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Directeur de la Publication Haman Mana » Quotidienmutations ENQUETE | 16 Mar 2007 -------------------------------------------------------------------------------- Repères -------------------------------------------------------------------------------- - 1860: Les Bawock arrive sur le site actuel de leur village. Accueil par les populations Bati, aujourd’hui installés dans la région de Galim, dans les Bamboutos -------------------------------------------------------------------------------- - 1899: Zintgraft "pacifie" la zone. Ils sont accueillis par les Bali. Il favorise l’intronisation des Balinyonga comme les suzerains de la localité - Juillet 1921: Les Anglais, qui ont pris la relève des Allemands, s’inquiètent du niveau d’armement des Bailnyoga et de leur empire sur les peuples environnants - Juin 1963: Arrêté du Ministry of local governement portant reconnaissance des chefferies dans le Cameroun occidental - 15 janvier 1975: Accord de coexistence pacifique signé au palais de Balinyonga entre les deux communautés, représenté par leurs Fons respectifs - Octobre 1975: Décision préfectorale réaffirmant l’existence d’une chefferie Bawock - Janvier 1982: Arrêté ministériel rattachant la chefferie de 2è degré de Bawock la chefferie de 1er degré de Balinyonga - Novembre 2005: Gwan Summit. La paix est conclue entre les Balinyonga te les Bawock. L’accord est paraphé par les autorités administratives et les responsables des forces de maintien de l’ordre - Décembre 2006: Une mission de délimitation de la frontière entre Baforchu, Pinyin, Bawock et Balinyonga, conduite par un des adjoints du préfet de la Mezam, est attaquée par des populations de Balinyonga - Janvier 2007: Lettre au préfet de la Mezam, relative aux provocations et aux destructions de biens des Bawock - Janvier 2007: Plainte des Bawock contre une vingtaine de personnes pour menace de mort - Février 2007: Lettre des Bawock au Premier ministre pour solliciter ses bons offices - 3 mars 2007: Altercation entre les Nju Nju de Balinyonga et les populations Bawock. Suite à l’affrontement, 12 maisons rasées à Bawock - 6 mars 2007 Assaut des Balikumbat contre les Bawock ; Bilan : plus de 300 habitations incendiées et plus de 2000 personnes déplacées Réagir à l'article -------------------------------------------------------------------------------- Directeur de la Publication Haman Mana » Quotidienmutations ENQUETE | 16 Mar 2007 -------------------------------------------------------------------------------- Evocation : Le Fon du problème -------------------------------------------------------------------------------- L’un veut imposer son hégémonie, l’autre tient à son autonomie. -------------------------------------------------------------------------------- Une enquête de Xavier Luc Deutchoua"Gwan summit resolutions". Le document qui porte ce nom est le procès-verbal d’une réunion secrète tenue au commissariat de sécurité publique de Bali le 7 novembre 2005. Y prenaient part une délégation de Balinyonga, conduite par F Doh Ganyonga III, une de Bawock, amenée par Fon Théodore Nana Wanda et quelques notables de sa cour, le maire de Bali, Christopher K. Nyamsenkwen. Sous des accents de sincérité, la rencontre s’ouvre par une prière et se termine par une chaleureuse accolade entre les deux fons. Engagement est pris de sceller la réconciliation par des fêtes populaires à organiser respectivement les 8 et 11 novembre à Balinyonga et à Bawock. Le sous-préfet, le commandant de compagnie de gendarmerie, le commandant de brigade, le commissaire de sécurité publique et le commissaire spécial apportent leur bénédiction au pacte ainsi conclu, en apposant leur signature au bas du "Gwan summit resolutions". Au cours de ces travaux, des griefs surgissent de part et d’autre. Les Bawocks reprochent aux Bali l’annexion de certains de leur quartiers, le mépris vis-à-vis de leur souverain, une sous représentation dans les institutions locales, la ségrégation dans la répartition des équipements sociaux locaux, l’absence des Bawock des commissions consultatives sur les questions agricoles et foncières, le respect des traditions Bawock par les Bali installés en territoire Bawock…. Les Balinyoga, quant à eux, ne pardonnent pas aux Bawocks leurs prétentions territoriales qualifiées d’injustifiées, leur manque d’engouement pour les projets d’intérêt commun, l’insubordination du fon de Bawock au fon de Bali, et les entraves à la réalisation de certains rites, vitaux pour la culture Bali, et dont l’exécution passe par la coopération des Bawock. C’est un obstacle à l’accomplissement d’un de ces rites qui, le 3 mars dernier, a officiellement mis le feu aux poudres. Ce jour là, les Balinyonga ont à pratiquer le rite "Voma" pour demander la pluie et une bonne récolte aux ancêtres. L’accès à Mantum, le site du rite, passe par le village Bawock. "En rentrant, le Nju Nju qui était supposé apporter la réponse des ancêtres serait passé par Bawock", raconte le gouverneur du Nord-Ouest, Koumpa Issa, dans les colonnes de Cameroon-Tribune. "Quelqu’un a interpellé le groupe qui passait ainsi et je crois que c’est de là que part le problème". Suspects Ce "quelqu’un” a pour nom Peter Limen Feukwai, un inspecteur de police à la retraite. S’en suit une violente bagarre générale, et la mise à sac de douze maisons à Bawock, l’arrestation de cinq suspects. Et le clou, l’incendie d’une paillote centenaire à l’entrée de la chefferie Balinyonga dans la nuit du 6 mars, un acte attribué par les Balinyonga à des vandales venus Bawock. Pour ces derniers, en particulier leur fon, "c’est un prétexte. L’origine du conflit est plus profonde". Il faut remonter au début du XIXè siècle pour comprendre. En 1860, les Bawocks, partis de Bafang des siècles auparavant à la suite d’une révolution de palais, arrivent dans