagues. Puis atteindre le sommet de la dernière dune, enfin, scruter l’horizon, devenu ligne incertaine flottant dans les extractions calorifères. Nos familles avaient installé un petit campement sur la plage. Siéges, paravents, parasols et surtout la glacière. Le fameux goûter était toujours là pour nous rassasier après la baignade. A chaque fois on nous disait ne retourne pas à l’eau tout de suite ! Pas pendant la digestion… Evidemment le temps nous était compté et par instinct nous savions que ces mesures n’avait aucune valeur scientifique. Alors après avoir insisté, nos parents cédaient à nos insistances non sans nous avoir précisé de nous passer un peu d’eau sur la nuque avant de nous tremper complètement. Condé sur Escaut, les remparts de Vauban, la caserne, le canal, les escapades grenouilles, têtards, Salamandres. Les noyades manquées. Les aventures au delà du Jarre. Le trou de la sorcière. La casemate où vivaient un couple de clochards. L’école où j’étais le premier surtout en français. Emile Verhaeren et l’instit un peu pédophile qui me demandait de lui attraper ses bretelles sous sa veste. Le sandwich au camembert coulant accompagné d’une pomme. Le tramway. La Belgique et l’odeur de ses épiceries. L’essence moins chère. Bonsecours et son parc d’attraction. Le géant Atlas. Les glaces entre deux gaufrettes. L’ambiance était au beau fixe quand nous arrivions à nous échapper de la gendarmesque paternelle. Lorsqu’ils étaient à la guerre ou en manœuvre pour le maintien de l’ordre nous arrivions plus facilement à déjouer l’attention de nos mères. Alors nous partions à l’aventure dans des territoires inconnus qui, dépassé une certaine limite, nous engageaient dans des actions plus élaborées. Nous devions nous impliquer vraiment et pour un temps supérieur à l’heure fixée par les parents et à laquelle nous devions impérativement rentrer. Pour dépasser les limites fixées par nos simples extensions, nous nous servions d’un arbre qui courait et descendait le long d’une des parois du rempart qui entourait le site. Nous pouvions alors rejoindre le lit du Jarre, ruisseau insalubre infesté de rats dans lequel se déversait les latrines de la caserne. Il y avait une petite corniche qui courait le long du simple cours d’eau et sur laquelle, nous nous entraînions à des courses effrénées au risque de s’y répandre. Il y avait des sureaux que nous récoltions. Une fois séchée nous les fumions à nous rendre malades. C’était la jungle interdite qui dans nos jeunes esprits prenait des dimensions extravagantes. Une fois adulte, je suis retourné sur les traces de mon enfance. Le rêve avait disparu. Annihilé par l’extension des géométries de l’imaginaire. Continue reading
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Dec 23, 2010