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ANTIGONE
Montagne Noire
Antigone
Interests: ASTRO PHILO PHOTOS POESIE PIERRES FOSSILES
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Ecrire c'est du bonheur , c'est la liberté de pensée , c'est se parler à soi , c'est trouver les phrases , c'est réussir à décrire ces actions commises en toute liberté , peut-être une redite du passé , qui lui-même aurait une redite d'un autre passé . Remonter lourdement les marches en planches mal équarries de l'escalier du grenier et tenter de se souvenir de l'odeur de poussière ou de renfermé ou de lumière emprisonnée . Mon blog n'est suivi par personne et s'éteindra le jour que je mourrais . Qu'importe , chacun porte en soi son lot de solitude . Je suis encombrée d'un passé désagréable , comme une cicatrice de souffrance , qui fait remonter l'ennui du temps perdu et la honte d'avoir été cette adolescente miteuse et solitaire, ou cette jeune femme sans personnalité , sans prise de conscience. Certains évenements ont existé et ne peuvent être effacés. J'ai fréquenté des êtres qui me méprisaient . J'ai bu par inconscience .Qu'importe , ce n'était pas si grave ou ce n'est plus grave , je suis sortie de ce bourbier . 2016 doit s'ouvrir sur une réflexion positive , il faut jeter du lest et avancer avec des êtres sains et joyeux , qui d'ailleurs me font signe . Continue reading
Posted Jan 10, 2022 at le vent dans les sapins
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Le chagrin et la pitié , apprendre tôt la solitude et la tristesse. L’alcool était une échappatoire à la solitude , à mon manque de confiance en moi , au fait que je me sois souvent sentie à l’écart dans un groupe où je donnais le change , je faisais semblant , en fait . L’alcool , j’ai commencé à le consommer , dans la solitude , ponctuellement , après mon mariage , j’avais abandonné mes études de 3 eme cycle en Biologie , je me suis mariée enceinte . J'ai zappé l’importance de cet acte , mon mari m’a demandé de rester à la maison , pour les enfants . J'étais stupide. Ma mère buvait du vin rouge , mon père est mort à 58 ans d’une cirrhose , je peux comprendre aujourd'hui ; j’adorais mon père , ma mère a eu 6 enfants en 8 ans , elle n’aimait pas les filles , moi particulièrement ,elle nous abreuvait d' insultes aberrantes, surtout au moment des menstruations . J'étais la fille qui avait mauvais caractère . De rage , je me tailladais avec une lame de razoir . Mon père et ma mère en parlait à voix basse : point final . Je me réfugiais dans la lecture , les arbres , je me levais tôt pour être seule et étudier tranquillement . A la fac , à 20 ans je m'éclatais beaucoup dans les fêtes . Je me suis mariée à 23 ans et j’ai commencé à consommer du whisky , très ponctuellement , en solitaire . J ai commencé à travailler à 34 ans en tant que commerciale , dans une sté où on consommait beaucoup , cela a accéléré mon alcoolisation , mon mari savait , mais il avait une espèce d’indifférence , ses parents aussi . Les gens savaient mais personne n 'en parlait , les gens , et mes fils observaient , ma belle-mère est morte d'un cancer du sein et mon beau-père m'a craché sa haine " quand on pense que ma femme ne buvait pas , ne fumait pas et que vous , vous êtes encore là" Je commencais à réver d’abstinence , tout le monde insinuait que l'alcoolisme était affaire de volonté : aucun docteur n’a voulu m’aider , ils me donnaient des adresses de cliniques dans le Sud , le rdv tournait court . Mon mari disait qu'il avait des compensations professionnelles , il envisageait une séparation . Mon médecin traitant a été mon premier ange gardien ainsi que des amies du boulot . En fait , suite à mon arrivée , ivre sur mon lieu de travail , en Janvier 1996 , j’avais 48 ans , une opération sauvetage a été lancée par ces 3 généreuses femmes et mon médecin traitant , m'a fait admettre en cure de désintoxication , pour 3 semaines à l’hôpital de Senlis , c’était génial , extraordinaire . Ensuite je suis allée aux AA toutes les semaines , pendant au moins 18 ans . J’ai arrété les AA , quand on est arrivé dans l’Oise , je suis restée sobre pendant 22 ans , une liberté retrouvée . Beaucoup de soucis à partir de 2008 , cancer du sein , chimio , septicemie , etc , et surtout conflit très douloureux avec les enfants , une horreur , ce sentiment toujours de ne pas être normale , ne pas être à la hauteur et devenir comme ma mère , c'était une hantise . Ma psychiatre pensait que je voulait me rapprocher de ma mère , en suivant son penchant . Je ne suis pas d'accord . Je me suis retrouvée dans les mêmes conditions : isolement , enfermement et maintenant la retraite !! Voila en 2018 , je bois une coupe de champagne , un verre de bière ... on arrive dans le Tarn en Février 2019 et je rechute , par périodes de 5 mois, vodka et puis je pille la cave de mon mari , chaque rétablissement se fait dans la castagne , le baston , mon mari est violent et révolté , la dernière est dramatique , les gendarmes sont venus , la honte ! J’ai 40 jours d’abstinence , je suis fatiguée mais la forme revient . Mon addictologue , me donne du Baclofen 10, j’aurais du venir beaucoup plus tôt dans ce groupe de paroles , je crois que c’est l’ennui , la tristesse , l’éloignement d’avec mes fils, mes amies , et puis ma famille , installée autour de moi , je crois, me jugent , mon mari aussi , je suis à nouveau prisonnière des regards , des jugements, la honte est en moi . Malgré quelques occupations , je m'ennuie , une mouche derrière une vitre , je suis lasse , je pense au suicide mais je n'en suis pas capable . L'addiction est comprise comme un vice , un manque de volonté . Cette situation d’enfermement me pèse et l’attitute de mon mari , qui me juge et ne comprend pas . Il veut me jeter dehors. C’est un homme qui n’a pas d’empathie , il est macho , et autoritaire . Il se croit supérieur . JE METS TOUS MES ESPOIRS DANS CE GROUPE POUR FAIRE SORTIR DE MOI , UNE VERITE QUI NE VEUT PAS SE DIRE . JE NE SUIS PAS EQUILIBREE , JE ME SENS SOLITAIRE, FATIGUEE . JE FAIS DE LA RANDO ET DES PROMENADES . J ECRIS MAIS CELA NE FAIT PAS SORTIR LA RAISON PROFONDE DE CETTE ADDICTION . A 40 ans , il me disait "quand seras-tu enfin normale ?" A 70 ans il lui ditsait "quand vas-tu te conduire comme une adulte ? A 73 ans il lui dit qu'il ne veut pas d'une épave chez lui et qu'il va la jeter dehors . La vie est une suite de malentendus , devenir adulte c'est apprendre à se taire , être humble , modeste , résignée. Ne plus pleurer sur soi , regarder dehors quand l'intérieur est triste. Misérable sauterelle qui chemine sur une immense prairie sêche. Le désespoir doit rester intime. Je ne suis pas si malheureuse que ça , j' habite une belle maison , je me promène dans la campagne , avec ma chienne . Je m'achète des livres . Devenir adulte c'est apprendre à vivre seul , la solitude en commun . Continue reading
Posted Jan 5, 2022 at le vent dans les sapins
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Il faut aussi une inconscience considérable pour tomber dans le piège du mariage prison , où l'on oublie le temps grâce à l'alcool , solitude , ennui , dégoût de soi . Alcool , par petites quantités bien-sûr au départ . La passion amoureuse , la dépendance sont des voies de déchéances . Soleil de Provence et garrigue sont devenus des chimères et la vie passe , soufflée par un vent sibérien . Le silence en soi et la rage . Qui saura un jour me délivrer des remords de ne pas avoir sombrer du mauvais côté , celui de l'amour-passion, peur de moi surtout , manque de confiance en moi , mais lui non plus ce beau prince , ne m'a pas sauvée , il m'a dédaignée et méprisée. J'ai crié mille fois dans le silence et j'ai porté une peau de bête pendant des années , le soleil ne brillait plus. Personne ne connaît ce secret et l'horreur est en moi , sans alcool , bien-sûr maintenant . Souvent je rêve que je le vois et souvent je revois ce petit prince noir qui lui aussi , est devenu un tortionnaire . La mort sera une délivrance . Je me reproche d'avoir été lâche , stupide , inconsciente. Ce soir , après une longue promenade , sur les bords de Rigole ... Il m'a rabaissée, le repas était presque prêt. Il s'est approché de moi et a pretendu me débarrasser d une crotte de nez ou de quelque chose qui était là à ma narine... j'étais à cran, horrifiée. Il était souriant, insouciant puis il a regardé tout ce qui chauffait, à soulevé les couvercles , il a vu son paquet de pâtes, il a dit , c est moi qui les ai achetées ... c était ahurissant, débile. J ai craqué. Je suis partie en hurlant, il a dit que j'étais folle, il faisait du bruit, j avais peur Voilà ma vie. J ai commandé un fer à repasser, par Amazon, il a voulu ouvrir le paquet, il m a dit, "on verra ça ensemble, j ai trouvé le mode d emploi en français ..." Il aime me rabaisser, j ai horreur de ce type, de sa maigreur, de son odeur. C'est écoeurant. Il vieillit. Il a regardé un film écoeurant. Je suis terrifiée , fatiguée .. Continue reading
Posted Jan 4, 2022 at le vent dans les sapins
Hier Dimanche , nous avons décoré le sapin , il est magnifique , ambiance de Noel , le soir venu , j'étais mélancolique . Heureusement la soirée a été douce . J'ai 73 ans , très bientôt 74 ans , je ne crois pas vivre jusqu'à 80 , avec tous ces écarts que j'ai fait ... Ma vie est douloureuse . Continue reading
Posted Dec 20, 2021 at le vent dans les sapins
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Je veux avoir le courage de dire sincèrement ce que je pense, Je veux avoir le courage de ne plus avoir honte de mes sentiments, de mes faiblesses, de mes pensées profondes. Je veux avoir le courage de dire merde, Je veux avoir le courage de dire à mon entourage plus souvent à quel point je tiens à eux, Je veux avoir le courage de croire en moi et en mes capacités, Je veux avoir le courage d’être à nouveau moi. Continue reading
Posted Dec 20, 2021 at le vent dans les sapins
Je ne suis pas équilibrée, je suis hypersensible, égratignée à l'intérieur , je sauve les apparences, les mots me blessent, j'avance , je rassemble tout mon courage, c'est dingue , j'aurais passer une partie de ma vie à faire semblant, je choisis la fuite , le silence. Bon, j ai rencontré des personnes merveilleuses qui m'ont aidée, j ai des hauts et des bas , des anges gardiens , qui me font progresser dans la bonne direction, en fait j'ai fait plusieurs rechutes, par ennui et désespoir ... je me soigne, je suis suivie en addictologie . J' ai du courage, c est une question de contact avec les bonnes personnes , je ne veux plus être prisonnière de ce système, en même temps je suis prisonnière du regard des autres, c est comme si j étais une petite fille battue ou mal aimée, ou pas aimée du tout . Cela frôle la folie, je pleure à l intérieur, je me parle toute seule, je me dis arrête ton cinéma, ce soir j' arrive à en parler . Demain il fera beau et j ajouterai une journée de plus, rester positive même si mon coeur pleure , mes nuits sont courtes . ❤️❤️ Continue reading
Posted Dec 18, 2021 at le vent dans les sapins
Tandis que la crème brûlée se caramélise (au chalumeau) sur le dessus, la crème aux œufs, ou crème caramel, elle, cache le caramel en dessous. Dans le cas de la crème renversée, elle en est intégralement nappée. Ingrédients pour 6 à 8 personnes 5 œufs entiers3 jaunes d’œufs1 litre de lait frais entier1 gousse de vanille175 g de sucre de canne blond100 g de sucre blanc1 moule rond d’environ 15 cm de diamètre La préparation Faire fondre dans une petite casserole à fond épais, sur feu moyen, le sucre blanc avec quelques gouttes d’eau. Laisser chauffer jusqu’à obtention d’un caramel blond ambré. Verser dans le moule pour que le caramel tapisse tout le fond, puis laisser refroidir et durcir. Fendre la gousse de vanille en deux dans la longueur, gratter les grains avec la pointe d’un couteau, et porter le lait à ébullition avec la gousse fendue et les grains. Retirer du feu, ajouter le sucre de canne, remuer. Laisser tiédir en mélangeant de temps en temps. Fouetter les œufs et les jaunes ensemble dans un cul-de-poule. Après avoir retiré la gousse, verser progressivement le lait tiédi sur les œufs en fouettant. Verser dans le moule, par-dessus le caramel durci, et enfourner au bain-marie (dans un grand plat creux rempli d’eau), à 160 °C, pendant 40 à 50 minutes. Vérifier la cuisson avec un petit couteau : la lame doit ressortir propre. Laisser refroidir le flan complètement avant de le démouler en le retournant dans un grand plat creux. Pour des crèmes individuelles, répartir le caramel puis la crème dans 6 à 8 petits ramequins. Faire cuire au bain-marie pendant 30 à 40 minutes, ou jusqu’à ce que les crèmes soient juste saisies. Laisser refroidir avant de déguster. T Continue reading
Posted Dec 1, 2021 at le vent dans les sapins
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Journée épouvantable , ciel gris , neige fondue , le poêle tire difficilement une petite chaleur , lumière grise , elle est nauséeuse, et tremble de froid , nous devions faire des courses mais elle est mal , 73 ans , frigo vide , bon on va manger des œufs , et des röstis , des problèmes à régler pour la la piscine , le Cp , finalement par téléphone , cela peut se résoudre , même si c'est un dialogue de sourds , tout se passe dans l'indifférence absolue , mon fils m'a dit d'écrire pour sortir de ce sordide état d'ennui , de défaillance , 73 ans et la peur de la mort . Continue reading
Posted Nov 27, 2021 at le vent dans les sapins
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La maison sent la fumée , les châtaignes ont brulé ; évidemment il s'énerve ; c'est toujours la même chose ... il lui reproche de s'énerver ; il a une espèce de mépris pour elle ; elle a envie de pleurer au fond d elle-même , quel vieux con, vieux couple , tant pis la vie passe ; il est se sent supérieur ; parfois elle se console en se disant qu'avec un autre , cela aurait été le même misérable scénario dérive ; les hommes se sentent supérieurs . Les femmes sont bonnes pour la baise et la cuisine . Misérable retraite . Elle a travaillé peu , elle a pourtant plus de dîplomes et par la suite un métier valorisant . Lui c'est un vieux ... métier fade ... Ce qui est triste aussi , c'est d'écrire pour rien. Avoir 74 ans et le coeur plein de tristesses . Elle est nulle , alcoo , et ses fils la méprisent , elle ne demande qu'une chose , quitter cette VDM , absurde , pas d'amis .... proches et cet imbécile violent et malsain. Continue reading
Posted Nov 5, 2021 at le vent dans les sapins
1. Préparez la sauce en mélangeant le fromage blanc avec le ketchup, le concentré de tomate, le porto, le paprika, du sel et du poivre. 2. Décortiquez les crevettes. Coupez les tomates cerise en tranches. Effeuillez la salade puis émincez-la en lanières. Coupez le citron en quartiers. 3. Répartissez dans les verrines la salade, les tomates et les crevettes. Couvrez d’une bonne cuillerée à soupe de sauce et piquez 1 brin d’aneth. Donnez 1 tour de moulin à poivre. 4. Servez très frais accompagné du reste de sauce. Continue reading
Posted Oct 8, 2021 at le vent dans les sapins
1. Ciselez le persil. Mixez la feta avec le lait, la moutarde, le Tabasco et la moitié du persil. Réservez. 2. Écalez les œufs et coupez-les en deux. Retirez les jaunes puis écrasez-les avec la préparation précédente, salez et poivrez au goût. 3. Farcissez-en les œufs à l’aide d’une poche à douille ou d’une cuillère. Saupoudrez de paprika et parsemez de persil ciselé. Servez accompagné de salade. Bon à savoir : la feta remplace ici la traditionnelle mayonnaise utilisée dans la recette classique, allégeant considérablement la teneur en matières grasses. Continue reading
Posted Oct 7, 2021 at le vent dans les sapins
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écrire par plaisir , comme marcher dans la campagne , écouter le vent , lire son livre dans le calme de la nuit , écrire c'est me sauver de l'ennui , pianoter sur un clavier , extraire des mots de ma tête , je le fais par plaisir , je pense à mes amis , mes enfants, ma famille et puis je pense à lui , j'ai peur qu'il trouve mon blog et en même temps je souhaite qu'il le trouve , je n'ai pas peur de la mort , j'ai simplement peur de mourir sans l'avoir revu et sans lui avoir parlé . Vanité , solitude , silence intérieur . Continue reading
Posted Oct 5, 2021 at le vent dans les sapins
Ingrédients pour 8 personnes : 1 pot de yaourt nature 2 gros œufs 1 pot beurre (130 g) 2 pots sucre roux (160 g) 3 pots farine T 45 ou 55 (230 g) 1/2 sachet levure chimique (6 g) 2 pincées fleur de sel 1 CC vanille liquide Préchauffez le four à 180°C chaleur statique. Placez le beurre dans un moule à charlotte de 14 cm de diamètre (moule anti adhésif à bords hauts) et mettez-le au four jusqu’à ce qu’il soit fondu mais pas noisette. Videz le contenu du pot de yaourt. Dans un plat creux, cassez les œufs, ajoutez 2 pots de sucre (remplissez les comme les yaourts, pas à ras bord) et fouettez énergiquement pendant 1 minute jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Incorporez le yaourt. Fouettez rapidement. Videz le beurre dans un bol et beurrez le moule à l’aide d’un pinceau avec le reste de beurre qui a adhéré aux parois. Placez le moule au frais. Lavez et sécher le pot de yaourt. Mesurez l’équivalent en farine de 3 pots de yaourts, versez-la dans un grand bol. Mélangez-la avec la levure et incorporez-en la moitié à la préparation à travers un tamis. Mélangez à la spatule. Ajoutez le beurre, la vanille, mélangez puis ajoutez le reste de la farine et enfin la fleur de sel. Sucrez l’intérieur du moule et retournez-le pour retirer l’excédent. Versez la pâte dans le moule. Déposez sur une plaque au centre du four et laissez cuire 1 h. Laissez reposer le gâteau 5 minutes, démoulez-le et laissez refroidir sur une grille. Continue reading
Posted Oct 5, 2021 at le vent dans les sapins
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Il était dans mon rêve , tranquille , souriant , je ne lui ai pas parlé .... Continue reading
Posted Aug 8, 2021 at le vent dans les sapins
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Notre Gribouille , né le 31 12 1997 à Saint-Félix de Lauraguais et mort le 6 Novembre 2014 à Saint-Félix dans l'Oise . Sa mort nous a sonnés ... J'étais un chien bouillant , tourbillonnant , affectueux , collant , j'adorais mon patron , ces derniers temps je dormais beaucoup , et je tanguais quand je marchais , je m'effondrais , j'étais en sursis. Aujourd'hui je n'ai pas mangé , mon patron m'a porté sur la table du véto , j'étais sage , "dans les vaps ", on se regardait et puis pouf ! en une fraction de seconde , je me suis endormi , ma tête est retombée sur le côté , merci à tous mes amis humains . Pour nous c'était douloureux , dramatique, pas moyen de lui dire adieu... il doit cavaler dans les prés divins et chercher les chiennes. Continue reading
Posted Jul 31, 2021 at le vent dans les sapins
Battre au fouet 3 œufs entier avec 110 g de sucre et un sachet de sucre vanillé jusqu’à l’obtention d’ un mélange mousseux. Ajouter 160 g de farine tamisée, 1/2 sachet de levure, 100 g de crème fraîche à 15%. Ajouter la valeur de deux petites pommes, deux poires coupées en morceaux, 50 g de raisins secs, 50 g de noix concassées. Vous pouvez parfumer avec un peu de cannelle . Cuire à 180 degrés 30 à 35 minutes Continue reading
