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Hamadi Gabouge
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L’occasion d’inventer le modèle tunisien Ou les quatre pouvoirs indépendants La révolution méconnaissable. A ce jour la révolution tunisienne s’enlise. Elle ressemble plus à une révolte du palais qu’une vraie révolution radicale et salvatrice. Le gouvernement de transition ne fait que gouverner. Il donne l’impression d’être missionné pour mettre en exécution un programme issu du suffrage universel. Les Ministres qui se relayent sur les antennes de la radio et de la télévision et dans les colonnes de la presse écrite étalent leur programme d’action. Ils parlent de politique sectorielle. Ils font du vent, de la poudre aux yeux, du remplissage,…Ils sont entrain de travestir les objectifs de la révolution. Ils viennent d’une planète made pling pling, sans engagement, sans maillot, sans drapeau, sans tripes,… Tous, ils étouffent la soif de la rue sur les revendications politiques. Nous avons besoin d’une grande réflexion sur nos institutions. Nous avons besoin de grandes idées fondatrices de notre nation. Un deuxième souffle est nécessaire pour faire valoir la grandeur des nombreuses victimes tombées au nom de la liberté. Rien ne permettra l’oubli de l’évacuation barbare de la place de la Kasbah. Rien n’effacera le sang déversé sur l’avenue Bourguiba. Rien ne permettra d’oublier les années noires du régime de Ben Ali. La révolution doit continuer jusqu’à la remise du pouvoir aux mains des ayants droit. Notre révolution n’est pas achevée. Tenez bon mes concitoyens ! La source du pouvoir. Pour fonctionner un pays à besoin d’un certain nombre d’institutions dotées, chacune, d’un pouvoir précis et soumises chacune à un contrôle minutieux. Mais quelles sont les institutions à mettre en place, comment seront-elles investies de leur pouvoir et comment pourront-elles le perdre ? L’écoute du peuple tunisien, meurtrie pendant des décennies, maintenu à l’écart de la vie publique, traité, par les dictateurs, d’incapable de vivre en démocratie, ne laisse aucun doute. Le peuple veut reprendre ses droits, tant bafoués. Il veut assumer sa destinée qui lui a été confisquée. Il aspire à un avenir juste et solidaire, tant l’injustice a marqué son corps et son âme et tant l’individualisme, voire la cleptomanie a pillé ses richesses et les résultats de ses efforts. Les futurs dirigeants de ce pays ne sauraient être choisis par une puissance étrangère, la Tunisie est un pays souverain. Ils n’auront aucune légitimité issue d’un quelconque héritage, le pays a enterré ses rois. Ils n’auront aucune légitimité historique, le pays ne doit plus son salut à personne, puis le père de la nation est décédé. Qui donc pourra investir une personne ou une institution d’un pouvoir, aussi minime qu’il soit, si ce n’est pas le Peuple ? Qui pourra tirer une quelconque légitimité par un autre moyen que le suffrage universel ? Qui pourra s’accorder des prérogatives sans l’aval explicite du verdict des urnes ? La seule source du pouvoir doit être détenue par le peuple, seul maître à bord, seul maître de sa destinée, seul donneur d’ordre et seul à pouvoir retirer sa confiance aux personnes qui se sont acquittés de leurs missions. Le suffrage universel doit être la règle sacrée, la périodicité rapprochée est l’obligation inévitable et la succession des mandats est l’interdit absolu. La source du pouvoir est le Peuple ! Rien que le Peuple ! Et le Peuple triomphera ! Les pouvoirs, mais lesquels ? Les différents pays du monde exercent plusieurs formes de démocratie et peuvent nous donner des exemples à méditer. Cependant il faut se soustraire du poids du passé, s’ouvrir à la modernité et s’orienter résolument vers l’avenir. Toutes les démocraties du monde tirent leurs modèles d’un idéal révolu. Les pôles des pouvoirs est une trinité simplificatrice et restrictive. Les institutions se prêtent au dévoiement. Il faut segmenter les plages du pouvoir, les rapprocher du peuple et permettre à celui-ci un exercice du pouvoir simple et fréquent. Il faut doter chaque institution des moyens nécessaires leur permettant un fonctionnement indépendant. Il faut mettre en place des mécanismes réalistes permettant le contrôle systématique et rationnel de ces institutions. Il faut limiter le pouvoir mis entre les mains d’un seul homme. Un Président de la République, s’il en faut un, ne doit pas gouverner. Son action doit se limiter à assurer le fonctionnement des pouvoirs publics. Les trois pouvoirs classiques, à savoir, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire ne sont plus suffisants pour décrire l’évolution et le fonctionnement de la société moderne. Un pouvoir doit faire son apparition sur la scène politique, c’est le pouvoir de l’information. Une institution spécifique issue d’une élection directe garantira son libre exercice, son indépendance et son impartialité. Au moins quatre pouvoirs indépendants devront présider à la destiner du pays. Leur indépendance doit être réelle. En particulier, l’articulation actuelle du pouvoir judiciaire avec l’exécutif n’est pas de nature à garantir son indépendance. Il est anormal que le pouvoir judiciaire ne tire pas sa légitimité du peuple et n’assume pas, en conséquence, son autonomie et son indépendance. Une institution judiciaire élue aux suffrages universels doit voir le jour. L’exercice de la démocratie par la population se concrétise par des actes isolés dans le temps. Les rendez-vous électoraux sont trop espacés pour offrir une implication permanente du peuple. Il faut donner, plus souvent, au peuple l’occasion de s’exprimer dans un cadre à définir du type referendum. Hamadi Gabouge Monastir le 27 février 2011
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Mar 13, 2011