le site actuel du village, en transitant par Bangangté où une branche de cette famille réside encore. Ils sont accueillis par les Bati. Et non par les Bali, qui sont également présents dans la région, sans être voisins des Bawock.. Au moment d’émigrer vers le Bamboutos actuel, plus précisément à Galim, "les Bati cèderont leur territoire aux Bawock", proclame Ivo Peter Saboh, qui vient de publier un ouvrage ethnographique sur le people Bawock. "Faux", rétorquent les Balinyonga, qui soutiennent avoir précédé les Bawock dans le coin et, surtout, de leur avoir offert l’hospitalité. L’existence de Bawock en tant qu’entité autonome est donc une fiction administrative, estime Fon Doh Ganyonga III, pour qui la communauté Bawock n’a de réalité que sous le couvert de la suzeraineté Balinyonga. "Pour lui, les Bawock sont des Bamilékés qui doivent rejoindre leurs frères à Bangangté ou se soumettre. " "C’est vrai que nous sommes d’origine bamiléké. Mais les Balinyonga, eux viennent du Nigeria. Entre eux qui viennent de l’étranger et nous, qui est plus Camerounais?", s’interroge le fon de Bawock. Ce conflit sur l’antériorité dans l’implantation des deux communautés et, surtout, la vassalité de Bawock, a connu des tentatives de solution par le passé. En octobre 1975, Alexander Motanga Ngomba, alors préfet de la Mezam, signait une décision reconnaissant l’existence d’ "une localité appelée village Bawock, placée sous la juridiction du chef Bawock". Sept ans plus tard, un arrêté du Ministre de l’Administration territoriale, Victor Ayissi Mvondo, déterminant les chefferies traditionnelles de 2è degré dans le département de la Mezam rattachait le chefferie de Bawock "à la chefferie de 1er degré de Balinyonga" L’imbroglio est donc difficile à démêler. D’après les archives allemandes et anglaises, ainsi que les cartes géographiques de l’époque, en 1884, quand l’administration allemande débarque à Douala, les deux peuples occupent déjà leurs sites respectifs actuels en 1884. A son arrivée dans la localité, autour de 1889, le capitaine Zintgraft s’attache aux Balinyaonga. Il est envoûté par leur nombre, leur expérience martiale, leurs liens avec les guerriers Tchamba. Des atouts qui en font de bons alliés dans l’œuvre de "pacification" de l’hinterland camerounais. Ils seront donc les collaborateurs des Allemands. Sur eux reposera la tâche de soumettre les peuplades des actuelles provinces du Nord-Ouest et de l’Ouest à l’autorité du colonisateur. Pour accomplir cette mission, les Balinyonga seront approvisionnés en armes. Un document retrouvé aux archives nationales de Buéa et datée de juillet 1921, explique comment 1000 fusils seront offerts au Fon de Balinyonga pour les besoins de l’assujettissement des autres ethnies. Ce, "en violation des conventions internationales", souligne Sir Duncan, le représentant de la couronne britannique au Cameroun anglais. Munis de ces armes, servis par leur supériorité numérique, les Balinyonga imposeront leur hégémonie à l’entour. Malgré les tentatives de "désarmement", initiées par l’administration coloniale anglaise, ils ont conservé leur tradition guerrière. Selon un confrère de Canal 2 Nord-Ouest, "chaque maison cache un fusil". D’aucuns expliquent ainsi le penchant de ce peuple pour la violence. Réagir à l'article -------------------------------------------------------------------------------- Directeur de la Publication Haman Mana » Quotidienmutations ENQUETE | 16 Mar 2007 -------------------------------------------------------------------------------- Décryptage : Le jeu trouble de l’administration -------------------------------------------------------------------------------- Sous-préfet, préfet, gouverneur et ministres sont restés sourds et aveugles, malgré les signes annonciateurs du drame. -------------------------------------------------------------------------------- La foule entassée au Congress Hall de Bamenda a hurlé un hourrah de satisfaction lundi dernier, à l’annonce de l’envoi sur le terrain d’une mission chargée d’évaluer la situation de détresse des populations et de mettre en place les conditions d’un retour à la normale. Cette décision fait suite à une réunion convoquée par le Premier ministre et consacrée à la situation de belligérance entre les villages Bawock et Balinyonga, et regroupant le ministre de la Communication, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le secrétaire d’Etat à la Justice, chargée des prisons, le secrétaire d’Etat à la Défense, le Délégué général à la sûreté nationale et le Directeur général de la Recherche extérieure. De l’avis général des Bawock rencontrés à Bamenda, "la tête des responsables de l’administration doit tomber". Ils en ont en particulier après Ngembane Daniel Ekole, le sous-préfet de Bali. La chaîne des responsabilités déroulée par les victimes paraît plus longue, et s’étend jusqu’à Yaoundé. "On espère des sanctions. Tout le monde était au courant de ce que les Balinyonga préparaient", assure un notable Bawock. Courant février, le Fon de Bawock avait attiré l’attention de plusieurs autorités locales sur les préparatifs d’agression en cours. Ses rapports alarmants étaient contrecarrés par les comptes-rendus apaisants du sous-préfet, qui assurait la hiérarchie que la situation était sous contrôle. Une maldonne qu’il reconnut au cours d’une réunion tenue au cabinet du préfet en décembre 2006. Une plainte pour destruction, menace de mort et vol avait été déposée chez le procureur de la Mezam le 17 janvier contre une vingtaine de ressortissants de Balinyonga. Faute de trouver une oreille bienveillante dans la localité, Fon Nana Wanda s’était tourné vers les ministres originaires du Nord-ouest. Sans plus de succès. Dans une correspondance du 8 février adressée au Premier ministre, en désespoir de cause, et dont Mutations a pu se procurer copie, les Bawock déroulaient un