Posted Jul 31, 2021 at le vent dans les sapins
Introduction . Des mots rien que des mots , de jolis mots parfois et l’envie de se consoler , avec ce joli français . L'écriture est un don de soi et une consolation , l'occasion d’exprimer par des mots un mal-être intérieur, ce pourrait être aussi des notes de musique , je suis une femme à mots , appris certes au cours de toutes ces heures de français , de littérature , ces jolis mots qui permettent de s'exprimer . Peut-être que cela ne vaut pas le coup et que c'est gris , car je suis une souris grise. Après tout , je peux effacer ce brouillon ou le garder secret . Je me parle à moi-même , comme le matin dans mon lit , ou quand je suis dans la nature . Parler de soi , de ses désarrois d'enfant , d'adolescente , de femme vieillissante et cette journée noire où elle avait craqué comme un arbre foudroyé. Les mots étaient sortis , au début avec violence et dénaturés , un torrent de boue ; plus tard avec nuances , justesse ,humilité , la maturité , la sagesse , le calme après la tempête . Les chocs du passé avaient ricoché dans le présent, les punitions oubliées avaient resurgi , la solitude enfouie m'avait claqué au visage. La terreur s'était emparée de moi . La terreur de voir mon passé angoissant resurgir , comme si j'avais été poursuivie par une malédiction . Je voudrais , par l'écriture , être utile . Mon regard n'est pas clair mais c'est le mien. J'ai toujours vécu avec un poids de culpabilité , la phrase "ne portes pas le malheur comme une croix suspendue à ton cou" m'a figée dans une espèce de révélation ; suis-je réellement cette femme sacrifiée sur l'autel de ses doutes et de ses angoisses , cette femme soumise et timide , qui a caché toute sa vie , ses fêlures ? D'avoir découvert un entourage blessant, bandit ou décourageant , a tué en moi l'innocence , l'insouciance , le dynamisme. On apprend à vivre ou à vieillir et mourir . Accepter la dernière échéance puisqu'on sait qu'on a tout donner ? J''ai essayé vainement de me remettre en question , j'avais la sotte impression que j'étais dans une solitude effroyable , face à des démons , la peur au ventre , d'avoir vaincu certains passages effroyables et de recommencer à nouveau , comme le mythe de Sisyphe , le soleil en face , la pente sans fin , l'échec . Se connaître soi-même est difficile et prend le temps d'une vie. Trouver la solution et un chemin de vie paisible , être en paix avec soi-même , s'endormir sainement . Ecouter la chouette , le vent au-loin et admirer la lune, les étoiles . Penser à ce décor , cette nature protectrice , se fondre dans cette paix. Je connais mes faiblesses , je suis sensible , émotive ,susceptible, anxieuse, animale , je ne sais y mettre un terme , c'est épuisant ! Ecrire pour oublier , trier , ranger ; écrire est un luxe , un plaisir , pour les vrais amis peut-être , ou simplement pour des êtres qui comprendront et seront indulgents . CHAPITRE 10 , étrange livre qui commence au chapitre 10 , éminemment révélateur de mon tempérament brouillon … Explication simple , j'ai mal structuré mes confessions intimes , je suis dans l'écriture spontanée et le don de soi chaotique. Je reprends mon cahier intime et je ne sais pas l'écrire à l'envers. Vendredi 30 Juillet 2010 . Une femme qui semble folle , un héron cendré déplumé , une flaque d'eau de la ville , une serrure de cachot qui renifle l'humidité . Ne plus pleurer sur soi , regarder vers l'avenir . Une dernière larme , tombée ce matin , j'espère vraiment que je me suis énervée, une ultime fois. Considérer que c'est une perle claire de la rosée du matin , du vrai chagrin que j'ai cueilli du bout des doigts , de la rosée , c'était ma dernière fois . Je pense à toi, mon fils , si tendre , si affectueux, demain c'est ta fête, je ne t'apporterai pas de petit cadeau , tu es trop grand , trop vieux , trop oublieux. J'adore faire des cadeaux à mes enfants et à ceux que j'aime, c'est parfois mal interprété , je suis maladroite ....tu aurais du mépris , je ne cherche pas à acheter ton affection , j'agis naturellement , spontanément , peut-être qu'inconsciemment , c'est autre chose ? j adore ton prénom , il ta va si bien . Il est plus tard que je ne pense, les années passent à coup de chagrin .Trop tard pour rattraper le temps perdu , les paroles envolées , les chats perdus , les globules rouges perdus , les illusions perdues , la dignité perdue . Tu partageais , tu comprenais , tu étais disponible , un amour de fils . Mes fils étaient nobles , honnêtes , généreux , je leur ai fait du mal . La vie m'a fait du mal , et j'ai transmis ce mal . J'aurai du le savoir , stopper ce train d'enfer où j'étais enfermée , je n'ai pas crié au secours , c'était dramatique , la solitude , l'ennui , l'alcoolisme , le cancer , les conflits et les mots qui dérapent , comme une moto dans un virage , une absurdité , ces mots dérangeants que j'ai crachés dans ma folie , mon chagrin , mon désespoir . Comment expliquer ce déferlement de sentiments bouillis à la machine ? Cette soif à faire du mal . Mon chagrin ou ma panique s'est transformée en colère . J'ai allumé un gros feu , j'ai les doigts abîmes d'avoir transporté ce bois , j'aurai du mettre des gants , je n y pense pas , en fait j'ai surtout mal à mon âme . Et puis ces ampoules aux pieds qui ont l'air ridicules , les ongles ne repoussent pas, c'est moche. Le coiffeur m'a fait une nouvelle tête , toutes ces fois ou je suis passée devant Jean Louis David avec l'envie de me faire coiffer, moi et ma tête de clown, mes petits cheveux qui n'en finissaient pas de pousser , un par un , que de détresse en moi, d'humiliation ! Envie de le dire à quelqu'un , mais voila la terre est déserte , les petits chevaux sont morts de soif et moi qui passais à côte , si j'avais su ! Voila c'est fait , j'ai le droit d'être une vraie femme qui se fait coiffer ! J'ai lâché la main moite de mon gamin à la voix rauque , aux jambes maigres , aux cheveux bouclés , un gosse admirable , adorable , difficile pour une mère de dépeindre les sentiments qui palpitaient en elle , c'était pareil pour le grand qui m'intimidait et qui me ressemblait d'une autre manière , je ne sais plus comment , ce sont des sentiments intimes , c'est de l'admiration cachée , de la fierté , toutes ces choses qui existent et nous font vivre , jour après jour . J'ai regardé le ciel clair et l'église ; non, je ne suis jamais seule , avec ma solitude , sur une rose , la nuit , le soir vient m'endormir , je m'évanouis dans les brumes du néant, j'aime cet instant ou je décolle de la réalité , de ma petite vie , de ma petite âme . Sois fière de toi , encore une journée de passée sans eux et pas de larmes , que de la sérénité . Tiens bon . Demain tu vas chez le docteur , tu passeras prés de chez ton fils , tu n'appelleras pas , tu ne sonneras pas , tu seras un fantôme de mother , tu glisseras , le chagrin rentré en toi , tu diras bonjour Docteur , tu souriras , dynamique , épatante la petite vieille .Tu seras à la hauteur , ils seraient contents d'écraser tes larmes de leur indifférence , tu serais mortifiée , tu es trop dans l'irréalité , maintenant ce qui compte c'est le bizz , les tableaux croisés-dynamiques, la rentabilité , la fortune, les médias , le manque de sentiments , de talent , l'indifférence, le self-control ! A la Claire Fontaine , m'en allant promener , j'ai trouvé l'eau si belle que je m y suis baignée... il y a longtemps que je t'aime , jamais je ne t'oublierai . Je serai toujours celle qui vous a mis au monde. Ignorer ses parents , c'est ignorer ses racines. C'est faire fi de la science , et du passé aussi. Vous avez des prénoms que j'adore , ils sont brillants, musicaux , poétiques , sentimentaux, littéraires . Quel qu'il soit , un parent , même imparfait , reste un parent . Je resterai toujours votre Maman avec le souvenir de l'odeur de votre peau quand vous étiez bébés et de la fierté que je ressentais quand j'allais vous chercher à l'école ! Moi, je n'ai jamais eu personne à la sortie de l'école , du collège , du lycée , de la fac ! j'étais seule . Papa et Maman étaient venus une fois me voir dans ma résidence universitaire au milieu des bois , ils avaient laissé un plat de pains perdus et des chaussons rouges russes que j'ai longtemps gardés , merci mon Papa , merci ma Maman ; une autre fois Tonton Bob était venu , ses petits cheveux dressés sur la tête , son cache-nez , son mégot au coin de la lèvre , ses yeux bleu porcelaine , et son humilité , sa bonté , son sourire timide ; mon Dieu , ils sont vivants dans mon souvenir . Rien que pour cela , je dois penser à mon enfance avec joie , respect , fierté ; elle était pleine de sentiments , de moments forts . J'ai de jolis souvenirs et les dépeindre aujourd'hui , les font revivre . Peut-être mes fils , penseront-ils à nous , un jour lointain , je souhaite vraiment , qu'ils le fassent avec sérénité . Ce n'est pas parce que leur mère était bouillante , passionnée et détraquée , déséquilibrée , dans un sens , qu'ils doivent ajouter de la culpabilité et de la tristesse à leur vie. Le temps d'apprendre à vivre , il est déjà trop tard , a chanté Brassens . 29 Juillet 2010 . L'air est frais , léger et caresse mes bras , je me sens détachée et libre , je repense à un moment agréable , quand j'allais au Lycée du Parc Chabot , à Montélimar , jolie ville en ce temps-là , aux portes de la Provence . Une cession de cuisine , parfois le mercredi , nous était dispensée . C'était tout en haut de ce lycée tout neuf , un cuisine ultramoderne avec une terrasse , donnant sur les toits ,nous avions droit à une femme charmante , féminine , maquillée , sophistiquée , un prof , belle , éduquée , brillante ... c'était magique. J'étais béate d'admiration, moi qui avais une Maman , abîmée par les maternités , en plein désarroi alcoolique , seule contre tout : le mari , la famille , la société .Elle préparait de merveilleux plats mais là c'était autre chose , le luxe , la tranquillité , une atmosphère zen et pourtant je ne connaissais pas encore ce mot ; parfois je balance entre l'ancien et le nouveau ,j'aime les maisons anciennes mais j'adore l'ultra moderne et l'ultra fonctionnel , la pureté des lignes ,les plans miroirs , les couleurs grises laquées . J'ai un souvenir aérien de ces cours , des conseils prodigués , des plats préparés . Pour moi c'était un luxe infini. Maintenant le luxe pour moi , ce serait de pouvoir vivre avec quelqu'un , et partager jour après jour ,même les petites phrases , sortir de ma peine. Je suis mariée avec un homme infiniment agréable mais nous ne pouvons pas tout partager .C'est comme une solitude en commun , chacun a ses occupations .J'aime descendre la première , préparer le café du matin et remonter le petit plateau de bois et partager un moment de grand partage avec mon homme , sa poitrine est douce , il sent bon ,j'ai totalement confiance, j'entends son cœur battre et je ne veux pas qu'il s'arrête de battre . Simplement la vie en commun , c'est bizarre , des ralentissements , des accélérations et parfois c'est linéaire , ennuyeux ou agréable. Encore un autre jour sans date celui-ci... Dure journée pour une petite fée sans âme . Je suis comme une noyée avec une pierre autour du cou , je m'enfonce ; drôle de vie , je tente son numéro de téléphone , bien-sûr répondeur ! je virevolte comme un insecte aux ailes brûlées , je me décide à regagner mes pénates , aucun confident pour déjeuner avec moi ,de plus je dois aller chercher mes résultats d'analyses de sang , peut-être bien que c'est important ! L'âme en peine , je roule sur la route , bêtement , le cœur dans les étoiles. Quand on se sent seul , on est très seul. Je me disais , avec cet écrasant sentiment de solitude , que c'était le dernier jour de ma vie , mais peut-être aussi le dernier jour de ma vraie vie de femme mûre ; je suis sur mon chemin descendant , l'essentiel , c'est qu'il y ait de l'herbe , des arbres , des pierres et un chien fidèle qui attendent à la maison . Mardi 27 Juillet 2010 . Prière de Thomas More (1477-1535) . Seigneur pardonne-moi, je n’ai jamais bien su prier. Accorde-moi une âme saine , qui regarde ce qui est beau et pur, qui ne s’affole pas devant le mal, la douleur, l’injustice, mais qui remette toutes les choses en ordre. Aide-moi à rassurer, secourir et accepter toutes différences. Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, la plainte, le soupir. Ne me permets par que je me fasse trop de soucis, de tracas , pour cette chose encombrante que j’appellerais « Moi ». Seigneur donne moi le sens de la gaîté, de l’humour, pour que je tire quelque bonheur de cette vie, et que j’en fasse profiter aux autres. Il me vient une idée , comme dirait mon petit prince , le petit moussaillon , vous raconter notre voyage à la mer , soleil doux , camaïeu de couleurs de bleu , de vert , calme et volupté , sagesse et temps apprivoisé . Je ne laisse entrer en moi que des flots de pensées positives ,je plonge dans mon samedi au bord de l'eau , nous avons mangé sous les arbres et ensuite nous avons été nous allonger sur les galets , une chanson s'est mise à trotter dans ma tête , de-ci delà , des bribes de paroles me revenaient , je me demandais si tout cela avait un sens ou si ce n'était qu'une pure coïncidence , « ma liberté longtemps je t'ai cherché comme une perle rare , ma liberté c'est toi qui m'a aidé à larguer les amarres " ces paroles avaient un lien avec la mer , avec mon eau intérieure , la marée descendait et les gens la suivaient , au loin les phoques sur les bancs de sable , les cavaliers qui passent en éclaboussant les chercheurs de coques ? les goélands qui clopinaient prudemment et cette petite avocette blanche qui piquetait tranquillement crevettes ou petits poissons , la sérénité . Les gens à la mer contemplent ou sont très occupés , c'est agréable , futile , léger , les enfants crient , les chiens font les fous . Je chantais aussi « la mer sans arrêt roulait ses galets et c'est comme si tout recommençait » très étrange de faire remonter cette chanson de Ferrat « Deux enfants au soleil » . Revenue dans mon souvenir par effraction , je ne l'avais jamais chantée auparavant , elle m'agaçait ! Ensuite randonnée devant la mer miroitante , sur les planches de Cayeux, on s'assoie , on médite , le passé qui revient , les grands-parents attentifs qui prenaient ,petits-enfants et chien ,pour des séjours à la mer, c'était une époque douce , vacances d'été rimaient avec marée , mer , bonheur . Des grands-parents attentifs et des gamins plein de gaité . Enfants bronzés , petits marins d'eau douce , quelle beauté , leurs visages ! la vie coulait simplement . Limandes grillées , tarte aux mirabelles. Bonheur fait de jouissance de simples choses .Bonheur , jeunesse qu'on ne savait pas ! pourquoi est-on punie , bien des années plus tard , de ce passage dans l'azur ? Nous sommes en Octobre , le domaine de Bernadou , est devenu les Hauts de Hurlevent , les sapins ont été coupés et leurs souches gisent lamentablement au milieu des ronces , les machines sont rouillées , les herbes ont poussé , c'était si vivant autrefois , l'impression que le vent souffle sans cesse , que les cabanes s'enfoncent dans la terre et perdent leurs couleurs , quel étrange lieu . Les maisons ont bien le droit de vieillir , elles aussi . C'était une grande bâtisse , orientée plein sud avec une grande terrasse et une pièce "le four" sur le côté , cela formait un L . Elle était pleine d'enfants , d'odeurs de cuisine , beignets, riz au gras , lapin chasseur , de lessive et de feu de cheminée . J 'aimais quand nous y vivions tous ensemble, l'enfance , l'adolescence , les jeux , les confitures , les pains perdus , les lessives suspendues sur les clôtures ou sur les près , comme dans les films, une maison vivante , familiale . Je regarde le soir tomber sur le bois , je dois changer de mémoire , la mettre sur disque dur. Je ne t'écrirai plus , je n'irai plus t'acheter des pulls, je fermerai mon cœur, avec un cadenas rouillé , l'histoire n'est plus à suivre ,je fermerai le livre. Une mère met du temps à comprendre que ses petits sont devenus des adultes et une petite-fille met un temps fou à quitter l'enfance . J'ai gardé longtemps une façon d'être enfantine , j'attendais que mon père revienne , je n'ai pas cru à sa mort . L'amour existait , il me portait vers l'avenir, le vent d'Automne a balayé mes sentiments , mes cheveux repoussent, blancs comme des perce-neiges . Mes petits sont grands , j 'ai accepté de me soumettre , cela n'a pas rapporté l'amour . J'ai gardé l'agenda où était ton adresse ,je l'ai caché dans mon vieux panier d'osier désossé , celui de Mémère Emilie , qui me raccroche au temps qui passe ,vieux cadres , vieilles photos . Peu à peu , petit à petit , je trie . Continuer à t'aimer ,même si tu ne m'aimes plus ,ton souvenir gît au fond de mon cœur , c'est sûr que regarder toujours en arrière , m'a filé un torticolis et des sifflements dans mes oreilles . Je me mets dans des situations tragico-comiques . Je suis clownesque. Sur une tombe abandonnée , gît mon cœur enfermé à double-tour , le ciel est très bleu, très pur et dur , je plonge vers mon passé , je repense à la Montagne Noire , aux fleurs jaunes significatives d'un été qui dépérit , je plonge vers un passé à m'en tordre le cou , les tripes , le cœur ; je m'efforce désespérément d'aimer ce présent fleuri et vert sous les arbres , j'ai tout pour être heureuse , une belle maison , une belle robe , c'est Dimanche ; Mamita n'a pas daigné sortir un mot au téléphone , sauf une petite phrase convenue , dont je ne me souviens plus d'ailleurs . Nous ne lui avons pas dit que nous avons enterré sa belle-sœur Jacqueline, elle se serait dit « c'est pas juste , pourquoi elle ? et pas moi ! » , un coup de vent avait agité toutes les roses au-dessus du cercueil , dans nos têtes résonnait , " ce n'est qu'un au revoir " , qu'elle avait voulu que nous chantions . Elle avait souhaité que nous nous réunissions au restaurant , un genre de fête de famille , comme autrefois , les plaisanteries et les vacheries fusaient , on est devenu vieux et tellement de douleur , chez certaines ; la belle Yvelines d'autrefois est devenue une femme tourmentée , d'une effroyable tristesse , car elle a perdu son fils adoré ; où est passée la pétulante jeune femme aux joues rondes ? le spectre de la mort l'a irradiée et nous avec , j'ai réalisé ma piètre condition de maman abandonnée , alors qu'elle avait subi la pire des tragédies , perdre un fils Moi j'avais honte , encore une fois , d'avouer que je ne fréquentais plus mes enfants , par manque d'affinités , d'emplois du temps , de besoins , d'intérêt , que sais-je encore ? de la suie passe devant mes yeux , je suis lasse ; j'essaie d'apprécier la beauté de ce ciel bleu , cela me rappelle tant de bons moments et j'aimerai tant les partager avec eux , c'est ça ce trou dans mon cœur , effroyable . Les aimer jusqu'au bout de ma vie , accepter le silence , la séparation . Rester digne , indifférente , correcte . 