This is Christiane Parrat's Typepad Profile.
Join Typepad and start following Christiane Parrat's activity
Join Now!
Already a member? Sign In
Christiane Parrat
Recent Activity
J'aime beaucoup cette rubrique. Je feuillette, je lis les notes de lecture, je découvre ou je retrouve des écrivains dont l'écriture m'est ou me sera nécessaire. J'appelle cette rubrique : chez ma bouquiniste ! je vois couler la Seine, passer les badauds, j'entends les oiseaux. Au passage je saisis un livre ou deux. Tiens, ce jour Le cahier Rouge de Marina Tsvetaeva et les méditations de Thomas Traherne. Sans oublier Hubert Haddad dont j'ai aimé les livres précédents et le sourire si grave. Merci , chère Florence, pour cette pause dominicale.
Cet effacement des mots c'est le fruit d'une si grande patience. Vertige de fusion entre l'objet contemplé et soi, permutation étrange. Les mots se retirent. Il pense arbre, sève, écorce, feuillage, fleurs, pelouses, briques roses. Le soi n'est plus soi. le monde s'est changé en soi. Jusqu'à ce que le soi devienne étranger. L'arbre se glisse dans l'homme et la parole dans le bois. C'est très apaisant. Inachevé. Emmanuel Hocquard se perd dans l'arbre. Et les mots viennent de cet étrange échange. Où est-il quand il écrit ? Une douceur, un écart...
Une digue ? un chemin vers l'impénétrable dolence de la terre et du ciel, une digue pour être poussé vers le vide de la solitude. Ce qui "manque forme contour" à jamais, oui, et il faudra s'en accommoder... Rester ce un "troué" par où passent les souvenirs... La vie est tragique, vertigineuse. Je me retrouve dans ce fragment de poème. ça fait deux seuls ensemble pour égrener les mots perdus. Terreur de la chute ? Même pas. "on a passé, on ne revient pas"... Sommes qui ? Sommes quoi ? Un pas : refus, un autre : tu tournes, retournes, non, pas retourner, pas se retourner. Tourne "tourne en rond" comme les prisonniers de Van Gogh ou les lions en cage. Faire du vent en soi, du vent à feuilles mortes. Etre assailli d'absences. Avoir la langue farouche, amère. Se déraciner et de la mer et de la terre et flotter, vagabonde, déchirée de séparation de soi en soi, de l'autre en soi. Mais aussi féconder la célébration amoureuse même si chacun(e) est fendu(e) en deux. Nous survivrons.
Les morts ne peuvent pas se défendre... Eau des fleurs, eau des morts, sans sujet. des mots à peine audibles, tout ensevelis de silence-mottes de terres, des mots qui tanguent entre regagner le silence des tombes "de l'autre côté des mot que il n'y avait rien" et celui des paroles encagées. Rayonnement fragile des lucioles et phosphorescences de ces lieux d'où on ne revient jamais. Etonnement du témoin. inséparabilité tragique du dire et de l'innommable. Un poème de palette sombre, presque monochrome. Luminosité transparente des éclats de mots chus de rambarde. Poésie impitoyable et anxieuse. Lèvres entrouvertes comme rides du rire noir. Emouvant. Ecroulé. Griffures d'encre. Tout est muable, surtout la parole. Une rose musquée déjà effeuillée par l'automne avant le glacial hiver de la mort. Sept ans déjà... Fouiller ce livre posthume jusqu'à en recevoir la lumière entêtée...
Je termine à l'instant "les unités" de Sabine Bourgois. Plongée an apnée dans ce grand petit livre qu'on ne lâche pas. J'aime le choix des éditeurs du Comptoir français : un petit livre poids d'enfance, une couverture où s'écrit tout un drame entre les lettres rouges sur fond noir et le médaillon encadrant une petite fille innocente sur la grille verte entrouverte d'un jardin mystérieux puis j'ai vu l'ombre d'un loup sur le battant ouvert. Me revient alors la comptine à faire peur : "Loup es-tu ? M'entends-tu ?" Ainsi donc, elle a écrit après le vol d'une parole dans "une autre que moi" ! ainsi donc elle peut écrire : "j'ai entrouvert une porte. Elle ne s'est pas refermée."La porte d'un parc, composé d'une grande pelouse [...] où "vivaient et chantaient des tourterelles turques"... Ainsi donc "les dents du haut... soudées aux dents du bas" ont libéré les paroles brûlantes emprisonnées tout au fond de sa gorge. Solitaires enfances où des peurs "anciennes" teintent de blancs "crocs étincelants du loup" les silences. Elle a écrit, et nos vieilles peurs sont drainées, avalées, moulues. Je reste endolorie par ce conte vrai où le loup est sorti du bois, aux côtés de cette enfant qui n'en finissait pas d'appeler Sabine Bourgois, l'enfance de son enfance... Mais j'écoute l'impromptu D.946 de Schubert, "C'est un courant qui remonte vers sa peine"...