chapelet de provocations attribuées aux Bali, et sollicitaient les bons offices de Ephraïm Inoni. Ces griefs sont-ils fondés? L’administration locale disposait des moyens les plus étendus pour mesurer l’ampleur des menaces de violence. L’arrondissement de Bali dispose en effet d’une forte concentration de structures dites d’"encadrement des populations": un commissariat de sécurité publique, un commissariat spécial en charge du renseignement, une compagnie de gendarmerie, une brigade de gendarmerie. "Comment tout ce monde n’a rien vu venir ?", s’étonnait un confrère de Ayaba Fm, une radio émettant à Bamenda. La question devrait être "pourquoi?". Incompétence? Laxisme? Déficit de cœur? La question se pose d’autant plus que Bawock a subi une première attaque, en guise d’avant-goût. Le samedi, 3 mars, douze maisons sont rasées par des Balinyonga. A la suite de l’agression, cinq suspects sont arrêtés. Les Balinyonga réclament leur libération et menacent par tract de récidiver si leur exigence n’est pas exaucée. "Normalement, on aurait dû ceinturer le village à partir du samedi 3 mars", confie une officier du Groupement territorial de la gendarmerie De source militaire, ces mesures étaient envisagées. "Mais nous étions déployés à Mbesa", confie un autre officier. Une semaine auparavant, les populations de Mbesa étaient victimes d’attaques sanglantes de la part leur voisin Oku. "Nous sommes rentrés de Mbesa lundi, 5 mars, à 16h. Et ce sont les mêmes éléments qu’on a désignés pour assurer l’ordre à Bawock le lendemain. Nous étions fatigués. Conséquence, les gens ne sont pas venus au rassemblement qui était prévu au camp à 10h.Ils sont arrivés à 12h. On est parti de Bamenda dans l’après-midi de du 6 mars". Trop tard. Réagir à l'article --------------------------------------------------------------------------------
Directeur de la Publication Haman Mana » Quotidienmutations ENQUETE | 16 Mar 2007 -------------------------------------------------------------------------------- Balinyonga - Bawock : Retour sur les lieux du drame -------------------------------------------------------------------------------- Pourquoi tout un village a-t-il pu être rasé par les voisins, alors que les deux communautés visent ensemble depuis de nombreuses décennies ? Comment l’administration n’a-t-elle pas pu prévenir le drame et qu’est ce qui peut expliquer cette haine viscérale d’un peuple envers un autre ? Notre reporter est allé sur le terrain reconstituer les pièces d’un puzzle qui résume une situation bien plus générale qu’elle n’y paraît. Une enquête de Xavier Luc Deutchoua -------------------------------------------------------------------------------- Il y a deux semaines, Rebecca Taba, du quartier Ndetap, au nord de Bawock, était une paysanne comblée. Son grenier contenait 200 kg de haricot, sa basse-cour quatre poules. Elle engraissait un porc qu’elle comptait vendre à Noël "pour faire la fête aux enfants et payer son denier de culte à l’Eglise". Un coin de sa cuisine cachait 10 litres d’huile de palme, une denrée précieuse dans la localité. Son bas de laine couvait une somme de 20.000 Fcfa. Mardi, 6 mars dernier, une horde de casseurs est venue, ex abrupto, de Bali, le village voisin. Et, en une nuit, le tsunami a détruit l’œuvre de tant de jours de dur labeur. D’après les témoignages, la croisade a commencé au petit matin. Bawock dort alors. Pendant ce temps, une armée de minute-men levée à Bali, se glisse dans le village, l’encercle, ferme ses voies de sortie. A 4h, poussé par des cris de guerre, machette et fusils traditionnels au poing, bidons d’essence et allumettes à la main, l’assaut est lancé. Paillotes, cabanes, villas, palaces: tout ce qui vit est attaqué, extrait des maisons. Pris au dépourvu, submergés par cette marée humaine, vieillards, jeunes gens, femmes, enfants et bébés se pressent dans la brousse. "Aucun ménagement, aucun égard pour les malades", témoigne Henriette Kwamo Nana, l’épouse du fon de Bawock qui raconte la scène. "Nous ne pouvons rien contre les Bali, qui sont 20.000 dans l’arrondissement". Contre environ 2.000 Bawock. Le village vidé de ses habitants, l’animosité se tourne vers les bêtes. Cochons, poulets, chèvres sont étranglés, éventrés. Viendra le tour des plantes à l’entour des concessions… Une semaine après le drame, Bawock évoque le Darfour. De source préfectorale, le feu a détruit 300 habitations. Un peu plus, si l’on y ajoute les concessions inhabitées et les bâtisses encore en chantier, comme l’imposant duplex en élévation à l’entrée de la localité par le bien nommé Dr Stanley Ngeyi, professeur à l’université du Michigan aux Etats-unis Une carcasse de voiture consumée barre l’entrée de la chefferie. D’autres voitures calcinées jusqu’aux entrailles jonchent le village. Sous les cendres et les toitures effondrées, abondent des signes extérieurs d’une menue richesse à jamais perdue: une bicyclette, un appareil musical ou un appareil radio calciné. Des téléviseurs échappés au feu et à la rapine des pillards sont délaissés sur les chemins de traverse. Des hectares d’eucalyptus et des caféières sont tous en charbon. A l’entour des concessions, bananiers, avocatiers goyaviers, papayers ont été dessouchés à la machette. Les cadavres d’animaux se décomposent. Nitap, Fomnjoh et Douala ont été entièrement pulvérisés. Comme la chefferie, ces quartiers ont reçu la visite des pyromanes à deux reprises en l’espace de trois jours. Samedi, 3 mars, et mardi, 6 mars. Fon Nana Wanda III, chef traditionnel, quatre épouses et père de 15 enfants, accuse le coup: "On ne peut pas évaluer ce que le peuple Bawock a perdu dans l’incendie de sa chefferie. Tous les objets d’art accumulés depuis plus de cent ans sont partis en fumée. Les regalias ont été brûlés, certains volés". L’un des quatre "lieux sacrés", inviolables selon la sacro-sainte tradition des Grassfields, a