14 Juillet 2010 . Des sourires en coin pleuvent ,des sourires narquois ,tout un flot de malentendus, et de larmes de mouchoir en papier . Des tonnes de kleenex roulés en balles de ping-pong , mon cœur fait bang . C'est un carillon de Vendôme . Mensonges d’indifférence, face à nos jugements biaisés, biaiseurs , nos faiblesses cachées. Les mots s’envolent à double sens, et toi tu ne dis rien , tu ne bouges pas, tu n'écoutes que ta douce incertitude .Ce murmure étrange , ce matin un peu trop froid. Ton confort à toi ,c'est le silence, l'indifférence feinte . Ma douleur à moi c'est l'incertitude . Voir les avions passer dans le ciel et penser à toi. J'aimerai t'acheter des pulls , manger au café avec toi ,et parler de la famille, partager des instants de ma vie actuelle avec toi. Ce n'est pas grand chose , ce que demande une Maman , c'est du temps , une carte postale , un message, une pensée qui vole dans le ciel , qui laisse une trace , comme un avion à réaction. 7 Juillet 2010 . Mer démontée ... Tu seras toujours mon fils et je me souviendrai toujours de l'odeur de ta peau quand tu étais un petit homme , toutes ces choses qu'on n'oublie pas et qu'on enfouit au fond de soi ,pour les jours de tristesse et de misère ,la pauvreté affective de mon enfance , la beauté des paysages à jamais enfuis , les sourires et les câlins du matin , l'évidence de notre famille ; oui , nous formions une vraie famille , avec de beaux enfants ; c'était beau , c'était chaud chez nous, cela sentait bon , la fraternité , l'amour , l'amitié , la rigolade , l'insouciance ; c'était amour toujours ; j'y pense le soir quand je m'endors ; la vie m'a donné des coups, je ne m'attendais pas à autant d'horreurs familiales , j'ai tenté d'oublier la honte de mon enfance et maintenant je tente de survivre , avec ces sanglots , dans le fond de mon corps ; regretter infiniment ce qui s'est passé , avoir honte de soi et de ses rides , avoir honte de son passé et de soi , une drôle de chose la honte , tant de honte ,la honte de soi , de ses enfants , de son enfance ; déchirer la page , sublimer cette douleur indicible . Se dire que le pire est arrivé , il faut survivre ; je me dis que je vais me pendre , puis je pense à tous ces petits bouts qui n'ont pas à subir des horreurs pareilles ,balayer , effacer le tableau noir , éteindre la lumière , tourner la page ; tu seras toujours mon fils , je t'aimerai toujours , même si je ne te vois plus et ne te parles plus. Les mots ne servent à rien , te parler ne servira à rien, le temps qui a passé , ne se rattrape pas. Le passé s'est enfui dans les petits matins gris. La mer efface les pas sur le sable , la vie s'écoule , le chagrin ne passe pas , on vit avec , on se réveille avec , parfois on est bien , parce qu'on a tendance à oublier , on devient une autre femme , une femme mûre , sans passé violent . Tu étais un petit homme et tu m'as aidé dans ma grande détresse de femme en addiction , tout simplement par ta gentillesse, j'avais eu l'intuition que rien n'était perdu . J'avais commencé à parler avec Malika et j'avais senti aussi ta détresse d'ado, ton accident avait été aussi un déclencheur . Dans mon esprit aveuglé, la lueur de l'espoir s'était allumée, peut-être que tout avait commencé ou tout s'était arrêté ? Un grand jeune homme dans sa grande tristesse et une mère qui s'est attrapé par la main. Je me dis : j'ai eu de la chance , j'ai eu ce courage et on m'a aidé mais toi en premier . Amen veut dire « je suis d'accord avec vous » . Vendredi 2 juillet 2010 . « Melocoton » , cette chanson me fait penser à toi, mon gosse aux cheveux blonds , aux pommettes hautes , aux poings bronzés et je me dis que c'est déjà bien , si toi aussi tu penses à moi , Quelquefois ,le matin , dans ma voiture , j'imagine , le grand brun , sa peau mate , si doux , si confiant. Le pardon est en moi , même si je meurs sans les avoir revus . On m'a dit que les liens entre nous ne se déferont jamais , même le silence , l'absence de relations , ne peuvent détruire ce lien. Je m'endors le soir en pensant à vous . Je me dis j'ai eu cette chance de vous avoir un jour . Un cadeau du ciel , une chance inespérée .Fripouille , arsouille , grenouille , maigre comme un lapin , voix rauque et des tonnes d'inventions. Voila ce soir je pense à toi , l'orage pète , des tourbillons de sable et de feuilles envahissent le jardin. L'eau gicle par dessus la gouttière ! J'aimerai entendre ta voix et sentir ta douce affection. Ces mots c'est pour au cas où tu lirais ces mots , ces mots évadés d'une âme en peine. La vie , c'est triste , quand on est tout seul , surtout ce sentiment qu'on a en soi , qui vous pèse , vous tourmente , comme une douleur . Autre journée : La vieille branche. J'ai craqué bêtement , c'était pleine lune , il faut le préciser ; il y en a qui rompent la glace , qui marchent sur les brisées , moi j'ai fait la vieille branche , j'ai cassé , toutes les fêlures qu'il y avait dans mon corps , ont donné leur petite eau , je bouillonnais , je bredouillais , j'ai explosé ,je sentais venir cette déception , ce refus , je le savais ; je lui ai dit « ce n'est pas grave « et je suis partie à toute allure sur mon vélo , dans cette chaleur violente ,de plus je devais aller voir une autre âme et je me suis jeté dans un autre guêpier , j'étais déjà à bout , j'étais fragilisée ; j'ai pleuré et toute ma vie m'est remontée à la figure comme un trop plein , un trop mal vécu. Trop , c'est trop , toujours recommencer les mêmes erreurs de comportement , se laisser manipuler , culpabiliser . Le mauvais chemin , la mauvaise attitude . Et ton self-control ! y as-tu pensé ! Quand contiendras-tu le flot de tes émotions ! Il y a pire ! Voila , c'est ça ,je ne me supporte plus en train de m'apitoyer sur moi-même ! Ras le bol ! Je suis pas d'accord mais il faut continuer . S'expliquer ,les larmes dans les yeux , se contenir , pas de courage, de la lassitude et trouver dans un éclat de rire , la boutade qui démonte tout le système .Que de relations détériorées dans ma vie ! j'attends trop des gens. Les gens sont intéressés et ne s'intéressent pas à moi. Je recherche des sentiments vrais , la sincérité , la simplicité la réciprocité. Rien , que du déplaisir , dimanche soir sur la terre ,a une couleur de soleil couchant blessé , sanglant. J'ai craqué , j'ai vomi des paroles qui n'exprimaient pas ce que je ressentais : ce n'est pas grave , ai-je dit d'un ton léger ,alors que mon cœur battait la breloque ; « merci pour tout » ai-je dit alors qu'à l'intérieur , je grelottais de rage et de désespoir . Te souviens-tu de cet été où tu adorais le ciel bleu , les blés moissonnés , l'odeur de foin , l'odeur de l'humidité , de la fraîcheur du soir ; toi tu étais heureuse et tu ne savais pas que c'était une étape éphémère ,que ta vie déraperait dans tous les sens ,tu ne savais pas que tu n'arriverais plus à contenir tes émotions , devenues explosives, négatives , le vide dans ta tête ,l'envie du vide aussi , pouvoir s'arrêter sur le chemin , arrêter son chemin , boire un verre d'eau , ne plus penser ! être anéantie par ses échecs successifs, surtout tout ce relationnel qui part dans tous les sens , comme une coquille de noix , dans un tourbillon , ces personnes qui vous blessent , sans même savoir qu'elles vous blessent , ou bien elles le font volontairement , avec perversité , elles vous manipulent et vous redevenez une petite fille qui perd dans la cour de récréation , ou qui est ramenée chez elle , parce qu'elle est soi-disant sale ! Solitude consentie vaut mieux que solitude en mauvaise compagnie. Croiser son regard piquant , fixe , narquois , stupide comme celui d'un gallinacé et exploser de chagrin , ce n'est pas toi qui a changé , ce sont ses sentiments qui ont changé et d'ailleurs , là où cela fait très mal ,c'est de se dire , dans le fond , cet amour n'a jamais existé ; quelle drôle d'idée , j'ai eu de me confier et de faire confiance ,la poule et l'œuf , moi j'ai fait l'œuf , celui qui est fragile , qui se brise . Aimez-vous les uns les autres ,voilà ce que j'aimerai comme épitaphe : l'amour sauve de tout ,s'aimer soi-même , se pardonner à soi-même sa bêtise , son inconscience , ses mauvais choix ,ses mauvaises réactions ou interprétations , pardonne-toi à toi-même ce que tu n'aimes pas chez toi ,à commencer par ta faiblesse . Pardonne-toi d'être toi ! Souvent je regarde des visages très beaux , des yeux clairs , des traits fins et je frémis en moi-même , cela me rappelle un visage lisse qui m'a jeté dans le malheur et l'horreur du temps qui ne passe pas . Je revois les photos où sourires coquins rivalisent avec des sourires tristes , des visages crispés ; je sais que tout cela , c'était des mensonges ; ma vie est bâtie sur le mensonge, sur le non-dit , sur le vide , le néant , le zéro et l'absolu . Je ne fais partie d'aucun ensemble. Personne n'osera me dire en face « casse-toi, tu pues ! » tout est arrivé par derrière , la trahison, l'humiliation ,la rumeur , les yeux fixes et narquois , les demi-sourires qui en disent long ! Aimez vous les uns les autres et tout ira mieux ! Aime-toi toi-même d'abord et ça ira mieux ! avoir confiance en soi et en ses opinions personnelles . Bourrelée de remords , bourrée de chagrin , bourrée auvergnate , pomme en l'air , panse de brebis farcie . 9 Avril 1993 . Mon chien . C'est affolant , d'y penser , chagrin et honte sur moi , femme amorale ! partir avec cette douce peluche adorée dans les bras et accepter l'inacceptable , des années durant ,sentir sa truffe derrière le siège , quand la voiture démarrait et réaliser qu'elle avait donné le feu vert pour euthanasier , le meilleur des chiens , être hébétée d'un chagrin lourd . Etre hagarde en passant dans les rayons pour animaux . Lui qui avait été le premier d'une longue liste de disparus, 1993 année douloureuse ; partir dans le sud sans lui , qui aimait tant sauter dans l'auto , bon tourner cette page , c'est tellement douloureux , comment me pardonner d'avoir décider de sa mort ! A notre retour quand nous avions poussé la porte de la maison , nous avons été suffoqués par l'odeur de friterie ,l'escalier était à la fois strié, rayé, piqueté et gluant ,les cadres étaient de guingois , avaient changé de place , la cuisine était gluante ; ils avaient dormi sur nos lits qui étaient tachés , ils avaient vomi dans les toilettes , et à côté des toilettes , que de taches ! une méga tuf avait eu lieu chez nous , le canapé était défoncé , ils avaient trouvé ma bouteille de vodka dans le grenier et l'avaient remplacé par de l'eau , sans vergogne , quel mauvais souvenir, encore maintenant , la honte , le choc ! ils avaient osé me culpabiliser sur cette vodka et eux , avec leurs drogues ? Une mère est coupable , un ado est innocent car cet ado avait été débordé par tous ces faux copains pourvoyeurs de drogue ; peut-être que c'est là que tout a commencé , la descente aux enfers , les épreuves , une à une , la mort de notre Voltaire , la mort de la flamboyante Karine le 7 Août , la mort de ma belle-mère le 19 Septembre , le chagrin , les problèmes , les conflits . Des années plus tard : fête des pères maudite , pathétique , miséricordieuse , courageuse , laborieuse . J'ai fermé mes volets, rouge basque ,j'ai retrouvé mon collier rouge corail ,et rangé ma veste rouge russe ,mon corsage pimpant rouge orangé ; j'avais envie d'écrire une lettre d'adieu : "Adieu mon petit garçon ,tu as perdu ton âme d'enfant ,nous t'aimons toujours ,nous ne trouvons plus les mots pour te le dire ,tu étais un petit garçon tellement craquant ,tout coulait de source ,même les catastrophes Chanter à perdre haleine tout le long du chemin creux ,manger prunelles et mûres ,en ramasser des seaux pleins puis le temps des confitures qui caramélisaient ,et qui gouttaient dans la véranda ,une grosse bulle couleur violine ,au-dessus de la grézale, dans la chaleur tourbillonnante ,des rayons dorés d'un soleil qui tardait à disparaître ,derrière les sapins ,ce souvenir c'est ma richesse ,oui on a été heureux . On en a profité , hier soir je songeais à tout quitter ,partir dans une bulle, en finir , entendre ton rire ,entendre la voix de Papa, faire cuire des Pauvres Nobles.. Des situations impossibles , interdites . Des impasses , des murailles . Une prison morale . Une mère doit être infaillible . Là , je l'ai compris plus tard . J'ai compris aussi qu'on n'apprend pas à vivre , on apprend à comprendre la vie. Ce n'est la faute de personne . Lundi 21 Juin 2010 .La nuit , le pouvoir n'est pas ce que l'on a mais celui que les autres croient que l'on a. Je suis dans une prison , une prison mentale en fait , comme du temps où j'étais en addiction , j'ai le sentiment actuellement de ne pouvoir exprimer véritablement ce que j'ai sur le cœur , je me heurte à un mur : celui de l'incompréhension , je dois faire un effort sur moi-même et chercher de tous côtés une issue ou une solution , tout en gardant le silence , le silence me protège ; les mots sont détournés de leurs intentions , mon errance intérieure m'égare , je suis arrivée dans la vie , comme un cheveu sur la soupe , dans une nichée de 6 enfants , j'ai toujours été seule , je donnais le change et actuellement je donne le change , c'est plus naturel , j'en conviens , sachant que tout le monde porte un masque . J'aimerai avoir le courage de choisir ma mort. La conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien du mal . Je dois mesurer mes propos et me réfugier dans le silence . J'ai marché dans cette forêt étrange et humide , les empreintes de chevreuil me précédaient sur cette boue noire , j'étais apaisée par la nature , cette mer végétale ; dans la colère , le sage pense à ses suites . Autrefois , je n'étais pas sage , je ne mesurais pas les conséquences de mes colères . Dans la vérité on aperçoit souvent le désespoir . Tout cela c'était des mots , ces mots n'ont pas effacé les sentiments mais cela permet au fossé de s'écarter , au temps de passer . La grenouille fait entendre sa jolie voix de percussionniste , un écho sur l'étang ou sur l'herbe , ou venant de la forêt . Se fixer sur cet étrange cadeau que nous fait la nature . Le petit Poucet avec ses caillouX . 14 Juin 2010 . J'aime écrire . Déjà petite , cela me prenait , quand la maison était agitée , comme un bateau sur la mer déchainée, je prenais mon journal intime , un cahier d'écolière , j'écrivais très naïvement . J'étais une petite-fille ,j'ai du commencer à l'âge de 10 ans , je décrivais tout ce qui se passait autour de moi , essentiellement parce que j'avais peur, je me sentais très solitaire , nous habitions à la campagne ,une maison qui me semblait grande , avec deux tourelles , loin de la ville où était mon amie , pas de téléphone , ma façon à moi de parler , d'échanger c'était ce cahier , l'écriture était maladroite , je me parlais à moi ! Je suis du genre à parler toute seule , même maintenant . Je crois que sur la toile , on va me lire ..Je me donne de l'importance . Une voix dans le désert , un ruisseau qui coule dans ma montagne , je me sens moins seule . Maman avait des accès d'éthylisme , j'avais très peur ; tous les enfants avaient peur et pourtant cette femme qui hurlait des insultes , essayait d'exprimer ce qu'elle cachait au fond d'elle-même . En face d'elle , elle avait un homme brillant , un officier. C'était une femme sans amies , enceinte jeune avant le mariage, ventre déformé , 6 enfants en 9 ans , elle ne s'aimait pas sans doute , elle se cherchait ,elle buvait, cette femme me faisait horreur et honte , par moments ; ma Maman me faisait peur ! c'est seulement maintenant que j'analyse et que je comprends pourquoi . Nous avions des valeurs , nous avons été longtemps prisonniers de principes, de rigidité car nous étions élevés dans la religion protestante , je me suis évadée de tout cela par l'écriture , l'alcool , les autres. Il m'a fallu un long travail sur moi , pour accepter la réalité , la vie telle qu'elle est et surtout me réconcilier avec moi-même , mon physique , mon éducation , mes révoltes intérieures. Il y a plein de questions auxquelles je n'aurai pas de réponses ; je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas réagi plus vite et pourquoi je ne me suis pas dit : s'accepter tel que l'on est, c'est essentiel et basta ! On est encore plus seul quand on vieillit , finalement, on a fait le tour de la question ,on sait qu'il y a pire que sa propre solitude et sa propre souffrance , on sait qu'il faut rester digne , peut-être est-ce cela que j'aurai du apprendre en premier : la dignité , ensuite l'humilité et savoir pardonner , passer à autre chose ; il y a tellement de cadeaux que la vie m'a fait .La rencontre avec un homme vrai , les vraies rencontres à l'hôpital , malgré le cancer , les vraies amitiés , tous ces amis inconnus , croisés un jour. Accepter Les choses que je ne peux changer, changer les choses que je peux. J'écrivais des poèmes , je cachais mes cahiers , j'en ai déchiré , par hystérie, rage ,bêtise ,je regrette car dedans , il y avait des épisodes de ma vie , que j'aimerai relire . De toute façon , je crois que je brûlerai tous ces cahiers avant de mourir, car j'ai changé et j'ai accepté la situation , j'ai été blessée par les remarques faites sur mon blog , ma susceptibilité touche à la maladie mentale , je suis une petite-fille à l'intelligence limitée par sa sensibilité. Mourir un jour , mourir toujours . En fait l'écriture , c'est un don de soi , c'est se préserver , se construire ,se chercher , c'est comme le Petit Poucet avec ses cailloux , c'est une façon de trouver son chemin , quand on est seul , j'ai été maladroite , c'est sûr et d'une innocence idiote , pourquoi avoir écrit là où tout le monde pouvait me lire et écrire des horreurs ? l'écriture c'est occuper le temps qui passe , donner un sens à ce temps qui passe comme un souffle d'air frais , exister , laisser sa trace , sa signature . Lire pour moi , c'est vivre par procuration , approuver les descriptions de la vie par d'autres , être satisfaite en somme , de voir que d'autres pensent comme moi . La solitude remplacée par le partage . Cela fait penser à Quasimodo sur sa roue , ligoté et recevant tous les crachats ; ce qui m'a frappé c'est toute cette humiliation , toute cette honte , ce chagrin, revivre une deuxième fois les humiliations de mon enfance et la solitude que j'ai connue , étant alcoolique : pas de solution pour une femme qui se cache et tout le monde qui regarde et juge , sans aider .J'ai été une ado tourmentée , révoltée comme toutes nous avons été ; par contre je me cisaillais à coups de lames de rasoir ; ce n'était pas génial, personne ne s'en est inquiété , j'ai connu l'alcool plus tard , par hasard , c'était inconscient chez moi , c'est venu tout doucement . Cela m'a jeté dans la confusion , j'aurai aimé être arrêtée avant d'aller si loin. J'ai commis des erreurs de parcours dans la plus grande inconscience ! Mon rêve , c'était le retour au pays , le chant des cigales , la chaleur , le soleil , la garrigue , les pins , les parfums ; ma vraie famille c'était là-bas ...j'aurai très bien pu y arriver toute seule, j'aurai du le faire. Erreur d'aiguillage , le destin. La faute à personne , même pas ma faute à moi. J'adorais écrire et j'adorais lire . Je trouvais dans les livres ce que peut-être ma mère ou mon père auraient du m'apprendre . Je vivais la vie des autres . J'adorais aller au lycée : c'était aller à la rencontre des autres , c'était vivant , excitant , stimulant , à la fac c'était moins marrant , solitude , clans , sectarisme , les fils de nantis et les fils des gens ordinaires. Moi j'étais une oie blanche , une fille immature . Ma fratrie , mes parents, ont été un paravent, malgré toutes les critiques que j'ai pu faire sur mon éducation à la dure , cela m'a sauvée, j'ai fait des choix pas si mauvais ? Je me suis mariée rapidement et j'ai affronté une espèce de solitude en commun qui ne portait pas son nom , comme mon alcoolisme que personne ne voyait , ou que personne n'a pointé du doigt . J'étais transparente , innocente , inintéressante. Ma vie continuait . J'étais heureuse , pendant des années , j'ai vécu en riant , lisant , profitant. Je butinais , je cuisinais , je partais en vacances. Lorsque l'horloge biologique s'est arrêtée , je suis devenue sobre et malheureusement le chagrin est entré dans ma vie , le même chagrin que lorsque mon père est mort , moi qui rêvait de cigales et de Provence , je me suis retrouvée à l'Automne de ma vie avec des valises bourrées de photos à jeter. Bizarre , ma vie , si riche , si belle de souvenirs et si douloureuse ! On paie pour tout , même pour le bonheur, « fuir le bonheur , de peur qu'il ne se sauve ! » . La vie semble une suite de hasards , on ne maîtrise pas ses émotions , l’intelligence est absente , Il y a des prisonniers dans les prisons et des femmes arrétées à leurs premières émotions , Des femmes , petites-filles sans protection, J'étais angoissée à l'idée du malheur et je me suis jetée , dedans , dites-donc ! Même ma petite maman , si affaiblie maintenant, ne m'avait aussi humiliée , du temps où elle nous abreuvait de vérités cinglantes pas joyeuses et pas reluisantes. Comment guérir du malheur ? Chanter dans le soleil couchant , appeler une amie , écrire un poème et remercier pour tout ce qu'il y a eu de bien dans cette journée , aujourd'hui et ici et maintenant , le soleil et la pluie ,la mésange qui s'active à nourrir ses petits, dans sa maisonnette et le chien, qui , bruyamment aboie après cette mésange ! c'est vrai qu'il est juste derrière le carreau de la porte d'entrée et que la petite maison est juste au-dessus ! la mésange ne s'affole pas des aboiements du chien , s'adapter , c'est ce qui sauve . Calembredaines de Didine . Seule au monde , seule sur la terre , triste à en pleurer des rivières , je tente de passer le temps , herbes arrachées , tour de vélo , bientôt repassage . Partir le long d'un lac , baigner mes pieds , rincer mon cœur , hurler mon désespoir , mais non , je dois continuer à m'acheminer , telle une fourmi besogneuse , sans avenir , sans âme , seule au monde ... Les sanglots longs des violons agitent mon cœur. Je me sens vidée , saignée à blanc Depuis combien d'années , je subis ce drame , cette torture , et également les conseils moralisateurs de mon entourage ! T'avais pas besoin d'y aller , d'aller t'exposer , t'aurais été mieux chez toi , dans ton grenier, tu te serais nichée dans les coussins , avec le dernier Rufo ! comment tourner cette page jaunie, tachée ? comment détacher cette branche pourrie ? pourquoi gratter cette plaie ? pense à Job sur son tas de fumier , il n'arrêtait pas de se plaindre ! faire feu de tout bois , allumer un feu de l'oubli , ne pas remonter cette rivière de l'oubli , se dégager de ce marais. Rire aux éclats , raconter n importe quoi ! Ce matin , j'ai badé à la brocante près de la rivière , sympa cette ambiance , j'ai vu un superbe moulin à café Peugeot bleu , j'aurai du l'acheter , c'est tout moi ! J'ai acheté des frites , bien meilleures que celles mangées quand nous sommes allés , à la frontière , en Belgique , j'ai mis ma belle nappe blanche et brodée de coquelicots , sur ma petite table de jardin et nous avons mangé notre repas du dimanche , avocat, fraise , citron , tomate et fromage blanc au cassis ; il est temps pour moi de voir la psy , peut-être ? je n'en peux plus de vivre , c'est une douleur insidieuse , comme une eau qui coule sans arrêt , les larmes sont au fond de mon corps et j'aimerai que mon organisme , ma machine s'arrête , mon âme est une pomme pourrie , j'ai peur de moi , comme quand j'étais à l'hôpital , peur de l'instant à venir , de la journée à venir , peur du temps qui me reste à vivre , cela va être trop long ! Que vais-je faire , de tout ce temps ! je vais ranger , arranger ma maison , arracher les herbes de mon jardin , repasser mon linge mais j'aurai cette odeur de vide en moi , cette odeur de pourri. Me faire plaisir , être égoïste mais comment ? J'aime bien être utile aux autres , être avec les autres , parler tous les jours à une oreille amie , je me sens en prison , je me parle toute seule ! c'est nul ! non ? Parfois je leur parle et j'imagine qu'une voiture s'arrête et qu'ils seront là , je préparerai le repas. On sortira ce que l'on a de meilleur. Il y a tellement de choses pour eux . J'imagine aussi qu'ils passent devant la fenêtre . Cette maison est pour eux , grâce à eux , sans l'amour des siens , on est rien , de la poussière d'étoiles , du sable fin qui glisse entre les doigts , de la neige poudre , du sel de mer qui pique les yeux , des larmes qui coulent . L'indifférence de ses enfants , c'est une scie qui vous broie le cœur. Filament d'espoir , poussière d'été . Odeur de rentrée des classes , elle aime , la luminosité du ciel , la couleur roussie des arbres , les vêtements neufs , les cahiers neufs et la vie qui revient après les longues journées d’été , à faire la sieste , sous le noyer au fond du parc . Elle est comme ça , elle aime ce que les autres n’aiment pas forcément . Accompagner ses enfants à l’école . Se rendre utile . Voir d’autres Mamans , faire partie d’un groupe .Autrefois était une vie bien remplie . Elle était utile .Elle était jeune . Lettre d'une amie savoyarde , jolie , sportive , impertinente , libre ou libérée . La montagne est magnifique avec toute cette pluie tombée, des fleurs comme jamais. Hier j'étais seule, je suis donc montée derrière chez nous avec un pique nique,jusqu'à 1800 mètres, vers un refuge d'alpage où le paysage est reposant. Le sentier débouche sur des prairies, on voit le chalet niché dans cette verdure. Au loin les chaines de montagne de Bauges où je peux repérer les sommets déjà fréquentés ou qui me tenteront une prochaine fois. Avec la fonte des neiges, plein de cours d'eau se forment partout dans l'herbe et la mousse, et c'est comme un concert d'entendre ces petites chutes d'eau autour de soi. Les fleurs, avec l'humidité et l'oxygène, sont extraordinaires de couleur. Des tapis de pensées partout, des gentianes, des renoncules, des trolles gonflés, jaunes et brillants comme de l'or...Quand j'ai eu faim je me suis arrêtée sous le seul sapin que j'ai trouvé avec mon livre de fleurs. Quel bonheur ! Mais ensuite il a bien fallu aller retrouver la civilisation... Comment vas tu ? Tu as repris le travail maintenant, ce n'est pas trop dur ? Tes derniers examens sont bons ?J'imagine que ton jardin aussi doit te donner pas mal de sujets de satisfaction et la nature autour de chez toi avec tout cet humus exhale des parfums incomparables. J'attends de tes nouvelles avec impatience et je t'embrasse bien affectueusement. Jo. Notre père qui est aux cieux . Une douce journée , temps chaud et puis de l'énervement , certainement tous ces problèmes techniques , le web , l'informatique ,le téléphone , quel stress et pourtant cela ne le devrait pas , ce n'est pas important les problèmes matériels ;je pense à toi , si loin , si éloigné de nous : toute cette distance que tu as mise , depuis si longtemps ,toi le gentil garçon doué pour les relations humaines, si doux , qui ne voulait pas d'histoires, tu étais quelqu'un de tolérant , d'ouvert , d'humain n'aimant pas les conflits . Tu aimais ta famille et tes amis . J'ai peur de ce ciel bleu , il me rappelle qu'il fait beau et que je ne peux pas partager cette beauté , cette maison avec vous ; je me sens seule , inutile , frustrée , en colère contre moi-même et le monde entier....tout à l'heure il sera là et la machine repartira ; je mettrai la table , il boira sa bière du vendredi soir , il sera heureux , le chien aussi .Tout sera normal , en apparence . Les oiseaux gazouillent , l'herbe est haute . Les cerises mûrissent , plein de fleurs , multicolores décorent toute cette verdeur , c'est vendredi soir sur la terre , le temps s'arrête , les fleurs ferment leurs pétales et nous nos volets .On a été jugé sur des attitudes , des écrits ,conflit fait de non-dits , on ne s'expliquera plus ; plus envie , envie seulement de rires et de chansons , croire au bonheur , partager le ciel bleu avec des êtres que j'aime , sinon un ciel bleu toute seule , c'est cruel , je pense à la garrigue de mon enfance , au bled , au Maroc , à toutes ces choses , à tout cet espoir que nous avions en nous .Vendredi 6 Juin 2010 , je m'ennuie de vous , ma vie avait un sens .... avant ! Cœur à rafistoler , ventre mou , regard vide ! Soleil implacable, mon cœur est plein de trous , ma vie est insipide , les grillons chantent dans ma tête ,j'erre comme une âme en peine, j'ai du temps à tuer , du temps de ma vie, je ne vois rien ,je ne pense qu'à cette douleur en moi , je rode et je me décide enfin à manger dans un self , mes yeux tournés vers l'intérieur , je me sens sordide , vie sordide , mère de , je rampe , je suis dans les égouts ; le soleil tape , le ciel est bleu glacier et mort dans mon âme ,sortir de ce trou à rat ; rdv chez le toubib , envie d'éclater en sanglots ; je me contiens , je joue à la fatiguée , à l'âme triste , à la mère tume , la reine des glaces , la mère idienne , l'éclopée ;le toubib me regarde avec indulgence et indifférence ;vite je me sauve , dans ma tête , les arbres défilent , amis inconnus , avez-vous donc une âme ? la mienne est si petite , le bout de mon chemin , ne rien dire , ne rien demander , ne pas se regarder . Mon père , tu m'as mise dans une de ces galères ! Tu aurais pu me laisser cellule. Une idiotie de plus. Réveil à 3 h du matin malgré 2 cachets ! Epuisement , que c'est long , parfois , la douleur de vivre . Je t'aimerai toute ma vie , même si tu ne crois que je ne t'aime plus , l'amour d'une mère n'est pas une denrée périssable , penses aux mamans baleines et à leur baleineau , quels dangers , elle affronte ! Lettre de Jo , mon amie sportive ; ça y est, nous sommes en Automne et nous allumons la cheminée....mais les noix, noisettes sont encore bien tombées cette année et nous nous régalons..Il fait froid chez vous ? Ici la neige est tombée l'autre nuit et les sommets étaient magnifiques. Dimanche, nous irons à St Georges d'héritières pour la fête du cidre et manger le pot au feu...c'est un joli village à 700 m qui domine la vallée et en face la montagne qui s'élève et on a une drôle d'impression comme posé là en équilibre entre ces différents dénivelés. Parles moi de toi, de ta santé. Je t'embrasse bien affectueusement. Didine et son chocolat , une femme, en 1994, 47 ans , en début ou suite de solitude , une femme déjà dans l'alcool , une femme seule , une femme abandonnée , démunie , une âme esseulée , une poupée sans cervelle ,une femme-enfant , qui avait tout dans ses mains , l'énergie , les fils , le compagnon , il eut fallu un confident , pour la tirer d'affaire ... une mère ... une amie intime. Qui se souciait d'elle ? personne ! sauf ses fils . Elle avait déjà la réputation d'être une empêcheuse de tourner en rond. Je montais l'escalier , fébrile , le cœur haletant , j'ouvrais la télé et je me jetais sur un morceau de pain , de beurre et de chocolat , tout en regardant "les aventures d'Emilie" à la télé, derrière le volet en persienne , je mangeais avidement, sans respirer , les mains tremblantes ...une malade ! C'était un moment de répit , ensuite je repartais au boulot comme une ouvrière , derrière sa machine . Moments tristes , terrifiants . Je compensais l'absence de mon ado , parti en internat , mon grand au service militaire , c'était l'absence de vie , le néant . La maison était silencieuse , confortable , colorée , mon cœur battait la chamade ; parfois assise sur les marches de l'escalier de bois , dans la luminosité du soleil couchant , je réfléchissais , dans le tumulte des voitures sur l'autoroute; je tentais de rassembler ma vie qui s'éparpillait dans tous les sens , je voulais prendre de grandes décisions comme arrêter de boire : vide intérieur, manque de confiance en moi, manque de concentration , peur au ventre , indécision ,solitude mal acceptée, et le manque des autres , de ma famille , de ma fratrie , des amis d'avant , l'envie d'être avec eux ; toujours l'envie d'être ailleurs , d'être autrefois , petite âme triste et médiocre , mal terminée. Tenter vainement de combler les trous de mon âme ,trouée de doutes .Aujourd'hui , c'est mieux , je jouis du soleil et des fleurs de mon cerisier. J'ai accepté l'impermanence , "comprendre correctement la nature de l'impermanence : c'est en saisir la révélation profonde " , écrit le dalaï-lama. "ce qui était , n'est plus , tout change .. "Avant : j'attendais , j'espérais , j'étais dans une espèce de continuité du passé , j'avais eu des enfants , je pensais qu'ils continueraient d'être un cadeau de la vie , je me suis accrochée de toutes mes forces à cette croyance , à mes principes , à ceux que j'aimais , j'ai toujours cru que je pourrais contrôler mon destin , que la vie était le reflet de ce que je lisais dans les livres , " Alice au pays des Merveilles ", « Et le miroir se brisa » , "Le Pays Du Dauphin Vert " , j'avais de la fougue en moi , de l'impétuosité , de l'énergie ; Après : j'étais dans une quête absurde, la quête du bonheur , j'y ai perdu ma sérénité , ma santé mentale et physique , ma vie ; il y a eu des passages à l'acte dangereux ,j'ai perdu mon équilibre (que je n'avais pas !) et mes illusions ; j'ai mis toute mon énergie à nourrir l'illusion qu'un jour , je contrôlerai ma vie ; je suis dans un dérapage total ; je ne demande plus que le retour à la sérénité , l'oubli , le calme ,une vie paisible ; ne plus être dans l'angoisse , la frustration , le questionnement ; je ne veux plus comprendre d'ailleurs, trop de fatigue , je veux vivre ...même mal , même rien , même une feuille , un petit caillou en forme de cœur , de bébé emmailloté , de losange , une amusette...pour jouer le long des criques du lac d 'Aïet Aoua , je m'inventais une histoire de fées , peut-être . Abandonner ce qui n'a plus lieu d'être pour aller vers ce qui vient ,même si c'est une réalité normale , banale , monotone, comme les sanglots longs des violons ! même si l'absence de ceux qui m'étaient chers , fait tressaillir mes narines , bourdonner mes oreilles , trembler mes mains , grelotter mon cœur ; d'autres êtres chaleureux sont venus à moi . J'ai reconnu ces vraies rencontres , ces signes . Lâcher prise , ce n'est pas adapter les choses à ses propres désirs mais prendre chaque jour comme il vient et de l'apprécier . Craindre moins et aimer davantage . Ne plus m'occuper de ceux que j'aimais tant ; les laisser gérer leur propre destin. Ne plus les craindre . Les laisser vivre . Arriver à faire le deuil de quelque chose à quoi je tenais ! moi , la tigresse , l'effrontée , la décoiffée, la tourmentée , la sauvageonne , la follette , la déséquilibrée ; celle qui saute de pierre en pierre , dans le torrent , sans glisser , sans tomber , la drôlette , la petite fille qui avait honte d'elle et de ses parents , et qui a cru , pouvoir se fabriquer une vie idéale avec de l'amour-toujours , de la confiance , et toutes ces tonnes de bonheur qui se sont scratchées dans un abîme d'incompréhension . Tellement de gens m'ont aidée ces dernières années ! J'ai eu sur mon chemin de vie , des âmes honnêtes , simples , fières , aimantes. Je dois , non pas, pardonner mais mettre mon attention sur ce qui est ici et maintenant. J'aime mes enfants , la famille qu'ils ont fondée , je ne sais pas le dire, je n'ose pas , je le dis mal . Barbentane en Provence : Avril 2010 . Vous poussez un haut portail rouillé , vous débouchez sous de hauts pins d'Alep, qui s'élancent vers le ciel , à vous donner le vertige , ils peuvent atteindre 20 m de haut, et vous donner le torticolis ! difficile à prendre en photos , le tronc est lisse ,gris clair , et penché ! le haut est une grosse touffe dense ; autour dans ce grand parc , des arbres de Judée ou gainiers , avec de belles fleurs parfumées , rose vif , des lilas lilas, des oliviers , la maison provençale apparaît , fenêtres surmontées de tuiles , volets bleu clair , c'est beau ..... la brise souffle le parfum des fleurs et les sonnailles du troupeau tintent , on dirait un concert de percussions avec de l'autre côté les grenouilles qui chantent : magique ! Une petite maison aux volets bleus , une terrasse abritée par une treille . Regarder le Rhône et son eau verte , le Palais des Papes, c'est comme un vertige : le rocher des Doms , tellement génial , le ciel bleu ; la certitude d'exister et de toucher la liberté d'être , même si demain est différent . Les vagues de larmes de la mère , noyée de chagrin. Ecrire pour ne pas mourir , écrire pour trouver seule sa vérité . Les écrivains sont-ils tous de grands solitaires ou de grands souffrants , affichant un visage lisse et un cœur en bouilli . Je ne suis pas un écrivain , j'écris pour me faire du bien . Ecrire , c'est ma façon à moi de m'exprimer, d'exister , je me parle toute seule , je cherche ma vérité ; c'est sûr , je ne suis pas une bonne oratrice , je suis interrompue , les gens parlent plus fort que moi , ont le dernier mot , je suis une personne secrète, je me ferme comme une huître dés que je me sens agressée . Il me semble que je ne comprends pas beaucoup les situations , les évènements , les personnes , leurs caractères , leurs vies . Je ne réagis pas dans le bon sens , je suis impressionnée , intimidée , émotive , sur mes gardes, je dois travailler sur l'apaisement , la zénitude ? A l'intérieur de moi , mon petit cœur fait boum. Je suis cette fille qui dégringole l'escalier dans la maison de sa grand-mère, à toute vitesse , car elle croit qu'un psychopathe , l'épie dans le noir depuis le grenier , et va lui planter une flèche dans le dos (quelle imagination délirante !) , qui se prend l'angle droit de la table en verre. Je suis maladroite en paroles comme en mouvements . J'aurai bien aimé que ma véritable nature soit acceptée par les autres et surtout par moi-même, la réconciliation avec soi ....toujours . L'impression de ne pas exister et de me forcer à paraître uniquement par la force de ma volonté . Je suis un fantôme , j'ai l'air d'exister mais tout mon intérieur est vide. C'est pour cela que j'écris . Je suis enfermée dans ma tour d'ivoire . Pour moi, les paroles c'est trop d'émotions en moi, les mots s'entrechoquent , l'écriture c'est plus dans la réflexion , la douceur . Je m'appelle Sylvette , Pierrette , j'ai un rapport très fort avec la forêt , les pierres , le vent. Un jour , j'écrirai un livre , un petit livre ,puisque ma vie aura été une petite vie plate , de limande . Je me dis voilà , ce sera ma façon à moi de dire les choses ,j'ai pété les plombs , de colère , j'ai perdu la face , le contrôle de moi-même ! Je m'en veux beaucoup d'avoir été cette mégère et d'avoir ressemblé à une personne que je détestais. J'ai eu la même réaction que dans l'alcool : la colère , la