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Charles Gill
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Coquille sur Tolkien, son poste était à Oxford, ça m'a échappé... Désolé pour ces longs textes, mais les objections les exigeaient.
Toggle Commented Dec 1, 2010 on La perversion journalistique at Le blogue du QL
Suite... Cette fonction de représentation, le cinéma commercial ne le joue que très peu (ce n'est pas une critique, c'est un constat, ce n'est pas sa fonction). Il y a justement tellement de risques financiers que l'on cherche à minimiser les autres risques, ainsi on soumet le scénario, le montage à des tests où ce sont souvent des «panels» et des «focus group» d'adolescents qui déterminent le montage, de manière à ce que rien ne soit laisser au hasard. Les exigences d'un ado ne sont malheureusement pas les mêmes qu'un adulte relativement instruit. Ce n'est pas vraiment important dans le contexte actuel, que l'industrie commerciale fasse des films commerciaux et les artistes, à l'aide de l'État feront du cinéma d'auteur. Certains objecteront, par exemple avec «Millenium» ou «Harry Potter», que les artistes, les écrivains et les réalisateurs ont juste à faire de bonnes oeuvres et l'affaire sera dans le sac, le commentaire classique : «pourquoi est-ce que je devrais soutenir avec mes impôts l'oeuvre d'un quelconque créateur?». Question légitime, mais qui traduit une méconnaissance du travail de création, pour qu'il y ait de bonnes oeuvres, il doit y avoir beaucoup de navets. Un peu comme pour les entreprises, seules quelques une survivent, mais une création doit pouvoir sortir de la tête du créateur pour être évaluée, elle ne doit pas restée sous forme d'idée ou de plan, d'où la nécessité de les faire advenir sous leur forme concrète : film, livre, exposition, danse, théâtre, etc. Maintenant quand une oeuvre existe (surtout si elle est reconnue), elle enrichit le patrimoine de l'humanité de manière intangible, mais c'est un don. Que serait le monde sans la musique des Beatles, sans Beethoven, sans Picasso, sans le spleen de Baudelaire, sans «les simpsons»... Il me semble normal que nous encouragions donc ceux qui se consacrent à l'enrichissement de notre univers cognitif, dramatique, imaginatif. Pour qu'il y ait une bonne oeuvre, il doit y en voir des milliers d'autres, et des champs spécialisés, que souvent les libertariens trouvent inutiles, comme les sciences littéraires, humaines, la philo ou l'histoire de l'art qui permettent aux créations d'être meilleures, plus denses. Les créateurs ont besoin de matériel, de la psychanalyse à la dernière théorie anthropologique. Tout ces domaines ne sont pas a priori rentables, mais ce sont des investissements qui nous enrichissent tous. Prenez par exemple «The Lord of the rings», (exemple de rentabilité par excellence) si JRR Tolkien a pu l'écrire, c'est parce qu'il bénéficiait d'un poste de philologue à Harvard, sa connaissance des langues anciennes, des légendes lui a permis d'inventer tout un monde, sa correspondance avec d'autres spécialistes aussi. Si son histoire a germé de sa tête, elle est en même temps le fruit d'une collaboration et d'une filiation permettant d'étudier le folklore et les légendes nordiques (viking, saxons, normands, etc.) voire des travaux en linguistiques sur d'autres langues. Tolkien était très intrigué par la langue, tellement qu'il en a inventé une. Aujourd'hui, pourrait-on trouver un exemple plus inutile, d'un point de vue de «libre-marché» que les études de Tolkien? N'entend-on pas les tenants de cette option prétendre que les étudiants qui étudient dans ce genre de domaine non-rentable devraient le payer de leurs poches et non utiliser les ressources des contribuables pour des études aussi inutiles?. Pourtant on voit bien qu'elles ont des effets extraordinaires, pensons à tout l'univers qui a découlé des créations de Tolkien, des histoires «fantasy» aux jeux de rôle. C'est devenu une source de richesse pour la Nouvelle-Zélande, voilà une manifestation totalement imprévue.
Toggle Commented Dec 1, 2010 on La perversion journalistique at Le blogue du QL
Petite digression sur le cinéma et l'art (vous comprendrez le lien avec l'idéologie libertarienne). Les commentaires récents montrent indubitablement que les partisans de l'idéologie libertarienne ne tienne pas compte des réserves de leurs adversaires idéologiques, une bonne occasion pourtant de les convaincre. Plutôt que me dire que mes craintes sont fondées sur une mauvaise conception ou en m'expliquant autrement certains effets pervers des interventions étatiques, certains contributeurs préfèrent mépriser un pan important de la culture et des arts. Vous consolidez de cette manière le jugement de vos opposant qui considèrent simplement que votre désir de changement tient à un accroissement personnel du richesse, au plan mercantile, plutôt qu'à une véritable réflexion sur ce que constitue la richesse d'une nation. C'est le fonctionnement des «majors» et des manières d'imposer leurs volontés au distributeurs qui m'incite à utiliser cet exemple, lorsqu'une salle négocie pour avoir film qui aura de fortes entrées, cette dernière doit payer pour une ribambelle de films, souvent des navets. Puisque ces films sont achetés, aussi bien les faire jouer, c'est ainsi qu'il y a moins de place pour le cinéma d'auteur, qu'il soit québécois ou étranger. Par ailleurs pour puisque je montre que je m'inquiète pour la culture et l'art dans un monde libertarien, je ne trouve pas que "Azedarac" me rassure, n'écrit-il pas que «De toute évidence des gens, beaucoup de gens, aiment le genre de film qui sont produits par ces studios. [Hollywood] Ultimement le marché c'est cela». Voilà donc comment, dans une idéologie libertarienne, l'efficacité et la performance d'un marché, pour ainsi dire son fonctionnement « au plan technique » prévalent sur des considérations esthétiques ou artistiques. Je ne veux pas faire de débat sur le cinéma d'auteur vs le cinéma commercial, je veux simplement souligner que l'on ne peut assujettir le cinéma d'auteur aux mêmes impératifs de rentabilité que le cinéma commercial. Idéalement si un film d'auteur fais ses frais, tant mieux, mais il doit surtout se démarquer au plan artistique, formel, les gens doivent prendre des risques, c'est ce qui fait avancer l'art. Ultimement, c'est le cinéma commercial qui en bénéficie, qui récupère les techniques voire les propos. Si vous voulez, vous pouvez voir le cinéma d'auteur ou l'art en général comme le labo, l'expérimentation, la recherche de pointe en matière de divertissement. omme vous vous en doutez, si vous voulez des inventions, des innovations ou des nouveaux produits et services, vous devez encourager les initiatives en science et la créativité de manière générale. Trop circonscrire la recherche la rend aveugle. C'est quand il y a des faisceaux dynamiques d'idées que la moisson la plus riche peut subvenir et dans cette moisson, les gens de l'industrie et du commerce peuvent trouver des applications aux découvertes. Mais vous ne pouvez seulement chercher l'objet rentable, vous devez encourager la recherche en général, ce sont souvent des liens inusités qui permettent l'application concrète de découvertes a priori inutiles qui révolutionnent parfois nos vies. C'est vrai en sciences humaines et l'art participe à sa manière à l'avancement de la société en permettant à des idées souvent très particulières, bizarres, obscures, de se frayer un chemin dans les consciences, l'art sert à la représentation et renvoie à la société une myriades d'images dont elle n'avait pas nécessairement conscience.
Toggle Commented Dec 1, 2010 on La perversion journalistique at Le blogue du QL
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Nov 30, 2010