été incendié. Les assaillants n’ont toutefois pas osé s’attaquer à la "maison des crânes" où, selon la croyance locale, les ancêtres protecteurs des Bawock sont censés veiller. Un assaillant a quand même tenu à marquer son passage, en déposant de la matière fécale à l’entrée de ce saint des saints. Fétiches Dans ce décor d’horreur, on tombe par endroits sur des détails poignants. En passant dans un cimetière familial, le feu a épargné une croix en bois blanc. Ailleurs, dans la cour d’une maison en ruine, une main, sans doute celle de l’infortuné maître des lieux, a déposé des fétiches: un cercueil en miniature, des bandelettes de tissu rouge serties de cauris blancs, un pot de terre rempli d’écorces diverses. "Les représailles ont commencé", commente notre guide. Autre miracle: une dizaine de maisons d’habitation sont debout, intactes. Les heureux propriétaires de ces habitations sont des originaires de Bali installés en territoire Bawock. "Des chevaux de Troie?" Le Fon Nana Wanda III pense que non. "Ils se sont installés sur nos terres, sans problème. Ils ont épousé nos filles". "Qu’est-ce qui est donc arrivé ?", s’interroge Rebecca. Parmi une dizaine de personnes, elle est revenue sur la terre de ses ancêtres ce 12 mars. La radio a annoncé le passage du gouverneur Koumpa Issa et d’une commission administrative chargée d’évaluer des dégâts. En arrivant de Pinyin, de l’autre côté du mont Koumtchou où se sont réfugiés des centaines de sinistrés, elle pensait obtenir des nouvelles de ses quatre enfants, réfugiés à Bamenda, en compagnie de leur papa et de sa "Mbanya", sa coépouse. A Bawock, Rebecca n’a retrouvé que son chien qui fouille dans les décombres. Elle a ramené un poulet qui sera égorgé, et dont le sang sera aspergé sur les reliques de ses parents, dans la pure tradition bamiléké. "J’ai quitté mon ménage il y a six ans pour revenir ici. Je suis née dans cette maison. Mon père et ma mère m’ont appris que les Bali et nous formions une famille. Nos parents ont toujours vécu en paix; Ce sont les "big people" qui nous mettent dans les problèmes". Par "big people", elle entend le Fon de Bali, Doh Ganyonga III, dont le village entretient un conflit frontalier avec Bawock. Et, surtout, le maire Sdf de Bali, Chrisopher K. Nyamsenkwen, accusé d’être le bras séculier du premier. Tel soutient l’avoir vu distribuer du pain aux vandales. Tel autre affirme l’avoir aperçu transportant de l’essence. Tel encore certifie l’avoir surpris donnant des instructions téléphoniques aux casseurs. Sur un coteau, au quartier Djamtcheup, un petit coin de paradis a échappé à la furie dévastatrice des "Huns" locaux. C’est la mission catholique Saints Pierre et Paul. La petite chapelle reste immaculée. L’école aussi est sauve. La vie y tourne au ralenti, cependant. Dimanche dernier, les cloches n’ont pas sonné. Celles de l’école tintent encore. Timidement. "A mon avis, la mission n’a pas été attaquée parce que c’est un no man’s land", explique Sylvanus Fongoh, originaire de Bali. En l’absence du directeur, réfugié à Bamenda avec trois instituteurs tous de l’ethnie Bawock, il encadre ses trois collègues, tout en tenant les cours moyens 1 et 2. Une autre maison de Dieu, la Christain Assembly Church, a eu moins de chance. "Les bâtiments et les instruments de musique ne sont plus que cendres", se plaint le pasteur Pius Nungmua en brandissant des photos du drame. L’école catholique a-t-elle donc été sauvegardée parce qu’elle est fréquentée en majorité par les enfants Bali? "Je ne crois pas", pense t-il. Saints Pierre-et-Paul comptait 350 élèves il y a une semaine. 165 ont repris les classes. "Cette affaire affecte tous les enfants et les parents, sans distinction de tribu. Les élèves Bali souffrent de l‘absence de leurs camarades. Il ne comprennent rien à ce qui se passe". De fait, à l’heure de la récréation, des enfants se calfeutrent dans les salles de classe au lieu de gazouiller dans la cour comme d’habitude. Sylvanus Fongoh observe la scène avec une appréhension pour les résultats de fin d’année. Il se soucie également de la fin du mois à venir: "Nous exhortons nos collègues à revenir avec les enfants, car nous sommes une école privée et nous craignons pour nos salaires si la situation perdure". La majorité des enfants, de l’école catholique comme de l’école publique, sont dispersés entre Pinyin, Baforchu, deux des villages voisins, et Bamenda. Sous la conduite de leurs parents, ils ont quitté Bawock à pied. Par route ou par les chemins de traverse. Dans les localités d’accueil, la solidarité s’est très vite organisée. Les sinistrés partagent souvent des liens de sang, de mariage, avec leurs hôtes. Le gros des exilés est regroupé à Bamenda, à 20 Km de Bawock. Congress Hall Evalués par l’administration à plus de 2000, ils sont arrivés dans la capitale de la province du Nord-Ouest les mains vides, leurs agresseurs les ayant dépouillés de tout, en particulier des téléphones portables. Quelques uns ont de la famille en ville. Les autres logent au Congress Hall. Ce building, propriété du Rdpc, le parti au pouvoir, ressemble à un camp de réfugiés. Du linge lavé qu’on étale à même le gazon. Des enfants qui s’ébattent à même le pavé de la cour. Des femmes qui pouponnent des nourrissions en pleurs. Des mémères qui papotent. Des adultes oisifs qui devisent, l’oreille souvent collée au transistor. Des vieillards assis, assoupis, absents… De bonnes fées se pressent au chevet de ces gens qui ont tout perdu. La Croix-Rouge, le Haut commissariat aux réfugiés et l’Unicef sont passés. "Pour inventorier les besoins", précise Fon Nana Wanda III, qui a mis sur pied un mini cabinet de crise, avec des commissions en charge des questions de santé, d’éducation, de nutrition, etc. Les élites de la Mezam viennent d’offrir 945.000 Fcfa pour les provisions de bouche. Des responsables du Rdpc à l’échelle