confusion, le désespoir et le regard sur moi-même , une horreur ! J'aurai du crier face à la mer déchainée ou toute seule sur le plateau , dans la solitude de la Montagne Noire ! j'avais l'espoir que tout s'arrange , qu'ils me pardonnent ! Le chagrin , le désespoir , cela vous pousse dans vos derniers retranchements , vous vous lâchez comme ils disent maintenant les jeunes, vous ne réalisez pas , que ce qui sort de vos entrailles , comme eux autrefois , est le début du commencement de la punition ,ils savent qu'ils sont tout pour vous , le ciel , les étoiles , le soleil , la nuit , la mer , la forêt , c'est le fondement de votre vie , ils vous disent , on ne veut plus vous fréquenter , vous faites tout le temps la gueule , vous ne nous avez jamais rien appris, vous n'avez pas de projets , on ne peut pas compter sur vous ; vous comptez les coups , vous vous dites , à la prochaine, j'y passe , vos larmes sont pétrifiées de peur . Vous le vivez dans l'incompréhension , comme une trahison ; ils étaient tellement magnifiques , le temps passe , vous courbez l'échine, vous louvoyez, vous marchez sur des œufs et vous êtes sur un chemin de solitude , à droite le précipice ,du dégout ,de la peur , de la honte et à gauche , le désespoir , une forêt noire de chagrin et d'incompréhension. Vous ne comprenez pas et vous allez mourir sans avoir compris. Fin du film d'horreur. Le champ de bataille est déserté, le vent a nettoyé toutes les guenilles d'un amour déchiré. Si seulement , ce cataclysme familial avait pu se terminer vite . J'ai essayé de me reprendre et d'assumer ce qui me reste de temps à vivre. J'ai relativisé : il y a pire, ils sont vivants , c'est l'essentiel .Tourner la tête , relever la tête. Tenter d'oublier . Retrouver une espèce de dignité , de vie normale ! Je pense à "Une Vie " de Maupassant ! Le temps qui passe et cette épée de Damoclès ,cette angoisse qui me ronge . La mort c'est rien , mais vivre avec ces pensées moroses et chagrines . Une coquille de noix dans le ruisseau à la fonte des neiges. J'essaie d'écrire comme je pense , les mots me trahissent parfois, manque de talent . C'est l'incompréhension d'une telle attitude qui perturbe ma raison ; découvrir que derrière les mots , les attitudes , se cache, peut-être un ressentiment ? ils n'ont pas su le dire et moi , je n'ai rien su déceler , trop tournée vers mon propre tourment, trop égoïste , trop soucieuse de mon propre confort . La vérité n'est pas facile à se dire à soi-même , on est lâche alors que ce sont les autres qu'on trouve lâches , erreur de diagnostic , erreur de réflexion , erreur d'aiguillage . Didine est brouillon , sa vie a été un brouillon , elle aurait du continuer à écrire sur des feuilles de cahier , cachée dans son coin , elle se sentait solitaire et elle a trouvé ce moyen , sa pensée suivait plus vite , c'était aussi au boulot , quand elle s'ennuyait ou qu'elle restait seule à l'heure du déjeuner , manque de jugeote de sa part , le web est vu par tout le monde . Pleurer , se tourner dans son lit ....s'endormir et penser à ses enfants sans chagrin, avec de l'amour au fond de soi, je me suis trahie ,fourvoyée moi-même, j'aurai du me faire confiance et leur faire confiance ! Aimer pour aimer , j'aimais mes enfants d'un amour inconditionnel, je les trouvais beaux et intelligents. Le bonheur sur la terre , le paradis . Consolation .Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. Sénèque . Il faut oser ! Il ne faut pas se dire que l’on n’arrivera pas à atteindre un but, il faut être optimiste et se dire que l’on atteindra ce but, qu’on réussira. Si vous n’osez pas, vous n’y arriverez pas. Si vous n’essayez pas vous ne réussirez pas. Il faut tout le temps oser dans la vie, ne pas avoir peur de ne pas réussir, de mal faire ou même de se tromper. J'ai perdu un jouet d'enfance...mais je conserve le souvenir de la personne qui me donna ce cadeau avec un amour inconditionnel. J'ai perdu les privilèges et les fantaisies de l'enfance...mais j'ai gagné l'opportunité de grandir et de vivre librement. J'ai perdu beaucoup de personnes que j'ai aimées et aime encore...mais j'ai gagné l'affection et l'aptitude à prendre exemple sur leur vie. J'ai perdu des moments de vie parce que j'ai pleuré au lieu de sourire , j'ai découvert que c'est en semant l'amour que l'on récolte l'amour. J'ai perdu plusieurs choses plusieurs fois dans ma vie. Mais par cette "perte", aujourd'hui, j'aspire à la valeur du "gain" Il est toujours possible de se battre pour ceux qu'on aime et parce qu'il est toujours temps de recommencer. Le temps de votre vie où vous êtes fatigué n'est pas important. Il est toujours possible et nécessaire de recommencer. CHAPITE 11 . Drôle de vie , drôle ma vie , drôlette , casserole , passoire , bouilloire . Tu es étrangère à toi-même . Tu n'existes pas , tu vis , tu subsistes , tu cherches une porte de sortie , un escalier de secours , une réponse , une aide secourable , en fait tu te débrouilles , tu cafouilles . D'après un psy : le sentiment d’entretenir aujourd’hui de bonnes relations avec ses parents, est du en grande partie au fait d'avoir réglé le contentieux normal que l’on peut avoir avec ses parents , à l’adolescence , et d'avoir accepté de ne pas toujours être d’accord avec eux . La magie des phrases qui résonnent comme des théorèmes mathématiques . Une certitude : aucune relation entre parents âgés et enfants adultes ne peut être neutre . Le tout est d’apprendre à se parler sans se blesser . Il s’agit de savoir marcher sur des œufs . J'essaie , j'essaie , j'essaie aussi de vivre normalement , de continuer à vivre surtout. Je me sens toute seule dans mon coin à vouloir la paix, à vouloir reformer une vraie famille , c'est mon impression , fallacieuse , peut-être , Didine est une poupée sans cerveau . Panne d'essence , panne des sens , panne de cœur. Perte des sens , perte des forces , perte du moral. Sensation de désagrément , de se désagréger . Je cours dans les égouts , j'effeuille les marguerites , je leur arrache les feuilles , je joue mon destin , je me maquille , je vais chez le coiffeur toutes les semaines , mes cheveux ont repoussé tout frisés , et comme , paraît-il , je m'en prends à mon apparence , j'essaie de soigner cette apparence , j'accroche un sourire à ma face de lionne déchue . Une souris verte qui courait dans l'herbe grise pour des prunes. Nous avons planté des rosiers , un rosier liane et un rosier buisson. Nous avons tout pour être heureux , sauf l'essentiel , l'amour des nôtres. J'aimerai qu'un jour la paix me soit donnée et que l'angoisse n'étreigne plus mon cœur ! 1er Avril 2010 . La servante du château regarde au dehors , les rayons dorés du soleil couchant illuminent les arbres , je suis passée sous l'arche du château , j'ai regardé l'église et ses tourelles blanches , avec là-haut , ce balcon abrité ; j'ai prié le ciel , acceptez-moi dans votre giron , je ne sers à rien , je suis prête , il fait si beau , vent glacial , Dimanche c'est Pâques ......... Au fond de mon cœur , le vide , l'abîme ........... Froid, soleil , rafales de vent qui affolent les branches. Aimer mes petits hommes , si tendres et attentionnés , si beaux. Penser à tous ces cadeaux que je reçois. Ces tableaux avec cette sensibilité , marcher seule et profiter . Acheter ciboulette , romarin et ancolies. Hier j'étais avec eux : tendresse , insouciance , légèreté de l'être. Voler comme un oiseau en plein ciel , ne plus être moi ! Pensées échevelées, peau de chagrin , Nini peau de chien : j'habite une maison qui sent le pipi de chat , elle est tout au bout du chemin, nous nettoyons , nous plantons des fleurs et nous soignons nos arbres. Personne n ' y vient . Les pièces sont saines , nous avons fait des travaux , changé nos meubles , tout d'un coup je pense à ma petite Maman et à sa solitude , et bien moi , je suis pareille : révoltée , suicidaire et solitaire. Nous sommes les intouchables , les parias . Cette maison est trop peu visitée .Travailler sur soi , identifier les pensées chagrines et les évacuer à coup de balais. Les mots ressentis douloureusement alors qu'ils sont dit naturellement , normalement , nonchalamment, spirituellement . Evacuer le chagrin ressenti . Je descends au fond de moi , parfois c'est utile , j' identifie le prétexte à chagrin. Parfois , on reste , dépressive comme un haricot vert bouilli et tout est sujet à souffrance : le ciel bleu et brûlant , les coups de vent violents qui brassent les arbres et on pense à .... Yohann , reculant dos aux vagues déferlantes de l'Atlantique , face à Casablanca , emporté pour toujours dans le tréfonds de l'océan , mangé par les petits poissons , lui le beau garçon talentueux et généreux , aux boucles blondes, des yeux bleus perçants , si amical , si présent en amitié, si responsable . Quand je pense à lui , j'ai tendance à me redresser et à m'adosser à lui , tellement j'avais foi en lui , il avait 20 ans et moi aussi. L'été est synonyme de séparations , de drames , de clashs , de conflits , de morts brutales . J'ai aussi souvenance d'arpenter les trottoirs brûlants et déserts de ma ville , le cœur douloureux , sachant que celui que j'aimais et maintenant ceux que j'aime , sont partis se dorer la pilule en bord de mer . Moi , je reste solitaire ; je pense à mon père , à ma mère , à leurs tombes abandonnées . Je rêve de cueillir les fruits de l'été , mais là où il y a ma famille. Je rêve de repas en famille et de joyeuses tablées avec des plats colorés et des parfums de cuisine extraordinaires. Brasse , brasse, le vent : on se croirait à Bernadou avec les sapins dont les branches voltigent et hululent . Ici mis à part le vent , les oiseaux , tout est calme . Le téléphone sonne rarement , j'ai la chance d'avoir des amies à qui parler. Jeudi 25 Mars 2010 . La jardinière du roi a mangé avec ses deux petits lutins , au Mac , très agréable moment , ne penser à rien. Insouciance , tendresse , soleil . Ensuite , je rends visite à mon amie la belle Sylvie, cancer du sein depuis 10 ans , actuellement métastases au cerveau , c'est difficile , je la connais depuis 30 ans. Elle est belle , dynamique , courageuse , simple . C'est une drôle de chose , la vie . Elle a eu pleins de désillusions , divorce et liaison avec un homme marié pendant 17 ans , un homme lâche , égoïste et très riche . Elle l'a foutu dehors quand elle a su que son cancer s'aggravait . Plus de temps à perdre , a-t-elle dit ! Me voici à nouveau sur les routes aujourd'hui , resto et ciné avec une copine , très bavarde , je vais écouter mais ce soir je serai gavée . J'ai quelques complexes , je sors sans perruque , mes cheveux sont très courts ! Je me sens moche , drôle ! Son mari est ingénieur , ils ont un niveau social supérieur au nôtre , que c'est bête d'être complexée , ce sont des personnes de valeur . Gommer cette histoire ,gommer les ratures , revenir au temps d'avant , quand nous étions heureux . Laissons partir ces pensées , comme des papillons. Le temps est loin de nos 20 ans , des coups de poing , des coups de sang ... Rien n'est simple , plus le temps passe et plus c'est compliqué. Ce lundi matin , vague à l'âme , bon week-end mais certainement trop d'efforts physiques , la semaine dernière j'ai abusé du vélo , trop de km , je me suis perdue en forêt , j'ai eu de la chance en faisant le chemin en sens inverse mais c'était long , j'étais assoiffée , épuisée , apeurée, paniquée, la reine des paupiettes ! Encore du jardinage hier , j'ai les reins en compote , les articulations raides ! Hier , mon homme , s'est énervé sur une porte , qu'il devait remonter , c'est un incident mineur , je sais , mais comme il était fatigué et démonté , comme cette porte qui était la finition de notre salle de bain , refusait de remonter sur ses gonds (comme par hasard un dimanche soir ..., il m'a incendié et m'a traité de bonne à rien ( moi , les portes c'est pas mon truc ) ; il était tard, minuit ! je suis allée me coucher ,des bleus à l'âme , dépitée ; il y a des jours comme ça ..... tout dérape dans notre vie , le moindre des travaux de rénovation tourne à l'arnaque , aux complications . Que des problèmes depuis quelques années , rien ne se passe tranquillement ! Depuis des années rien ne tourne rond ! Je pense que c'est la vieillesse ! Avant , on était insouciant , les problèmes se présentaient mais se résolvaient , tout seuls ! maintenant un problème remplace l'autre et là je suis prisonnière d'une toile d'araignée , tous ces efforts pour se retrouver gros jean comme devant ! Misérable , honteuse , humiliée , fatiguée , vidée . " Cette chose "a détruit nos vies , même si on est vivant et si on continue en faisant semblant . On s'est habitué , comme dit la chanson « on n'oublie rien de rien , on s'habitue c'est tout ! ». On est bien à l'écart dans notre coin , mais on se méfie !Hier soir j'étais dans mon lit , bien fatiguée et bien seule , envie de tout foutre en l'air. Envie d'invoquer les morts ! Je vais ranger ma maison ce matin et faire une escapade en ville . Je vois une amie de très longue date , on mange ensemble et on va au cinéma. Je suis vermoulue comme une porte , comme une charrette , une brouette, un escalier ! Lundi 15 Mars 2010 . Le chemin de Papa . Je suis née dans un massif montagneux , rude . Dans une ferme sans confort ! Quand tout ce cirque a commencé , j'avais rencontré ma psy qui m'avait dit que j'étais tiraillée, entre eux et leur père . Je nous en voulais de ne pas savoir gérer ce conflit , ne pas oser tirer les choses au clair , affronter ces fils à découvert , être lâche . J'ai écrit un blog , c'était stupide , insensé , irresponsable ; j'ai étalé ce que je ressentais, erreur fatale, j'étais en colère , une colère stupide, irrépressible , hystérique , suicidaire . J'aurai du me taire , affronter leurs regards et mon propre regard sur moi-même . Ce n'était pas ma vérité, c'était des lamentations , du chagrin fou , j'ai exagéré comme toujours, fille des excès ! Mon neveu manipulateur a alerté mes fils , gros micmac , le commencement de la fin , j'étais dans le désespoir le plus absolu , je n'écrivais pas contre eux , je n'écrivais pas pour eux , pour qu'ils me lisent , ils l'ont lu sans me le dire : affolement, hystérie , souffrance, j'ai attendu si longtemps d'eux une explication claire ; c'était pathétique , j'aimerai être morte, ou exister sous une autre âme, dans un autre pays . Là : pas d'amour , de réconciliation, d'explication. No man's land. Comme une grosse blessure sanguinolente qui ne cicatrise pas . Mon enfance a été chaotique , mère en addiction alcoolique , usée par sa famille nombreuse , père militaire , nombreux voyages dans le cahot , la précarité, la frustration affective. Je ne suis pas une femme évoluée , je suis instruite mais toujours prête à accepter l'avis des autres . Je me croyais dans mon droit , j'étais simplement une mère indigne , encore une fois , j'ai imité ma mère .. Quand Papa a posé ses bagages , il était trop tard , il est mort 2 ans après. Nous tous , nous avons ignoré , cette avancée du temps , ce destin fracassé . Nos fêlures sont restés à l'intérieur , nous avons assumé ce choc . J'ai suivi des études supérieures , je me suis mariée trop vite ,je suis restée à la maison ,pour élever mes enfants ,je me suis ennuyée , j'ai bu par ennui , solitude , immaturité ,et j'ai arrêté par volonté , envie de vivre et nécessité (la société et ses dictats, ses codes ). Notre belle maison sous le soleil , ce grand jardin où je me promène en solitaire, aujourd'hui devrait me réconforter . Il y a une loi , les grands mangent les petits , place aux jeunes comme dans un troupeau . Je vais enfourcher mon vélo et pédaler dans la campagne. L'air frais chassera-t-il ma tristesse? Faire du sport contribue à se changer les idées . 10 Mars 2010 . Il était une fois une maison à l'écart des routes . Soirée solitaire, soirée douceur , je pense à ma promenade dans ce chemin de campagne, la chouette qui hululait au loin et le vent violent qui déclenchait des mugissements dans la haie , comme c'était étrange avec ce bruit sourd dans le portail en fer , les chevaux stoïques dans leur pâture boueuse ; on s'attendait presque à un passage de branches ou de tôles ,portées par les bourrasques . Il n y a personne à la campagne , en semaine , l'hiver . Je me replonge à chaque fois vers le passé , drôle d'idée. J'ai mangé du chocolat noir , drôle d'idée aussi , mes intestins malmenés par la chimio , n'ont pas aimé et toute l'après midi , j'étais nauséeuse et furieuse contre moi-même , envie de dormir. En colère contre moi , manque de tonus. J'ai ramassé du bois pour allumer le feu et j'ai éclaté de rire , quand tout d'un coup , une dame avec un bonnet à oreillettes , comme Dingo , m'a surprise . Je me sentais prise en faute , quelle idiote , je riais bêtement . Je suis rentrée avec mon fagot . J'ai aimé le mettre dans mon grand panier. Petites choses de rien , petites choses de tous les jours. Dame souris trotte menue et se console d'un chagrin gris , en ignorant le mal. Le chagrin se cache dans le froid, j'aimais ces jours où on se voyait , ma vie d'alors était normale , chaleureuse .Faire mon testament , leur dire combien ils me manquent ! Le froid de l'hiver ne fait pas peur . Le soleil d'été glace mon cœur, car je pense à toutes ces vacances passées sans eux , cette vie gâchée sans eux . Cette mer sans poissons , sans sel , sans vagues. Cette forêt silencieuse , cette chouette triste . Un jardin , une bibliothèque . Elle parle toute seule à des personnes sans visage , elle s'imagine qu'elle pourra expliquer la peine profonde de son cœur , qu'elle pourra tout expliquer , tout éclaircir ? ou bien tout simplement s'apitoie-t-elle sur elle-même ? Les dialogues avec soi , sont source de malentendus , d'erreurs fondamentales , d'interprétations tragiques. C'est du laisser aller, de l'égocentrisme . Erreur fatale , blessure d'amour propre, orgueil mal placé ! souviens-toi de ces matins d'été ,où tu te mettais dans un fauteuil , après avoir bu du whisky , tu partais vers des chevauchées irréelles , tu étais bien peut-être? tu étais soulagée , seule , tranquille , mais tu étais dans l'erreur , dans l'errance , dans la souffrance intérieure , tout le monde s'en foutait , la seule chose que l'on demande à une femme ,une fille , une mère , une grand-mère , c'est de tenir son rang , ne pas faire de vague , pas un mot plus haut que l'autre, c'est ça la vraie solitude , être toujours là où les autres vous attendent ! et ne pas être à sa vraie place , celle où on existe vraiment . Peut-être que c'est ça le suicide virtuel ? aller à sa vraie place , le néant , le rien du tout , la gamine sale et moche. Aujourd'hui , le temps est glacial , pulls , chauffage et café brulant n'arrivent pas à te réchauffer . Tu te sens seule surtout parce que tu n'as personne à qui te confier. L 'alcoolisme , c'était ça aussi : une plage déserte , une planète déserte . Se sentir si mal car dans l'impossibilité d'exprimer son mal être . Les petits lapins en chocolat iront sur le bord des fenêtres , dans l'anonymat d'une nuit noire et froide. On ne remonte pas le temps ; quand tu vas au plateau , les grands sapins noirs ont fusé vers le ciel , serrés les uns contre les autres , il n y a plus de perspective , rien que des aiguilles acides , des ronces et du sombre. Sinistre .Il faut regarder derrière soi pour voir la chaîne montagneuse , les pics neigeux , la lumière .Avoir de la peine et la cacher , se parler à soi , dans le fond de son lit, se consoler ; imaginer un dialogue où elle parlerait comme elle était avant. Domaine de la folie . Rester debout. Pleurer un peu sans larmes , prendre ses RDV , faire le nécessaire , suivre les instructions du docteur . Toute action entreprise par les êtres humains est fondée soit sur l'amour, soit sur la peur, et cela ne se limite pas aux relations personnelles. Chacun des choix que tu fais librement, tout cela vient de l'une des deux seules pensées possibles : une pensée d'amour ou une pensée de peur . La peur est l'énergie qui contracte, referme, court, cache, entasse et blesse. L'amour est l'énergie qui s'étend, s'ouvre, envoie, reste, révèle, partage et guérit, La peur enveloppe nos corps dans les vêtements, l'amour nous permet de rester nus. La peur s'accroche et se cramponne à tout ce que nous avons, l'amour donne tout ce que nous avons. La peur retient , l'amour chérit .La peur laisse de la rancœur, l'amour soulage. La peur attaque , l'amour répare. Chaque pensée, parole ou action humaine est fondée sur l'une ou l'autre émotion. Tu n'as aucun choix à cet égard, car il n'y a pas d'autre choix. Mais tu es libre de choisir entre les deux. Neale Donald Walsch Il était une fois le courage et la fantaisie , l'humour, Il était une fois l'oubli et l'indifférence. Il était une fois le soulagement, je suis soulagée , libérée. C'est bientôt Pâques . Année après année , je revis mon séminaire à Saou . Je me souviendrai éternellement de ce séjour sous les pêchers en fleurs alors que la neige s'était mise à tomber, c'était magique , cette association de fleurs et de neige , et nous chantions, nous les filles.. C'était une habitude de chanter , maintenant c'est ringard, c'était un temps béni : Pâques rimait avec résurrection , Printemps, ; préparer les œufs bruns avec les pelures d'oignon, les gouttes de cire de bougie pour les petits points , en peindre , s'amuser à faire des nids , avec de l'herbe , des branches ; mettre des petits poussins , des lapins , le matin de Pâques ,lancer tous les petits avec des paniers pour la chasse aux œufs , c'était du folklore , petites joies ...et se souvenir de cette année où il était né , un lundi de Pâques , que de soleil ! que du bonheur ! Accepter philosophiquement cette situation , ne pas dériver , vers l'ennui , le ramassis de sottises . Mon père disait , ce que disait Montaigne ,un jardin , une bibliothèque et c'est tout ce qu'il faut pour être heureux . Partir vers le pays de mes aïeux .. la Provence chantante ouvre ses fleurs ...et prépare son miel. Sans amour , il n y a pas de réconciliation. Soleil et froidure ! j'attends avec patience que l'on vienne me prendre du sang . Ensuite je pourrais déjeuner ! Lundi 8 Mars 2010 . "Et tant de choses sont mortes dans mon cœur." Il y a des jours où, quand le jour se lève, On voudrait rentrer tout au fond d'un rêva Et puis, soudain, lorsque le clocher sonne, Il y a des jours où l'on n'est plus personne. Et quand on pense aux gens qu'on abandonne, Il y a des jours où l'on n'est plus personne. Ma mère me disait : "Tu crois cueillir la fleur d'éternité Mais, dans ta main, elle meurt. Et tant de choses sont mortes dans mon cœur." Ma mère me disait : "Te restera l'amour. Il faut donner sans attendre en retour Tout ton amour. Tu le verras un jour." Virginia Woolf écrivait : On n'échappe pas à l'enfance, elle rattrape et ramène, étendant loin ses radicelles, ses lianes fines qui étreignent. Envahissant buisson des émotions premières. Les souffles légers d’autrefois sont devenus vents de terre. « Je reviendrai par les sentiers frissonnants sous les voûtes des feuilles de noisetier, écrivait Virginia Woolf dans Les Vagues. Je reviendrai par le jardin de la cuisine, et je verrai les feuilles de chou recourbées perlées de rosée, et la maison dans le jardin aux fenêtres aveuglées de rideaux. Je monterai jusqu’à ma chambre et je prendrai mes affaires, enfermées avec soin dans l’armoire : mes coquillages ; mes œufs ; mes herbes rares. Je nourrirai mes colombes et mon écureuil. J’irai au chenil peigner mon épagneul. Et peu à peu, j’arriverai à la chose qui a grandi en moi. Mais la cloche sonne ; on passe son temps à traîner les pieds. " comme si je souhaitais me concilier mon propre regard lorsque je me relirai plus tard." On écrit pour être aimée ou que les personnes qui vous lisent aiment ce que vous écrivez , on se livre dans l'écriture , alors parfois , c'est vrai , on se livre en pâture surtout si les gens n'aiment pas , c'est le risque. "On est libre , le jour où on a évalué le risque , on a pris conscience du risque , mais c'est accessoire , on est devenu soi, on est responsable de soi et libéré du jugement des autres ". Ballade dans la forêt vers l'abbaye de Froidmont , vent léger ,un brin de neige , je marche avec mon amie tout en discutant , c'est assez génial car nous rigolons beaucoup , le ciel est très bleu et il fait presque chaud car nous avons le vent dans le dos , je m'arrête pour regarder la tête des sapins qui s'agitent , l'abbaye est abandonnée , abimée , elle surgit sombre au milieu des bois , c'est un peu oppressant , nous repartons après avoir regardé l'heure , il faut une heure de marche pour y accéder ; les sentiers ont été écrasés par les chasseurs , on voit des écriteaux « interdit au public ». Le vent glacial se met à souffler par bourrasques , ma tête résiste , je plonge dans le passé. Thé et gâteaux , le sang tourne dans ma tête , je suis à la limite du malaise. Le vent du dehors est entré dans mon crâne ! ."J'aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent ,De ces pierres qui taillent , cachées sous l'eau qui dort ,De ces bouts de ruisseaux qui vous noient de chagrin... " Les larmes coulent dans ma gorge serrée qui picote ; le mot qui revient, c'est honte , humiliation. Partir dans un endroit sûr et calme , le domaine provençal , les Alpilles , le Queyras, une bergerie, un mas abandonné ; ces lieux secrets chers à ma mémoire , ces images d'autrefois. Avoir tant de peine au fond de soi, ces lourds pianos sur les épaules , ami inconnu te dire « sauve-moi , aide-moi », redonne moi de la légèreté, comme un ballon de baudruche. Si seulement j'arrêtais de penser ! être sans penser. Je devrais alléger mes pensées ! Et Nana sur son ballon rouge Fait bondir le soleil d'été ,C'est si bon de ne pas penser ,Calor que calor la vida Et Nana sur son ballon rouge ,Fait bondir le soleil d'été ,C'est si bon de ne pas penser,Calor que calor la vida ,La chaisière s'est endormie ,C'est midi au paradis ,Guignol a pris son bâton ,Le manège tourne en rond,Dans ce monde ou tout bouge ,Dans ce monde ou tout est rouge ,Le préfet joue du tambour, L'amour sera toujours l'amour. La grandeur vient de l'apaisement . Un lac et ses clapotis de vagues calmes . Journée de joie , de partage , d'insouciance. Bonheur partagé , légèreté de l'être . Même la pluie était bonheur, les giboulées de Mars ont cinglé mes cheveux rasibus , j'ai l'air d'un mec ..., peu importe. C'est secondaire. L'essentiel est invisible pour le cœur. Une mère ne peut désaimer ses enfants, elle peut souffrir en silence , elle y pense tout le temps, mais tout ça c'est du passé , n'en parlons plus et chantons en nous-mêmes , cette chanson de Françoise Hardy. Je vous verrais ,dans chaque adorable jour d'été , dans tout ce qui est clair et joyeux . Je penserais toujours à vous de cette façon . Je vous trouverais dans l'aube . Et quand la nuit va tomber ,je regarderais la lune , et je vous verrais... je regarderai par la fenêtre , dans la nuit, les étoiles dessiner leurs arabesques , je penserai à vous , à mon père , aux jours heureux , aux jours anciens et je serai apaisée. CHAPITRE 12 . 23 Février 2010 . Fuir le gris , fuir le triste , croire en soi , aimer sa vie , ne plus s'excuser , ne plus se justifier . Avoir le droit d'être moi , telle que je suis , gaffeuse , maladroite , caractère de cochon. Mais aussi spontanée , vive , généreuse , aimant réellement les autres et aimant réellement les contacts , la compagnie. Tenace , courageuse , volontaire . Là où je me suis fourvoyée : naïveté , confiance aveugle , bêtise , ignorance , maladresse, impulsivité. Silence sépulcral , réflexion , méditation profonde , prendre sur soi , vieillir dans la dignité , regarder à l'horizon , oublier , faire du tri , lâcher prise , mettre le feu à sa mémoire , oublier c'est guérir , c'est un pas de plus vers la liberté. Exister telle qu' on a envie d'être ! Sauter au-dessus des barrières , repousser ses limites , faire sa révolution personnelle , cesser de penser aux autres , à eux . La danse des étoiles , le ballet des soucis , les colliers de larmes , les grelots dans l'âme , glisser doucement sur cette peau de chagrin . Se satisfaire de sa médiocrité . Tout est relatif . Vendredi 19 Février 2010 . Lettre ancienne et oscillante , qui n'a pas été postée , j'avais peur d'aggraver une situation déjà désespérée ; j'ai gardée cet écrit , une forme d'espoir pour moi ? Le petit si tendre , a disparu. Il reste un grand costaud qui ne m'aime plus .Il y a un an aujourd'hui , j'entamais ma première cure de chimio ,et en rentrant le soir , terrassée par les produits qui circulaient dans mes veines , je trouvais sa lettre signée Furax . Je n y croyais pas , j'étais anéantie ,déboussolée , détruite, hébétée . Je lui ai téléphoné immédiatement , comme une fille impulsive et idiote que je suis , une mère qui croyait avoir encore des privilèges de mère , cela a été pire ! Il a été méchant , il criait . Il m'a fait la morale ! je titubais , ivre de chimio , de VSL, d'odeurs diverses , la table à repasser couverte de linge , des papiers empilés sur le bureau , une fatigue immense sur moi, l'envie de m'envoler , de me dégager du pire des cauchemars, les plaies à droite et à gauche de ma poitrine , mais le pire c'était le mal à mon âme , l'horreur d'exister dans une telle vie de dégout et de souffrance et je pensais à ma mère quand elle hoquetait dans ses ivresses blessantes , la vie m'avait rattrapée au tournant . Aujourd'hui , je prends la plume , je me dis : essayons de trouver les bons mots , je sais d'avance que ces mots , reflets de mes ressentis et de ma vérité personnelle , seront mal perçus et mal compris. Le manque de confiance en soi , vous fait bredouiller , bégayer . Penser normalement pas comme une Maman fragile et la mort dans l'âme et le corps . La journée de tous les dangers. Pourquoi ne suis-je pas morte , à cet instant-là ? j'étais maudite . Dans la vie , il y a des moments fatidiques , fatum le destin. Et moi , je suis comme un insecte qui se cogne . Mon petit , mon grand , je t'aime beaucoup , j'aurai bien aimé que la tendresse qui nous unissait ne soit jamais détruite , nous aimions ta façon d'être . Nous aimons aussi ton frère , d'une manière différente, peut-être ? Était-ce répréhensible ?Pourquoi avoir à se poser tant de questions lancinantes? j'ai été violente , en colère , hystérique ! Les parents n'ont pas à se justifier de leur manière d'aimer différemment , on a fait ce qu'on a pu avec les personnalités que nous avions , avec nos qualités et nos manques , certainement que vous pensez faire mieux que nous , tant mieux ! J'ai perdu un peu de ma vie , de mon identité , de ma joie de vivre , de ma confiance en la vie , du peu d'estime que j'avais en moi , quand toute cette histoire a commencé ; il y a en moi un grand chagrin , chagrin qui s'apaise avec le temps qui passe , la vie qui passe ; le cancer a été une épreuve moins importante que le désaccord et les ruptures familiales ; je refuse de me justifier . Quelque part tout cela ne m'intéresse plus, d'abord je ne saurai pas ; je suis anéantie par ma propre bêtise et mon incompétence de mère et d'être humain . Le silence vaut mieux que les mots inconsidérés . J'écris comme je pense , comme je sens et c'est un tort . La sincérité , l'impulsivité , la spontanéité sont un luxe ou une bêtise , je m'interroge cependant sur les raisons qui ont fait dérapé ma communication avec les autres , ma vision de la vie , mes drames intimes, je me demande souvent, si j'ai péché par orgueil , par méchanceté , par insouciance , ignorance , inconscience , ou tout simplement par bêtise , cela se passait bien , sincérité des sentiments ,et bonheurs partagés. Un jour le bouchon a sauté, le volcan a bavé ! Le volcan c'était moi , je n'ai pas su contenir mon chagrin , mon amertume, le lac de larmes qu'il y avait en moi . Je me suis donné en spectacle , j'ai fait mon cinéma , j'ai été chercher au fond de moi , tout ce qu'il y avait de mauvaise anxiété , un rocher qui roule , une avalanche de culpabilité , un souvenir ancien qui faisait mal . Cette chose est sortie . J'ai tout détruit dans mon explosion de colère , la honte m'étouffait , le désespoir aussi . Je me suis détruite ! Si j'avais pu ou su mourir ! J'ai basculé dans mon enfance déglinguée et dans toutes ces situations dramatiques . Recommencer encore et encore la même tragédie . Etre celle qu'on abandonne au bord du chemin , au fond de sa chambre , en haut de son arbre . Celle qui n'a pas droit à la parole , à l'attention des autres . La fille oubliée , la fille qui n'existe pas dans la nichée , dans la famille , la bande de copains , le cercle social . Aussi par sa propre faute , mais ça c'est le plus dur à accepter , c'est du travail sur soi , c'est accepter le froid de l'hiver , la force du vent , les paquets de mer . Je suis un rocher face à une mer furieuse et je suis terrifiée. "A Toi la gloire ô ressuscité , à toi la victoire pour l'éternité" . Voila ce cantique merveilleux que nous chantions sous les pêchers en fleurs sur lesquels les flocons de neige tombaient . La mort est un repos , une paix , un terminus .J'étais exigeante , c'est sûr , je voulais tout et tout de suite. J'exigeais des gens que j'aimais qu'ils soient comme j'eusse aimé qu'ils fussent ! Mon drame c'est cela . Les gens ne changent pas pour vous faire plaisir . C'est cela , l'inaccessible étoile . Courir après sa vie , tenter de réaliser son idéal , vieillir c'est être fatigué de courir . Fatigue morale et physique .L'exigence nuit à l'amour des autres et à la vie commune aussi , porter en soi des exigences , s'attendre toujours à ce que les autres se comportent comme vous l'espérez , et se ratatiner comme une poussière d'étoiles qui s'éparpillerait dans la nuit glacée de l'hiver . Parfois on commence à écrire une lettre pour s'apercevoir que les mots dépassent sa pensée , les mots sonnent faux. Vous écrivez quelque chose mais vous vouliez exprimer autre chose , c'est comme quand on dit "ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ". Ce n'est pas ce que j'ai voulu exprimer , être trahie par son mode de communication , trop affectif ou trop téléguidé par son éducation , son vécu , ses études . J'ai appris le latin , cela m 'a marqué , m'a aidé , c'était riche de vocabulaire et puis le discours indirect, ce mode d'expression un peu désuet ; j'apprécie beaucoup l'étymologie et cela m'a donné une culture ou une richesse de vocabulaire , ou bien est-ce la lecture ? J'ai beaucoup lu , c'était une découverte sur la vie , mais aussi un plaisir réel de dévorer toutes ces phrases , ces mots . Ensuite cela a été le cinéma mais c'est franchement différent comme moyen de culture . C'est un autre plaisir ou une autre façon de se sublimer , diverses émotions vous submergent , on plonge dans un autre monde , une autre vie . Je suis une fille singulière , une drôlette ! La lecture c'est une évasion totale , cela peut se pratiquer dans la solitude , l'enfermement quand on est à l'hôpital ou qu'il fait mauvais dehors , quand il pleut , quand on se sent oublié des dieux et des hommes, c'est une fuite aussi la lecture , vers un monde imaginaire , un monde à soi, c'est ma façon de voir les choses . De plus , je n'aime pas trop lire avec du bruit autour de moi , je me plonge dans le livre et je ne réponds pas aux personnes si elles me causent ; d'ailleurs je trouve cela impoli que l'on m'interrompe dans ma lecture ; je suis associable , si le cas se présente , je ferme le livre ou je vais lire ailleurs . C'est comme si j'avais peur qu'on me vole mon plaisir .Je suis très égoïste, je ne partage pas , je suis secrète. “Je marcherai dans la lande. Les grands chevaux des cavaliers fantômes s’arrêteront soudain…” « Le jour jaillira quand, ouvrant la porte, je verrai mon père avec ses guêtres, son vieux chapeau. Je tremblerai. J’éclaterai en sanglots. Le lendemain je me lèverai à l’aurore. Je sortirai par la porte de la cuisine. Je marcherai dans la lande. Les grands chevaux des cavaliers fantômes tonneront derrière moi et s’arrêteront soudain. Je verrai l’hirondelle raser l’herbe. Je me jetterai au bord de la rivière et je regarderai le poisson plonger et reparaître dans les roseaux. J’aurai les paumes des mains marquées par les aiguilles de pin. Je déferai, j’ôterai ce qui s’est formé ; la dureté d’ici. Car quelque chose a grandi en moi, au fil des hivers et des étés, sur les escaliers, dans les chambres. Je ne veux pas être admirée . Quand j’arrive, je ne veux pas que les gens lèvent les yeux avec admiration. Je veux donner, qu’on me donne, je veux la solitude, et découvrir ce que j’ai.” Virginia Woolf , autre vertige de lecture , je ne sais pourquoi, c'est comme un trésor , cela m'évoque la nature , les liens et les conflits familiaux . Les mots ont dépassé ma pensée et fracturé ma famille , d'ailleurs ce n'était pas pensé , réfléchi , raisonné ce qui est sorti de moi ! ce n'était pas moi ! Je me suis trompée en tout : en mots , en sentiments , en choix , en conduites . J'étais Jeanne la Folle , l'hystérique , celle que personne ne comprend , je ne suis pas seule sur terre à vivre de tels déboires , je fais partie de celles qui ne s'habituent pas à son destin . J'en fais des tonnes . Je ne lâche pas prise . Mardi 16 Février 2010 . «Un pessimiste fait de ses occasions des difficultés, et un optimiste fait de ses difficultés des occasions.» Harry Struma . Arrêter de me faire du souci , de m ' appesantir sur mes responsabilités de femme et de fille. Il y a eu des échecs , de grosses erreurs de conduite dans ma vie , mais il y a eu de si belles choses. J'ai bien éduqué mes enfants , même si ... j 'aurai aimé que mes enfants restent des enfants aimants, j'aurai aimé vivre en Provence , en famille , pouvoir parler à une personne amie tous les jours , échanger ; je suis mariée mais la solitude me pèse par moments , dans la journée , je m'habitue à cette solitude , cette seconde peau , je lui substitue des occupations , je peux rencontrer des êtres humains mais se sentir seule , incomprise, avoir le sentiment de passer à côté de ma vie , avoir des idées romantiques ou toutes faites . Une belle maison, un jardin , c'est du travail , de la constance ; une relation qui s'abime , c'est aussi parce que on l'a laissée s'abimer , c'est comme une situation pourrissante . Peut-être est-ce cela vieillir ? quand les bras vous en tombent quand vous détournez votre regard ? quand vous chassez de vos pensées , ce que et ceux que vous n'avez pas envie d' y voir ? c'est à soi-même qu'il faut en vouloir , comme dans les Amis Inconnus , on a fait du mal aux gens que l'on aimait vraiment , par inconscience , immaturité , ignorance et on a ignoré aussi le mal qui rodait , on était jeune , naïf. Savoir identifier le bon grain de l'ivraie , je n'ai jamais su ! Penser à mon père en termes clairs, penser aux nappes blanches des repas de l'été , la famille réunie sous la tonnelle de glycine , les longues tablées, les plats appétissants et les propos joyeux, le plaisir d'être réunis tous ensemble , une vraie famille et pourtant ... les traditions ..la sécurité , la tendresse , toutes ces valeurs qui semblent avoir fui. Nous vivons dans une société où les jeunes , les gens ne sont pas heureux . Cela semble se résumer à du matériel (l'emploi , le logement, le climat, le paysage) mais le fondement de nos âmes est triste . Ne pas se laisser dépasser par les événements et encore moins par les réflexions pessimistes. Reprendre les choses du bon pied et partir sereinement à l'assaut de cette belle journée. Pas de noir, ni même de gris, aujourd'hui. Ciel bleu , arbres au tronc vert , branches fièrement dressées , tout un symbole ! C'est paisible .C'est Mardi de Carnaval , j'ai trouvé des recettes de beignets . Ecrire une lettre , la mésange est en pleine alerte dehors , les chats doivent roder , il est temps de donner à manger à tout ce petit monde. ranger ma lettre dans un coffre. Cela ne sert à rien de lui parler , il est dans un autre monde , il ne communique pas , il m'a oubliée . Lundi 15 Février 2010 . Le vent de la liberté souffle plus fort . Extrait . On croit être heureux , on se sent beau , on respire puis le ciel vous tombe sur la tête , c'est la fin des beaux jours , vignes couleur sang comme un 20 Octobre , pleurer ou ne pas pleurer , assumer la malédiction, essayer de respirer comme avant .Si le mal vient un jour frapper à votre porte , mieux vaut savoir une ou deux choses à son sujet. Il y a ce qu'il vous fait et puis il y a ce qu'il vous fait faire .Jadis , je croyais savoir ce qu'on pouvait ou non me faire faire. Le mal, ce n'est pas du tout ce que je croyais, s'il m'arrivait seulement d'y réfléchir. Il y a un complice dans la place, c'est une attaque de l'intérieur. C'est peut être moi ? je suis la complice par ignorance, imbécilité, manque de subtilité , de clairvoyance , comme dit-on bête comme une oie blanche ? ou doux comme un agneau .