Toggle Commented Sep 5, 2011 on Poezibao Hebdo n° 148 at Poezibao
Etrange impression en lisant(comme lise)ce poème. La tentation d'une maison tellement ouverte qu'elle n'existe plus et une autre où toit, portes, fenêtres, âtre, vieilles pierres (sèches),paniers tressés, chat du lieu, odeurs d'enfance, draps de lin pliés dans de vieilles armoires, lit profond et secret disent le refuge, le bonheur, la patience d'être seul ou avec l'autre, les autres aimés et attendus. Une maison avec un toi, avec un moi, accordés, libres, heureux d'entrer et de sortir, de parler et de se taire. Oui, des paupières baissées comme pudeur sur la présence nue de l'autre aimé, oui pour les larmes du bonheur, oui pour l'arbre et son coeur d'oiseaux. Les armes, oui, pour qu'elles soient au loin, très loin. Et oui, infiniment pour le rire, les rires qui ensoleillent la vie. Un poème pour fonder en son coeur la maison idéale.
De Marie Etienne qui cite Bergman. La création ? "une terre chaude et sale sous un ciel froid et vide", à Lorand Gaspar qui écrit (Scherzo) : "Terre dévêtue/Terre usée/Lumière friable/saveur sans fond de chair nue/Ruinée, moulue/Comme un blé nouveau/Déjà mûr de sa musique/Qui monte dans les tiges du crépuscule...", en passant par tant de poètes, Poezibao trace en nos lectures un chemin entre ombre et lumière, absence et présence, transparence et opacité. Des paysages en "Approche de la parole" toujours inachevés, insuffisants, impuissants, pour témoigner de l'obstination à écrire la parole "saccagée de silence, ici et là inextirpable". J'ai aimé aussi "Lorand Gaspar - Cahier seize sous la direction de Daniel Lançon (Le temps qu'il fait - 2004) pour entrer dans la lumière obscure de cette admirable écriture.
Toggle Commented Aug 31, 2011 on Anthologie permanente : Lorand Gaspar at Poezibao
Walt Whitman dit du mot ce qu'il pourrait être et qu'il n'est pas, pas encore. Pourtant, des mots il y en a plein, plein les livres, plein les dictionnaires et cela qui voudrait se dire s'échoue comme baleine sur sable, désorienté, asphyxié. Comment les saisir, les assembler, les casser, les ravauder pour qu'ils viennent, là, comme on espère les rencontrer avant que la plume ne les aie piqués, tués et fixés sur le liège de la plage. Je les voudrais, aussi, encore vivants, encore libres, encore voletant , près, loin. Alors j'efface une lettre après l'autre, je les libère, je les perds parce que je les aime, libres... je lis Walt Whitman et c'est bon.
Toggle Commented Aug 30, 2011 on Anthologie permanente : Walt Whitman at Poezibao
Cette poésie, elle cligne les yeux du sommeil éveillé, marchant à pas d'encre là où les choses tremblent de n'être pas encore nommées. "Les ardoises du ciel", comme c'est beau. Toit sur moi. Toit sur toi. Et mots lisses glissent encore endormis.Ici, le monde respire doucement, se "courbe avec patience". Cueillir les mots de Paul louis Rossi comme l'oiseau tombé du nid et les poser dans la douceur de l'arbre.
Toggle Commented Aug 26, 2011 on Anthologie permanente : Paul Louis Rossi at Poezibao
J'ai lu avec ma voix dehors pour entendre. ça cogne, ça grince, ça crie, ça aiguillage dans la tête . Le voyage est là qui déchire les mots et les sons. regardé la vidéo comme on plonge dans le coeur d'un poème un peu triste. Superbe. Plein de questions qui ne cherchent pas de réponses mais qui happent les nôtres dicilà os-si, là-cives cinglures de blanc et de noir qui tachent la neige d'encres innommables. ça fout le bourdon mais qu'est-ce que c'est beau !
Toggle Commented Aug 24, 2011 on Anthologie permanente : Antoine Mouton at Poezibao
Ecrire est un affrontement avec soi-même. Parfois, devenir poreux à l'univers, être attentif au vol d'un papillon, à une fleur, nous replace dans l'unité paisible d'une plénitude première. Un vide et un plein. Vacuité. Miroir du monde. Guillevic ? Un échange intense avec cet inachevé de l'univers... Accueil et contemplation. Ecoute, là où tout est silence...
Toggle Commented Aug 23, 2011 on Anthologie permanente : Guillevic at Poezibao
Christiane Parrat is now following The Typepad Team
Aug 15, 2011