locale et nationale ont "envoyé du carburant" au Fon Nana Wanda, qui espère toujours un mot de compassion d’un responsable du Sdf. Zacheus Fordjidam, le directeur des Chantiers Navals, a offert un camion de riz, d’huile de cuisine, de serviettes hygiéniques et de savon. Pour l’instant, les choses se passent bien, côté repas du jour. Dream Land, un restaurateur de Bamenda, offre quelques repas. A midi, des marmites de riz, de plantain, de kontchap… affluent des familles Bawock de Bamenda. Le repas du soir est un casse tête. "Le jour, ils sont autour de 1500. Les autres flânent en ville, chez des amis ou chez des parents. Le soir, ils reviennent tous. Et là, la réalité qu’on a on essayé d’oublier en journée revient en surface", explique Henriette Kwamou Wanda. La nuit tombée, on se serre dans deux salles. On dort à même le sol, sur des matelas de chiffons, sans drap, engoncé dans des pardessus, les adultes souvent entremêlés aux enfants, les femmes aux hommes. Cette promiscuité constitue un souci majeur pour le Fon de Bawock. Chef de l’agence de la compagnie d’électricité Aes-Sonel de Bamenda, désormais plus assidu au Congress Hall qu’à son bureau, il a peur pour les femmes du groupe. "Ce sont plus des veuves que des femmes mariées. Certaines portent des grossesses. Au village, elles vivent du petit élevage et des travaux champêtres. Si une solution n’est pas vite trouvée, j’ai peur qu’elles ne se livrent à la prostitution". Il tremble devant le risque d’une épidémie qui frapperait en particulier les enfants. L’eau potable est rare. Les services publics de santé multiplient les conseils et font circuler des fiches à n’en plus finir; une équipe médicale campe en permanence sur les lieux; on ne signale pas encore de cas d’épidémie. Mais, sait-on jamais? Fon Nana Wanda redoute enfin l’exaspération des hommes, impatients de regagner Bawock, de rebâtir une vie. "Est-ce d’ailleurs possible de recommencer ?", se demande Ivo Peter Saboh, 65 ans, retraité de la Sacred Heart College de Mankon. Il y a un an, il s’est rentré au village. Dans sa belle maison, il a empilé ses archives. "Je constituais la mémoire historique des Bawock". Tous ces documents ont brûlé. "Je n’ai sauvé que ma voiture. Je remets tout à Dieu" Réagir à l'article -------------------------------------------------------------------------------- Directeur de la Publication Haman Mana » Quotidienmutations COMMENTAIRE | 16 Mar 2007 -------------------------------------------------------------------------------- Drame de Bali : la haine planifiée -------------------------------------------------------------------------------- Après une rapide descente lundi dernier du gouverneur de la province du Nord-Ouest sur le site du village rasé qui a suscité tant d’émoi la semaine dernière, les choses semblent revenues dans l’ordre. Par Alain B. Batongué -------------------------------------------------------------------------------- C’est l’impression que veut donner l’administration qui a hâtivement procédé à l’évaluation des dégâts pour désintéresser les familles sinistrées. Comme pour se rassurer qu’il n’y a pas grand’ chose à faire et que le dossier est désormais clos. Dans une espèce de méthode Coué. Mais le récit et les témoignages que nous ramène notre envoyé spécial à Bali (lire notre enquête en pages 14 et 15) donne froid dans le dos. Et permettent de se rendre compte du degré de sophistication de la barbarie, du sens de l’organisation des commanditaires et des exécutants, dans une espèce de frappes chirurgicales planifiées et savamment cachées par un bilan trompeur où l’on n’a noté aucune perte en vies humaines. Le récit fait également transparaître le niveau de haine entre deux communautés qui ont pourtant partagé, de nombreuses décennies durant, la même histoire, les mêmes splendeurs et les mêmes misères. Au-delà de l’incendie de tout le village, le reporter a ainsi été frappé par le fait que les animaux étaient tués et les bananiers détruits. Comme à l’époque coloniale de la stratégie de la terre brûlée, visant à décourager toute tentative de revenir sur ces terres où même la famine aura raison de vous. Comment a-t-on pu arriver à ce stade de violence et de désolation alors que l’administration, qui veut aujourd’hui parer au plus pressé, avait les moyens de prévenir cela? Comment comprendre cette attitude de laxisme irresponsable, dans un site où elle dispose à la fois de moyens d’information et de moyens d’action ? Faut-il le rappeler, on a pu dénombrer non loin du site un commissariat spécial, un commissariat de sécurité publique, une compagnie de gendarmerie et une brigade de gendarmerie, en plus de la sous préfecture. Comment, avec tant de structures opérationnelles, n’avoir pas pu avoir circonscrire " l’information " à temps et comment n’avoir pas mis sur pied une stratégie de dissuasion ? D’autant que les assaillants, après une première expédition punitive, avaient bien indiqué qu’ils reviendraient pour frapper plus fort. Si les méthodes à Bali ont été passablement différentes, le problème des haines inter ethniques reste constant dans le Cameroun aujourd’hui, et en particulier dans la province du Nord-Ouest où, en moins de trois ans, on a dénombré de nombreux autres cas aussi préoccupants. Les affrontements plus récents entre Oku et Mbessa sur le site des derniers cités ; la dramatique situation de Babandji où le fon, chassé de son village, fut tué pour avoir essayé d’y revenir subrepticement, ou encore les morts de Balikumbat, dont le fon essaie encore de se sortir péniblement avec des acrobaties politico-juridiques… La complaisance et le laxisme de l’administration, qui ne sanctionne que rarement et de façon timide, ne peuvent que conforter l’exacerbation de ces haines à contre courant de la dynamique d’unité nationale, désormais rappelée plus comme un slogan que comme une politique de tolérance. En