ça ne vient pas briser la vitre transparente d'une vie comme une pierre qui casse un carreau.. Quelqu'un dans la maison a laissé cette petite fenêtre entrouverte, à peine à peine. La personne qui fait ça ne sait pas elle-même pourquoi. Ou bien ne veut pas le savoir. Du dehors, une main se faufile dans l'ouverture , et la fenêtre s'ouvre en grinçant un peu. L'air froid s'engouffre . Chaque fois que je ferme les yeux pour m'endormir, je continue à voir cette main . Je pense aussi à un serpent, mais c'est récent , je dois voir la psy et lui demander. Je suis maladive ou j'ai une imagination maladive ?Il faut , en parcourant les méandres de sa mémoire, rechercher qui a laissé la fenêtre entrouverte, vous finirez par y parvenir. Vous comprendrez comment vous vous êtres trahi vous-même, à un moment donné qui n'avait à priori rien de particulier, vous avez été naïf, jeune , insouciant, imprudent . Pourquoi te sens-tu coupable, si tu n'as rien à cacher ? De quoi as-tu peur ? Regarde-moi secouer ta vie comme un sac sous tes yeux. Tu sais ce qu'il y a dedans, non ? Regarde ce qui en sort . Il s'agit de votre vie , ou de ce qu'il vous en reste , ou de ce qu'il vous reste à vivre. Et puis il y a ceux qui font pression sur vous sans vous dire ce qu'ils veulent . Vous allez là où vous ne voulez pas aller, mais d'une façon si subtile que vous êtes obligé de céder. Ils en savent plus long sur vous que vous n'en savez vous-mêmes. La pression qu'ils exercent vient de ce qu'ils ne disent pas; Ils attendent , ils attendent , jusqu'au moment où vous n'en pouvez plus d'attendre et où vous feriez n'importe quoi pour savoir pourquoi ils sont venus. Vous éclatez !Ça commence à ressembler à la liberté. Mais la liberté a son prix ! Quand le chantage vient frapper à votre porte, levez-vous pour aller ouvrir. Vous ne trouverez personne. Il n ' y aura que la g la nuit noire, emplie de vent mais sans étoiles. Et déjà le vent s'infiltre dans toute la maison , vous lèche le creux des genoux pendant que vous êtes là, les yeux ronds. D'où vient-il ? La fenêtre du fond ! Déjà, il y a quelqu'un qui s'est glissé par la fente comme une anguille. Déjà , les rideaux se soulèvent et claquent , les portes gauchissent, et les lattes du plancher tanguent comme les planches d'un bateau. Le vent souffle plus fort et la maison commence à bouger sur cette mer qui est là et depuis toujours , sous la croûte de la terre. Et vous avez peur mais vous commencez à bouger vous aussi. Rêve de vie . Une maison aux volets bleus , on peut sortir et s'asseoir sur les marches au soleil , réfléchir ou tout simplement vivre, se dorer , respirer , se sentir légère , normale , c’est un monde bleuté , mélange d'oliviers qui bruissent dans le vent , avec au pied des coquelicots et puis des cerisiers rouges de cerises , c'est irréel de grand soleil, un monde blanc et gris de pierres réchauffées . Ma grand-mère va dormir dans un jardin de pierres ,légère en tablier. J’irai la voir souvent dans le petit matin. Je mangerai près d’elle, assis sur le muret, un raisin couvert de rosée ; j'aimerai rester ici toute ma vie, que le temps s'arrête . Papa aimait cette vie, cette campagne, le raisin cueilli dans la vigne . Ces souvenirs sont mélancoliques et vides de vie , de sons. Le bonheur est une petite chose . Moments de partage et moments de bonheur , Ils sont beaux , étonnés , étonnants , un vrai bonheur , une vraie insouciance , le bonheur c'est cette insouciance, cette légèreté de vivre. Depuis mon arrivée dans la maison, le chagrin ne me pèse plus. Je me souviens de ces longs voyages . Nous descendions vers le Midi par des routes brûlantes, la voiture sentait fort l’essence et j’avais mal au cœur. Nous déjeunions à mi-chemin : le Restaurant de la Côte à Limoges, nous servait pour cinq francs des menus pantagruéliques. Et quand mon père avait sommeil, il fallait lui chanter : « Danse et chante la bohême , faïa , faïa oh .... » . A Bernadou , ma grand-mère qui marchait dehors, sur la terrasse , mon père qui parlait dedans , dans la pénombre des volets entrecroisés, . L’été ne balancera plus de nappe blanche en chemin creux. Dans la salle à manger la radio chantera dans le silence ,un peu plus d’ombre fermera les volets de l’été. Aujourd'hui une fine neige poudreuse a recouvert le jardin et cela a glacé . Je vais faire l'effort d'aller jusqu'à la poste , malgré le froid. J'espère que tu vas bien , que tu as des pensées positives , que tu penses aux jours heureux et que tu ne trouves pas le temps trop long , nous pensons à toi , tu es au fond de nos cœurs. Hier soir , mon neveu , est passé nous voir , il avait besoin de parler et cela ne lui disait rien de rester , seul chez lui , il devait se sentir seul et avait peur peut-être de passer à l'acte sur les friandises ,autant discuter avec moi , j'ai pu lui donner quelques conseils , selon mon vécu. C'est agréable de partager . Voilà , Petite Maman , en espérant que cette lettre t'apporte un moment de joie dans ta journée, de gros bisous de Picardie . Boucles dorées et emmêlées ,regard noir et lointain, salopette d'été ,sandalettes de toile, soleil sur la peau , gamine écervelée, pieds sur la roche chaude, j 'aimerai être encore elle, innocente et transparente. L'enfance est ce jardin mystérieux , maintenant abandonné , ces croix rouillées au cimetière , ces volets qui claquent et ces grondements dans le lointain. L'enfance c'était beaucoup d'occupations , des jeux , des découvertes, pas d'ennui ni de lassitude , courir vaillamment , comme une sportive, et ces journées qui passaient pleines d'ombres et de lumière, tout cet espoir en nous . L'eau qui jaillissait et ces pieds qu'on lavait dans des cuvettes, ces têtes qu'on posait sur des oreillers de plume . Roc du Vié , Bernadou étaient des maisons immenses et mystérieuses , qui fleuraient bon la campagne . Vendredi 5 Février 2010 .Dans la vie tout est signe (l'alchimiste) Humeur chagrine , toutes ces petites choses qui ne vont pas , la parabole qui débloque , la couleur des serviettes de bain qui ne convient pas , les armoires un poil trop petites , mais surtout je crois cet IRM à passer , cela me saoule , remplir à nouveau des questionnaires et perdre sa journée à attendre ; aller à l'hôpital , patienter jusqu'au RDV , subir l'examen qui est long , le radiologue se concentre longuement, refait l'examen , le complète puis vous lâche des phrases anodines mais significatives , c'est probablement rien mais il faudra confirmer par une biopsie , après attendre le CR que l'assistante met un temps fou à taper . .. Quel ennui, quelle angoisse , que de souvenirs , se taper tous les couloirs , odeurs et couleurs d'hôpital , croiser des malades , avoir du vague à l'âme , s'enfuir vaillamment sur le parking et se sentir hébétée , vidée , épuisée . Une limace sur le sable , une exploratrice au Tibet . C'est quoi l'incertitude , l'insatisfaction , cette quête de la vérité. Je n'arrive pas à retomber sur mes pattes , à appréhender de manière rationnelle la conduite de certains proches qui sont flous , de mauvaise foi , ou tout simplement indifférents ! Tout est confus, ma santé , mes relations personnelles, tout va de biais, je suis un crabe ! On arrive encore à cette évidence d'indifférence !tout le monde se fout de tout ! Chacun vit sa vie et basta , les autres ! Et vous , vous êtes au milieu de ce marasme , de cette confusion . Je suis comme une voiture cahotante , tressautant ,hoquetant . Rien ne va ; l'impression que remplacer une pièce ou faire un réglage , ne sera qu'un répit . L'incertitude de l'avenir doit-elle m' empêcher d'agir ? C'est quoi l'ennui ? se dire que le ciel est gris , le temps maussade , la maison froide . L'ennui c'est devoir se bousculer pour avancer , faire comme si ..la vie était normale. J'ai le visage et les cheveux (si on peut appeler ça des cheveux , on dirait de l'étoupe !) oints d'huile d'argan , je profite de ma solitude pour me huiler ! Je dois aussi ne pas tendre la main vers le téléphone , j'ai l'humeur assassine , si j'appelle , je dirai des paroles chagrines et amères , je me dévoilerai ; je vis dans un monde de fous et je vais devenir folle ; j'ai réalisé que je suis l'unique personne à communiquer dans ce foyer (communications vers les commerçants , les artisans mais aussi vers la famille, les amis) et je dois avouer que je ne suis pas toujours fiable , précise . J'ai réalisé qu'il faut parfois reformuler les demandes, répéter les choses , confirmer les RDV par SMS , mail ou téléphone et malgré tout on me reproche de ne pas communiquer , exemple « elle avait dit qu'elle rappellerai pour donner une date » , forcément moi j'avais compris que c'était lui qui confirmerait la date et voilà , aucune nouvelle depuis 4 mois, c'est surréaliste, est-ce-moi qui ait des pertes de mémoire ou de compréhension ? Cela m'ennuie : l'hiver , la maladie , la vieillesse , mon apparence , mes cheveux , ma fatigue ,mon moral en baisse .Je ne suis pas satisfaite de moi , j'en ai marre d'être moi . Au programme : ménage , repassage et courses diverses. Quel marasme , quel programme intéressant !On ne suicide pas pour échapper aux corvées , on se suicide pour ne plus être soi .Je suis polyvalente, bonne à tout faire , standardiste , secrétaire , chargée des relations publiques et familiales , diplomate .Je dois penser à tout, du vaccin pour le chien (mettre gants , ciré épais , prendre un calmant et donner un calmant au chien , oui bien sûr vous ne savez pas ce que c'est emmener un chien chez le vétérinaire , c'est comme emmener un guépard , un lion ou un tigre , c'est épuisant et mortel !) à la réservation pour les vacances (sans savoir la période et l'endroit , c'est épique !).Ma petite vie de galères , de corvées , de solitude morose, ma petite vie de femme en arrêt maladie. Je ne m'ennuie pas , simplement parfois j'aimerai parler à quelque , de mes ressentis, de ma médiocrité , de ma lassitude et de ma fatigue chronique. CHAPITRE 13 . Vendredi 29 janvier 2010 . Je voudrais être une bulle de champagne ou de Perrier , pourquoi pas ? Tomber , rouler , monter , pétiller . Je serais de toutes les fêtes , dans les foyers , quand toutes les lumières s'allument , que l'ombre est dorée , le feu pétille , on est heureux , les regards se croisent et les paroles fusent , parce qu'on est tout simplement heureux de se voir , alors moi , j'ai du mal à comprendre , les gens qui cherchent les complications , Pourtant ....je suis une fille compliquée , cérébrale , timide , complexée ,inhibée , un peu perverse dans le fond , car trop dans la réflexion par moments (par moments seulement !), se demander si ..., douter des autres et de leur regard sur moi , alors qu'ils s'en foutent , carrément les autres , ils vivent leur vie et c'est bien ainsi . Je vais aller en sophrologie , prendre conscience de ma complexité , les os , les veines , le visage ; voyager à l'intérieur de moi , après , je n'ai plus envie de rien , sauf dormir , direction la couette , comme un chat . Surtout ne pas parler , même pas avec moi . Oublier mes ratages , oublier ma vie , être une bulle et penser à Blonde qui cavalait autour du verger , je mangeais mon lait caillé, serrée contre ma grand-mère , j'avais peur ; les sabots résonnaient sur les pierres . Cette peur d'autrefois , ce n'était rien , comparée aux violences psychologiques d'aujourd'hui , je suis terrée dans ma maison , je ferme mes yeux .Je suis seule à pouvoir me sauver de ce néant existentiel. J'ai du mal à cicatriser, en plus ma vie est derrière moi, je n'aurai pas le temps de cicatriser. J'ai bien vu , quand Maman buvait puis quand je buvais , personne ! Ma vie allait tout de guingois et personne pour me remettre dans le droit chemin. Mon frère disait "il y a des coups de pied au cul qui se perdent". On nous élevait comme cela , la gifle, le coup de pied au c.., les mots durs , normal que plus tard je n'ai pas su contenir le venin enfoui en moi , remords ,sentiment de honte et de culpabilité . J'aurai du me taire . J'aurai du fuir . Les mots inconsidérés, les mots vidés de leur sens . Quand s'exprimer est un piège , un risque , une erreur de jugement . Visage de l'ombre , qui me lit , qui es-tu ? Sais-tu mieux lire au fond de mon âme que moi ? Je suis une souris grise qui trotte le long d'un mur lisse et je cherche ma sortie ... il y a les médisants , les mal-lisants et les maldisants. Il y a les gens qui font semblant de ne pas comprendre, il y a ceux qui font exprès de ne pas comprendre ou de faire les choses car cela les arrange , ils portent un masque. je suis tenace , je cherche mes mots ,je m'aide des mots , c'est mon plaisir mais cela a été aussi mon piège , écrire ne vaut pas VERITE , ON PEUT SE TROMPER, j'ai cherché mon plaisir et j'ai trouvé l'excès et le contraire de la vérité. J'aime la solitude mais j'aime aussi la compagnie des miens ,et de ceux que j'aime, confusion des sentiments , changements dans mes envies , pas d'explications, les miens ont déserté ma vie, je dois m'y faire , je dois cicatriser , oublier , chanter , faire semblant , être lisse ! Cela se rapproche un peu de ma vérité , de mon inconstance , de mon idiotie, changer souvent en apparence , mais rester la même au fond de soi ,les multiples facettes d'une personnalité , comme un portrait , comme l'astrologie , de multiples aspects , le côté ombre , le côté lumière , les multiples combinaisons des maisons , des planètes , les aspects contradictoires en apparence mais qui ont une résolution , quand on tourne dans le cercle du thème astral ; se consoler par ce qu'on croit être mieux comme côté. Les Amis Inconnus ont été pour moi , une grande richesse ; ils m'ont appris beaucoup , cela fait 50 ans que je les côtoies . Musique de ces mots que souvent je répète car derrière chaque phrase , il y a un mystère , un sens ;le jour où je trouverai la correspondance avec mon passé , mon enfance , j'aurai fait un pas , peut-être ? j'aurai recollé les morceaux ?Être soi , n'est pas facile , c'est comme savoir d'avance ,qu'on va souffrir ,accepter cette souffrance et cette déception ,accepter d'avoir déçu les autres . Assumer son vrai soi, le courage d'être soi ,tant pis pour les autres , J'avais tellement besoin d'être acceptée , d'être aimée , de faire partie d'un tout ,alors qu'en fait je suis la reine des solitaires. Personne ne me connait vraiment , d'ailleurs je ne suis pas géniale ! La vie ne m'apprend rien ,les journées s'écoulent avec leur lot de joies et de chagrins , parfois je vole ....parfois je rampe. Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres Et loge dans son cœur d’étranges battements Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche Il Qui lui viennent des jours qu’il n’auras pas vécus. Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence Et les mots inconsidérés, Pour les phrases venant de lèvres inconnues Qui vous touchent de loin comme balles perdues, Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux. Extrait des « amis inconnus ». 