l’occurrence, seul le sous préfet a " payé " alors que le préfet et le gouverneur, chacun en ce qui le concerne, n’ont pas brillé par leur sens d’initiative et que les élites du Nord-Ouest à Yaoundé, pourtant informées et mobilisées, ont préféré la fuite en avant et le confort de leurs fonctions importantes dans la capitale. L’émoi administratif et politique, au plan national, n’est pas allé au-delà de la descente sur le terrain du gouverneur, provoquée par une réunion interministérielle organisée par le Premier ministre Inoni Ephraim. Le mal est pourtant bien plus profond et gangrène désormais le pays entier. Aucune déclaration du ministre chargé de l’Administration territoriale, plus prompt à rassurer sur les préparatifs des élections dont la date n’est toujours pas connue. Aucun communiqué du Pm sanctionnant clairement de tels actes. Or, il faut bien se dire que si les Balinyonga, probablement plus expansifs, ont agi aussi clairement et ouvertement, plusieurs autres différends et conflits, de part et d’autre, sont encore gérés avec la peur et les frustrations, dans une retenue qui peut exploser à tout moment. Il y a donc, de la part du gouvernement et de tous ceux qui décident, de la matière pour travailler à éviter une guerre civile généralisée, qui, compte tenu des spécificité de notre pays, serait bien pire que celle qu’a connue le Rwanda. Un dossier autrement plus important que les gesticulations observées depuis quelque temps sur l’éventuelle modification de la constitution et la possibilité accordée au président de s’éterniser à la tête de l’Etat. Pour quoi y faire ? Réagir à l'article -------------------------------------------------------------------------------- Content Management Powered by CuteNews ARCHIVES
Stateless All my life I worked restlessly like a bee To build myself a lovely home to be Today, I am made a hobo and must quest for charity All my life I tilled the soil of this land and planted fruit trees For I believed I was growing a beautiful and handy garden for me Little did I imagine that come a day, for my life I might have to flee I am the seventh generation of those named ‘come no go’ A name given to us by the ‘sons and daughters of the soil’ to flatter their ego A name that makes us strangers in our own homeland with a constitutional echo I was born here, in this village And have lived here and come of age Why now ask me to trace my unknown heritage? I know no other language than the language of this land My wife is a daughter of this land My ways of life are modelled on the mores of this land When I die, my corpse shall be buried in this land Now, you say I am a foreigner, a ‘come no go’ That I should leave and all I have forgo Now, tell me, you who hold the silly motto Do you know your forefathers’ history could be traced to ‘So Where To’? Homelessly Yours, The Outcast
Elegy to BB or requiem for the last fighter He stood his ground, in the midst of confusion We admired him, for his strength in protestation We liked him, for his lively recreation He inspired us, with his vivid imagination. Who shall talk again; when from the world depart masters of the word? Who, with the power of the pen, shall again fight that of the sword? Who, just with the pitch of the tongue, shall send astray blood tasty warlords? The town crier is gone, who shall again echo the lot of people of our sort? He was crushed by a truck full of timber, they say Did the fools know who he was? How could they when nightly, stealthily with the resources of our forest they get away? How could they, when all that they value is our loss? What a country! What a doom! Where right from our mother’s womb All our aspirations lead to the tomb! Yet, we shall still sing the song of liberty For sure, we shall still fight to end the makalapati Yes, we shall all rise against all sorts of cruelty That denies us our humanity. He just launched a book then, entitled Disgrace Which mirrored our society as cruel to face A world where we vie with each other for a better place May his soul in the eyes of the Lord be worthy of grace. Gone is the writer of wrongs From this world where he lived not for long Did he dance to the tune of his song? Only our Maker can tell; but his voice was so strong That it will always remind us of where we belong May God make it that we all long One day to have his tongue, else, at the very least in death Lay him at rest with a befitting wreath. Yours mournfully, A UB former student. …Turnmill Avenue, Springfield, MK, UK, 14/03/07, 12pm
Addec: Les dates du 4 et 5 seront des Journées de Deuil dans les universités d'État [ Yaoundé - Cameroun ] ( 3/12/2006) Addec La communauté estudiantine du Cameroun est en larmes suite aux assassinats des étudiants par les forces de l’ordre perpétrés à l’Université de Buéa. L'addec dénonce le silence coupable du Gouverneur devant toutes ces violations graves de la constitution camerounaise et des droits inaliénables trahit sa coresponsabilité dans ces événements macabres. L'addec déclare les dates des 04 et 05 décembre prochains, Journées de Deuil, dans toutes les universités d’Etat du Cameroun et appelle les étudiants à manifester pacifiquement ces jours. L’ADDEC se réserve le droit d’appeler à toute autre forme de mobilisation et d’expression de l’émoi de toute la communauté estudiantine. DECLARATION SUR LES ASSASSINATS DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DE BUEA La communauté estudiantine du Cameroun est en larmes suite aux assassinats des étudiants par les forces de l’ordre perpétrés à l’Université de Buéa. Le Conseil Exécutif National s’est réuni à cet effet pour plancher sur cette énième série de meurtres. Après recoupement et examen de la situation il ressort les informations suivantes : Deux étudiants ont été assassinés par les forces de l’ordre par balles réelles ; Plusieurs étudiants sont séquestrés et torturés dans des cellules à Buéa ; Une dizaine de blessés graves internés d’urgence à l’Hôpital Général de Buéa ; Un étudiant atteint d’une balle à l’estomac est interné à l’Hôpital Général de Buéa ; Le campus de Buéa est assiégé par la Gendarmerie et la police. Avant toute analyse des faits, c’est le lieu ici de relever le profil de tortionnaires patentés des responsables de l’Université ; notamment le PCA AGBOR TABI son rôle trouble lors des événements de mai 1991 alors qu’il était Recteur de l’Université de Yaoundé. En outre, ces assassinats interviennent alors que le Gouvernement n’a toujours pas élucidé ceux du 28 avril 2005 perpétrés dans la même université par les mêmes forces de l’ordre. Le silence coupable du Gouverneur devant toutes ces violations graves de la constitution camerounaise et des droits inaliénables trahit sa coresponsabilité dans ces événements macabres ; A la lumière de ce qui précède, l’ADDEC, Déplore et condamne la récidive des assassinats des étudiants qui consacre la nécro politique comme mode de Gouvernement ; Exige la publication du rapport d’enquête sur l’assassinat des étudiants le 28 avril 2005; Exige la mise sur pied d’une commission d’enquête pour établir les responsabilités des assassinats actuels ainsi que la prise des sanctions conséquentes ; Exige la démission du Vice Chancellor et du PCA de l’Université de Buéa ; Engage la responsabilité du Ministre de l’Enseignement Supérieur, qui au lieu de sanctionner le flou occasionné par le non respect par le Vice Chancellor des dispositions contenues dans la DECISION N° 18060388/MINESUP/DDES du 24 octobre 2006 portant ouverture du concours d’entrée en 1ère année du cycle des Etudes Médicales en Facultés des Sciences de la Santé (FHS) de l’Université de Buéa au titre de l’année académique 2006/2007. Déclare les dates des 04 et 05 décembre prochains, Journées de Deuil, dans toutes les universités d’Etat du Cameroun et appelle les étudiants à manifester pacifiquement ces jours. L’ADDEC se réserve le droit d’appeler à toute autre forme de mobilisation et d’expression de l’émoi de toute la communauté estudiantine. Fait à Yaoundé, le 30 Novembre 2006 Addec
Please have a look at another version of events below and take note of the falsification of truth by the Biya's regime; 'students were killed because a bunch of assailants armed with rifles and bludgeons nightly attacked a police post' Rexon, also take note of the Master and Dotorate programmes fee. With regard to this, I have friends who have written their M.Phil dissertations in Yaoundé I and who are about to have their viva but are being asked by those who are on their panels and resident in Buea to give them transport fare to Ydé amounting to 50000 or 75000frscfa depending on whether the jury member is a senior lecturer or a professor. They collect that money in addition to the one that they will be duly paid for the job they do; that is, sit on a panel and assess a dissertation or a thesis. Some of the people who do this are those we have been looking up to as elder brothers and hoping that they would portray a less gloomy image of things in UB and in Cameroon in general, yet their display is just shabby and disheartening. I thus wonder why we will always make things worse for our brethen!!! Buea: la police tue 4 étudiants [ Buea - Cameroun ] ( 01/11/2006) Honoré FOIMOUKOM Le bilan provisoire de la grève en cours est tragique. Le chef-lieu de la province du Sud-Ouest est à feu et à sang. Les manifestations initiées lundi dernier par les candidats admissibles au concours d’entrée à la faculté de médecine, avec le soutien de l’University of Buea students union (Ubsu), ont abouti à une boucherie humaine. Dans la nuit du mercredi 29 novembre, deux étudiants (Ousseini Abiadong du département économie et un autre non identifié) ont rendu l’âme après avoir reçu des balles tirées (dans la foule) par les forces de l’ordre déployées sur le campus. La soldatesque venue “ casser ” les manifestants a remis ça hier, jeudi 30 novembre, en tuant deux autres étudiants, dont une jeune fille. L’on dénombre aussi plusieurs blessés internés à l’hôpital provincial et dans d’autres centres hospitaliers de la ville. Selon des sources dignes de foi, c’est vers 19 heures, dans la soirée du mercredi 29 novembre, que les forces de l’ordre sont passées à l’action avec violence. “ Les étudiants, vêtus en noir, étaient rassemblés dans le campus. Ils étaient en pleine concertation quand les forces de l’ordre sont venues les disperser violemment. Pour se défendre face aux coups de fouets et aux bombes lacrymogènes, les étudiants lançaient des cailloux. Furieux, certains éléments des forces de l’ordre ont commencé par tirer en l’air, puis dans la foule. Sur le champ, l’on enregistre le premier mort. Le deuxième rend l’âme à l’hôpital provincial annexe, après avoir été grièvement blessé par une balle. Après le décès de ces deux étudiants, nous avons décidé de durcir le ton et de manifester dans la ville. Il s’en est alors suivi, dans divers quartiers de Buea, des affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants aidés par une bonne frange de la population. Cette situation s’est poursuivie jusqu’au lendemain, jeudi 30 novembre, et a abouti à deux autres morts du côté des étudiants et de nombreux blessés ”, raconte un membre de l’Ubsu. Revendications des étudiants En effet, choqué par le mutisme de l’administration de l’université face à leur revendication première – maintien de la première liste des admissibles au concours d’entrée à la faculté de médecine (voir Le Messager du mardi 28, du mercredi 29 et du jeudi 30 novembre) – l’Ubsu a remis sur la table d’autres problèmes. Elle exige : la conclusion de l’enquête sur la grève d’avril et mai 2005 (elle avait abouti à la mort de deux étudiants), et la suppression des frais de pension universitaire : 750.000Fcfa par étudiant pour le cycle master ; 1.500.000Fcfa par étudiant pour le cycle doctorat. Ces exigences ont été exposées publiquement mercredi dernier au Pro chancellor (président du conseil d’administration) de l’institution, Peter Agbor Tabi. Le face-à-face entre les étudiants et Peter Agbor Tabi (venu au campus ce jour-là en médiateur) s’est déroulé dans un climat de tension. “ Quand il est arrivé, il a commencé par l’intimidation. C’est pour cela que nous nous sommes fâchés et avons décidé qu’il ne quittera pas le campus sans avoir trouvé des solutions à nos problèmes ”, confie un leader estudiantin. Nombre d’étudiants de l’université de Buea, apeurés par les événements tragiques de mercredi et jeudi derniers, ont quitté la ville. Les uns avec leurs effets, les autres sans bagages. Certains élèves du secondaire et du primaire, et d’autres habitants de Buea ne quittent plus leurs domiciles. Les contre-vérités du gouvernement Au lieu de prendre au sérieux la crise à l’université de Buea, l’Etat du Cameroun s’engage dans la voie de la diversion. Celle-ci est contenue dans un communiqué gouvernemental signé du secrétaire général des services du Premier ministre Jules Doret Ndongo. Ledit communiqué a été rendu public en fin d’après-midi hier, jeudi 30 novembre. Dans ce communiqué (de contrevérités), le gouvernement lâche le vice chancellor de l’université de Buea, Cornélius Lambi, signataire de la liste initiale des 127 admissibles au concours d’entrée à la faculté de médecine. Le communiqué du gouvernement révèle qu’il s’agissait “ d’une publication irrégulière, par les autorités de l’université de Buea, d’une liste d’admissibilité à la filière de médecine de ladite institution ”. Par la suite, le gouvernement reconnaît que les manifestations des étudiants, entamées lundi dernier, ont été réprimées avec violence. “…Lesdites manifestations, qui se sont poursuivies avec l’attaque nocturne d’un commissariat de police par une bande hétéroclite d’individus armés de fusils et de gourdins, se sont soldées par deux morts du côté des assaillants et des blessés du côté des forces de l’ordre ”, précise le communiqué. “ Que des mensonges ! ”, clament haut et fort les étudiants et autres habitants de Buea qui disent n’avoir jamais attaqué un commissariat de police. “ Après avoir déploré les morts et les blessés enregistrés, le chef du gouvernement a prescrit au secrétaire d’Etat à la défense et au délégué à la sûreté nationale d’ouvrir une enquête… Aussi prescrit-il au ministre de l’enseignement supérieur de : 1- prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener la sérénité au campus de l’université de Buea afin que les activités académiques reprennent leur cours normal ; 2- faire respecter le processus et les textes réglementaires en vigueur en matière d’admission dans les grandes écoles de formation et institutions universitaires d’Etat ; 3-d’engager les mesures appropriées à l’encontre des membres de la communauté universitaire impliqués dans ces actes de violence et de vandalisme ”, conclut le communiqué. © 2006 Le Messager
Can someone tell me why the fee for Master programmes is up to 750000frscfa in Buea while students of the same level in other state universities pay only 50000frscfa? Those who embezzle all the country's money want to turn UB into an élite university where only their kids could go meanwhile children from needy background would never grasp the chance of having university education and are thus bereft of the hope of bettering their lives and contributing to the development of their communities, of Cameroon and the world. The first strike that ever took place at UB was about fee increment where some people felt that we ought to be grateful to the system for having 'granted' us an Anglo-Saxon university and that for that reason we could afford to pay 400000 frscfa as fee. To sustain their view, they argued that they had children in Sasse where they paid 250000frscfa, others added that they were sponsoring children in Nigeria or abroad to the tune of millions cfa francs and that 400000 frscfa was virtually nothing. Fellow countrymen, I have the feeling that there has been a conspiracy theory in UB ever since its inception.
Just an idea that comes to my mind like that, it might not be a surprise that the trend of events in UB at the moment leads to a turn of administration that sees the promotion of Nalova Lyonga or Ngoh as VC.It is to be noted that two DVC are gone now (all men); with only the lady left. Lambi blunder with the minister and Ngoh coming in the spotlight as praise singer to the latter places him as a serious challenger, these two, of course, are viewed as Njeuma's pupils. It should be also observed that Ngoh could adequately act as Yaoundé's lackey; indeed, the overwhelmingly Beti regime in the capital now perceives UB as an Anglo-Bami institution. Given that everything is done to block the progress of this category of the population, UB offers them the chance for training in English which is the leading world language and which opens up avenues for them in world universities and world labour market. They thus ignore the Yaoundé regime and its fraudulent governance with remarkable equanimity as they fare well in life wherever they are out of Cameroon. Actually, Yaoundé needs UB, not for the received idea that it caters for the Anglophones, but because the French puppets in power have realised that Paris and their idealised French world only offers shortfall opportunities to their kids; chances which nowadays are overspreading in the English world!!! It is a secret de Polichinelle that the route to Paris is shunned by those in search of greener pastures and that the French themselves are all over the English territories in search for better life prospects. We should watch out for what is going on in UB.