1934. L'amitié se nourrit de communication , de partage : Ce n'est vraiment pas simple , les relations humaines , les rapports humains . Il y a de la confusion dans ma tête , je crois que certaines personnes me détestent ou me méprisent alors qu'elles ne font pas du tout attention à moi , souvent je crois que tous les regards convergent vers moi , par exemple quand j'arrive dans un restaurant ou que je marche dans la rue , je suis une trouillarde pas possible , alors imaginez ma première surprise-partie , je n'ai pas dansé une seule fois , j'ai fait tapisserie toute la soirée ..,quelle horreur sur le moment et quelle rigolade maintenant, quand j'y pense ! c'est le fait d'être la sœur du milieu , avec des cheveux frisés alors que mes sœurs avaient des cheveux lisses (je crois). Trop de ressentis en moi , de mauvaises interprétations, trop de réactionnel , trop d'émotions négatives , des passages à l'acte impulsifs , je me pensais volontaire , dynamique , j'étais suicidaire,maso , funambule , baroudeuse , je voulais tout et tout de suite , très mauvais. La fille en trop et une personnalité à problèmes . Il faut de la réflexion en toute chose. De la réflexion et du silence . Maîtriser sa parole , ses actes , c'est pour cela , écrire c'est pus confortable , on peut gommer les ratures , les ratages . Aligner les mots , comme aligner les chiffres . Faire le total . Je me suis ratée c'est quand j'ai écrit en trop , c'est comme quand je parle trop vite , je serais partisane d' un stage de silence , dans une abbaye de silence , écouter le vent , le cri de la chouette, le chuintement des branches , méditer sur tout ça . J'ai un problème aussi avec mes humeurs changeantes , mes états d'âme fluctuants , c'est constitutionnel chez moi , mon corps rempli à 80 % d'eau , est une mer déchainée , alors imaginer une cure de chimio , c'est l'horreur absolue , comme si vous étiez suspendus par les pieds et que vous aviez une nausée de cosmonaute mal entrainé ! je me connaissais mal , j'étais dans l'action et dans l'à venir ..Je ne vais pas passer ma vie à m'excuser , cracher sur sa mère c'est comme cracher en l'air , cela vous retombe dessus ,le sourire et la légèreté , voila ce qui me manque ,je suis dans les égouts , je rampe .Je suis moche en dedans dis-donc ! Je cherche la petite lumière , hier temps pourri , plafond bas , et tout d'un coup nuages éclairés virant au beige rosé , cette couleur , je la veux pour la salle-de-bains ! c'était aussi un petit signe du ciel , penser à la journée précédente et à tout ce bonheur , cette légèreté d'âme . C'est comme la nature morte que j'avais faite ,une grosse goutte d'eau qui dilue la couleur, cela fait un pastel et le prof qui me félicite pour le résultat , du au hasard. Une amie c'est quelqu'un avec qui on est soi-même, j'ai quelques amies. Une amie c'est quelqu'un qui m'apporte quelque chose : culture , rigolade , détente, communication, plaisir d'être en vie. Une amie vous transcende , vous l'aimez et vous l'admirez , vous aimeriez être elle . Salle d'attente : Lettre d'autrefois , écrite dans une salle d'attente, en 1994 , j'allais voir un docteur qui a eu honte de me recevoir , je suis repartie avec un mot pour une clinique ,c'est tout , j'étais très seule , j'affrontais toute seule mes démons intérieurs , il a fallu du temps , de la persévérance... Le temps est au soupirs, le temps est aux violons. Le temps ronronne dans ma tête. Qu'ai-je fait de tout ce temps qui est parti sans faire de bruit ? J'ai oublié qui j'étais, j'ai rêvé ma vie ,je l'ai volatilisée. J'ai perdu mes amies , je les ai oubliées , je les ai délaissées. J'ai oublié d'être moi-même, de retenir entre mes doigts , des choses essentielles . La vie c'est du sable qui coule , une vague qui se retire , un nuage qui s'étire , c'est le chant des sirènes , le miroir aux alouettes. J'ai oublié de m'épanouir . Je suis encore une petite-fille . Je rêve encore que le plus beau de ma vie , ce sera demain. Les gens me déçoivent. Mais moi aussi , je me déçois ! Ils sont dans des films miteux , banals . Qui sont tous ces gens qui m'entourent ? Je me sens laide et fatiguée . Je voudrai retrouver la sécurité de l'enfance. Câlin matin Câlin chagrin L'écho de tes pas Le bruit de ta voix Solitude glacée Papier froissé Pluie fine Gazon mouillé Temps suspendu L'amour perdu est une douleur physique . Etre en paix pour un instant seulement ! Comme si tout était normal : le long du plan d'eau , nous avons marché tranquillement , en fin d'après-midi, il faisait beau , les mouettes rieuses s'étaient rassemblées et criaient bruyamment, le cœur à l'envers, les pieds dans la boue , et toujours les mêmes questions . Les oiseaux constituaient une grosse tache blanche sur l'eau et les cygnes , leur derrière emplumé et pointu en l'air , en train de fouiller la vase , qu'ils étaient drôles ! quel spectacle paisible , dans le soir qui tombe , la fraicheur , les familles qui se promènent . Nous échangions des propos sur la vie , la destinée et nos relations humaines familiales , qui se détériorent , s'enflamment ; cela angoisse quelque part , échange sympa au départ , tout d'un coup le vent du désert souffle , le coup du sirocco , nos visages se vident de sang , on aurait du partir tout de suite , cette idée que j'ai eu de vouloir comprendre , temporiser , il m' a aussi arrosé de mots terribles ; nous sommes anéantis, en même temps nous sommes sereins , le summum de l'amertume , du chagrin , nous l'avons déjà éprouvé . N'est-ce-pas mieux d'être seuls ! quelle drôle d'idée ,j'ai eu , pas de conciliation , de réconciliation , simplement un jeune furieux . Sentiment filial qui s'effiloche , on passe du petit nuage doré par le soleil à la boue de l'hiver , le froid et tout ce qui va avec , un sentiment d'insatisfaction , de frustration , de découragement , découragement d'être soi ! On se sent responsable de cette dérive , ne plus aller le voir . Ne pas avoir honte de nous , ne plus revoir ces images humiliantes du passé qui se collent sur le présent ; Au mal que je lui fis , vais-je la reconnaître ? Quand je me sens mal , molle , moche , apathique , je cherche ce qui ne va pas ; je fais le point avec moi-même , parfois c'est un détail matériel qui m'empêche d'être heureuse (mon gaspillage , ces fringues que je vais devoir donner , et ce plombier qui m'a mis en place des éléments qui sont inutiles) et parfois c'est mon sentiment de profonde inutilité , j'ai rangé mon grand placard et j'étais épuisée , car je ne savais plus m'organiser , j'ai fait des piles à emporter ! je suis en colère contre moi-même car j'achète mal ou trop , j'ai honte de faire partie de cette société de consommation . J'achète des vêtements pour une couleur et j'essaie de faire un ensemble , avec les accessoires qui vont avec , finalement cela foire , je perds les colliers , les ceintures ne vont pas et j'utilise les accessoires pour décorer la maison (les grosses fleurs) ; je suis mécontente d'être aussi superficielle . J'ai passé un long moment dans le jardin à nettoyer , le fond du jardin est près d'un ru , il y avait un ragondin mort noyé que j'ai du balancer dans le marais puis je me suis escrimée à égaliser la terre venant du compost , avec une fourche ! Ce n'est vraiment pas mon style mais j'adore cela , le contact avec la terre , l'humidité , les odeurs des feuilles décomposées ; il faisait doux , le glaçon dans le tonneau ne veut pas fondre , il est translucide, l'hiver qui ne veut pas mourir … Distinguer la solitude imposée de la solitude choisie. Libre, je ne suis pas obligée de subir une situation . J'ai abandonné certaines relations car elles m'obligeaient à ne plus être moi-même, Distinguer la conscience spontanée de la vie et la conscience de soi , de sa dignité , à l'intérieur de moi , monte un rire énorme , je me sens victorieuse . Penser à la radiothérapie cérébrale , penser positivement . Ma vie est tellement banale , malgré ce ragondin mort avec ses petits ongles blancs , beurk ! ne pas exprimer ce qui ne va pas , penser aux flammes du feu de ce soir .Le silence est une vertu , le calme aussi . J'écoute Jean-Jacques Goldman , un compositeur que j'aime particulièrement , l'ambiance générale , le passé que cela peut évoquer , comme si on parlait à des amours anciennes , c'est exactement cela , c'est empreint de nostalgie , mais aussi de réalisme ; l'envie de pousser une porte , de décrocher un téléphone , là c'est une lettre qu'on écrit , on est pétrifié par le passé , on aimerait faire le point et dire combien on regrette d'avoir tourné une page , ces visages du passé qu'on ne peut plus revoir , non seulement parce que tous les visages ont changé , les sentiments aussi et on a peur aussi , mais ce texte est si beau. Cette lettre peut vous surprendre . Mais sait-on ? peut-être pas .Quelques braises échappées des cendres D'un amour si loin déjà . Lundi 11 janvier 2010 . J'ai 62 ans . Une abeille un jour de Printemps voletait , voletait gaiement . Une petite chanson poétique douce et « parlante ». Parfois je relis un cahier , j'ai honte de ce que j'y lis, c'était mon cahier intime et je me confiais dans une réalité déplaisante .Essayer de retirer cette peau de serpent qui mue, devenir quelqu'un de bien ? Avril printanier 1995 : le soleil inonde la chambre , ou presque ! Optimisme ou utopie . Grand calme , la chatte est effondrée sur le petit divan ; j'attends que mon homme revienne avec le camion , j'ai fait les courses en vitesse . Un maximum de choses , un minimum de temps et de prix (n'ayons pas peur des qualificatifs), ensuite visite à la bibliothèque , moment de répit ; la bibliothèque est située dans un quartier pavillonnaire, grosses maisons bourgeoises neuves côtoient des petits pavillons gris , tristes, petits jardinets d'ouvriers en retraite. C'est concentrationnaire , calme , un peu stressant ; les jardins se jouxtent , il n y a pas d'intimité . C'est la propriété sans la liberté ou l'individualisme sous haute surveillance. Mon choix s'est porté sur 2 books : biographie romancée d'Eddie Vartan et un livre de diététique bio comme d'habitude ,il ne me servira à rien . La diététique est pour moi , un mystère ; elle demande régularité, calcul , équilibre , recherches de produits frais ,abstraction de mon impulsivité à me jeter sur les aliments sucrés , organisation , sobriété des sentiments. Demain Dimanche des Rameaux , mon homme va sur la tombe de sa mère. Bientôt Pâques , il fait bon ; il y a quelques semaines , giboulées et vent glacé , ciel bleu dur me faisaient songer aux Pâques d'antan . Soleil , froid et pourtant le printemps qui se pointe . J'ai acheté 2 poules en chocolat , en tant que femme , je perpétue une tradition ; les femmes enfantent et soignent les enfants. Je pense à mes enfants , je me sens encore une Maman. La vie avec mon homme est un long fleuve tranquille , remarques blessantes ou mal comprises « quand seras-tu enfin normale ? Tu ne dis rien ! C'est un monument historique ! C'est Victor Hugo ! Un peu , c'est bien ; trop , c'est indigeste .C'est quelqu'un qui a toujours raison, qui critique , au lieu d'agir et voit le grain de poussière mis en évidence par les rayons du soleil ou qui voit que les vitres sont sales car le soleil luit derrière .Je reconnais que je ne suis pas la fée du ménage .Je ne m'étendrai pas plus car ce serait comme du parti pris ; je connais la chanson et le refrain ; je suis dans le chœur à répéter les mêmes phrases ! Il faudrait pouvoir et savoir dire non , sortir du gros de la troupe, sortir du troupeau , et s'en aller son petit bonhomme de chemin , sans se retourner. Ce qui me trahit , c'est mon sentiment de culpabilité permanent. Un sentiment de culpabilité intérieur , inhérent, il appelle cela « mon besoin de me justifier permanent , mon manque de confiance en moi. » . Difficile à soigner ! J'ai peur aussi de l'inconnu, de la précarité , de sortir du rang , de la violence des autres. J'ai peur de m'affirmer . Je vis avec un compagnon élégant en apparence et vide à l'intérieur . 10 Avril 1995 : je suis en prolongation d'arrêt maladie , je suis en dépression suite à une dispute tumultueuse, j'ai mal digéré le fait qu'il ait déjeuné avec une femme , Gémeaux comme lui . Je l'ai mal pris et mon état alcoolo-dépressif a envenimé la dispute , je ne lui cherche pas d'excuses ; j'aurai du m'enfuir , ne plus rester seule avec lui et ses jugements ! Les enfants ne sont plus là ! Je suis solitaire et comme dans un axe de destinée suicidaire . Réflexion masculine " il faut arrêter tout ça , reconnais que tu m'as poussé à bout ! " C'est vrai tout cela , il refuse d'envisager le divorce ; il me met en parallèle avec son père, son père dépressif , désagréable , tyrannique , malade ,et qui nous culpabilise à son tour. Je suis seule dans ma tourmente intérieure . A qui parler ? La tombe de sa mère était nue, je lui ai conseillé d'y aller seul , et son père lui a reproché de ne pas être passé le prendre pour aller ensemble la fleurir . C'est venu tout d'un coup quand j'ai réalisé qu'avec mon beau-père , nous nous en sortirions jamais . Je suis immature , je réagis au premier degré. Octobre 1995 : je suis une alcoolique, je bois en cachette (tout ce que je peux ) ; il l'a découvert, au début cela m'a rassurée et de jour en jour , perturbée : sa technique : à l'eau et au pain sec . C'est facile pour un non-dépendant , pis encore pour un mari égoïste , fils unique , conventionnel et profiteur de ma faiblesse , ignorant de ma maladie qui s'est installée progressivement . J'avais une hygiène de vie , il y a longtemps , il me semble , à un moment donné , j'ai été vulnérable, perdue ; j'ai cru que cela pouvait être une solution , impossible d'expliquer cela à des personnes intolérantes ,ignorantes, stupides . Je ne cherche pas d'excuses , impossible de parler à cœur ouvert , il faudra que j'attende de rencontrer une confidente éclairée . Mon grand eu un accident grave de VTT le 17 Août 1995 , il a encore un mois d'hospitalisation. Je me sens ébranlée , coupable , c'est quelqu'un que j'aime profondément ; au moins j'aurai réussi quelque chose dans ma vie . C'est l'Automne , il fait beau et doux, le jardin est plein de fleurs , j'ai le sentiment que ce n'est pas mon jardin , il inspecte tout ce que je fais. La vie est une suite honteuse de jours . Le dernier jour de ma vie , serai-je plus positive ? Absurdité, incongruité ,solitude . 15 Octobre 1995 : dur , dur , d'être une alcoolique. C'est comme une obsession , on croit que cela va vous manquer ! On passe aux yeux de ses proches pour une malade mentale , on vous juge , on vous méprise . Mon mari est un être primaire, égoïste , cynique . Son unique encouragement « c'est moi ou la bouteille ! T'as encore bu ! » Mes enfants savent depuis toujours et me soutiennent de leur affection . Je cherche une solution. Maintenant que la situation devient dramatique , c'est moi qui trinque , si l'on peut dire ! Un alcoolique s'attire de par sa maladie (ou son vice pour certains) plein d'ennuis . Ce n'est pas facile, c'est encore moins facile de l'expliquer à quelqu'un qui profite de la situation ou qui a toujours fait semblant d'ignorer mon alcoolisme , qui était pourtant flagrant et maintenant carrément gênant , trop de vagues , de conséquences . J'ai toujours été claire et il me taxe de sournoise ; je n'en ai pas voulu de cette addiction , c'était une échappatoire ; j'avais un mari dominant , autoritaire, sûr de lui, qui m'identifiait à sa mère ou me réduisait à la femme de ménage , la cuisinière , la public-relations, la femme-objet , la femme stupide . Manque de dialogues , manque de considération de sa part . Dur de lutter , d'avancer . Constamment des problèmes , mon grand fils , son orientation, son service militaire , son bac , le cancer de sa mère , sa mort , la TS de son père , son accident , et ses problèmes de dépression . Une suite d'épreuves à franchir. Pas de copines , Maman est loin. J'ai peur d'ennuyer les gens avec mon vague à l'âme. Mes bouffées d'oxygène , c'est écrire quand je suis seule , pas de bruit , ni radio , ni télé , faire le point. Se dire que tout va s'arranger . Dimanche 2 Février 1997 : quand je suis mal , j'écris dans ce cahier , 1 an d'abstinence , j'ai retrouvé ma liberté après une cure du 9/01/96 au 6/02/96 , à l'hôpital de Senlis , où j'ai passé des journées formidables . J'y ai rencontré des gens bons , des docteurs compétents , des malades comme moi , avec qui on s'ait tout dit. Mon mari avait honte quand il venait me voir , il se considère comme la victime et me dit que les enfants ont beaucoup souffert , je me sens maudite . Un abîme d'incompréhension nous sépare . Le juif et le nazi . Le propre et le sale . Toujours pareil , façade kleen pour les autres et quotidien tuant . Mon beau-père s'est retrouvé à l'hôpital ,juste après ma sortie , il a fallu à nouveau le déménager , comme d'hab ! Mon beau-père m'a demandé si mon stage à l'hôpital s'était bien passé ! No comments ! J'en ai entendu d'autres ! Ce n 'était pas si méchant , Papy ! l'essentiel , c'était de m'en être sortie , d'avoir grandi et d 'assumer les vacheries avec humour , dérision ! Un alcoolique qui ne boit plus , c'est le rêve devenu réalité . La victoire sur soi demeure un joyau bien caché. On est capable d'entendre des vertes et des pas mûres . Légèreté de l'âme et du corps . Mon grand fils a eu son bac plutôt brillamment (11,9/20) compte-tenu de sa fracture du fémur , des séances de kiné et de son moral , sujet à des hauts et des bas , c'était un jeune courageux , doux , je l'admirais en secret . J'étais fière de son courage , de son intelligence , de sa beauté. Escapade en Turquie , géniale , les baignades en eau thermale chaude , la vraie vie. Vacances d'été chez Maman et séjours du grand , les générations commençaient à s'affronter . Toujours pareil , lassant même d'en parler . Du mal à expliquer ce qui ne va pas , un père qui fait tout bien , une mère qui essaie de concilier les générations , vu qu'elle est une ancienne alcoolique, elle veut prouver que tout va bien , que rien n'est impossible , concilier le rouge et le noir , réconcilier des gens qui ne se regardent pas , dialogues de sourds , tempête dans un verre d'eau , marcher sur des œufs , être naïve , bécasse, bête , voilà ce que j'étais , je ne le regrette pas ! Je ne sais pourquoi , je lui en veux tellement à cet homme , par moments . C'est une haine primaire , je lui en veux parce que je lui ai fait confiance ? Ou parce que je me suis trompée moi-même ? Je pensais vivre avec lui , une vie idéale, j'ai joué le rôle de la femme heureuse, la mère modèle , la belle-fille modèle, je me suis appliquée , je me suis carrément plantée . C'est ça mon gros problème : la fille à côté de ses pompes , qui lit des romans , qui fait attention à son apparence et veut bien faire ! J'étais faite pour m'éclater et me défoncer , j'avais de l'énergie , de la passion , de l'envie de vivre pleinement en moi et c'est pour cela que cette partie noire et sale (c'est mon opinion perso) , je l'ai faite dans l'alcool. Cela a été mon côté jardin secret , jardin maudit , plaque tombale, ma manière à moi de me donner du plaisir interdit , parce que dans ma vie d'enfant , il n y a jamais eu de véritable explosion , j'ai des souvenirs de-ci , de-là mais pas de sensations de bonheurs , le bonheur c'est un souffle de vent qui passe , une odeur de beignet ou de cuisine dans le couloir , ou le soleil couchant . Le bonheur c'est irréel , virtuel , c'est quand on est bien dans sa tête .Je ne me souviens que des chagrins , c'est bête comme je suis ! Je suis aussi orgueilleuse , l'orgueil est une mauvaise chose , vous pensez que vous étiez destinée à la gloire , la beauté , l'euphorie , au lieu que quoi vous êtes cette petite âme , cette fille ordinaire qui chaparde des paires de chaussettes dans les magasins , ou des pièces dans le porte-monnaie de sa grand-mère ; une tricheuse en fait ! Quand je buvais , je trichais , je voulais que cela soit plus beau ! Juillet 1997 : très beau mariage , les mariés étaient beaux , la fête s'est bien orchestrée, l'office a été célébré par une femme pasteur, de la spiritualité , de l'humanité . Tout le monde était euphorique . Je me sentais gaudiche dans un ensemble en mousseline aux coloris pastel , jours d'été , de toutes les couleurs, canotier et gants blancs. J'ai passé un cap , je suis passée au rang des anciens , sur les photos je suis gaudiche , crispée , pensive , j'assumais mon âge . Le grand a fait un bond en avant, sirènes à la sortie de l'église puis grande réception dans une ferme . On a dansé toute la nuit . Fête géniale , j'étais morte de fatigue . Je ne tiens pas le coup, les émotions me tuent , le pétillant donne de l'énergie , de l'euphorie et moi je n'en prenais plus, j'étais sage , songeuse , solitaire. La suite m'a prouvé que les jours suivants , j'aurai mieux fait de dormir longtemps , très longtemps. Je n'ai pas tenu le coup face à ceux qui buvaient et se donnaient des forces. Les vagues à l'âme m'ont envahi , on ne me l'a pas pardonné, car je me suis mal conduite , j'ai débordé dans une conduite associable .L'inexprimable , l'inavouable : oh si seulement j'avais pu conserver une image lisse et hypocrite ! Mais non ! mon naturel bab-el-oued est revenu au galop ! J'aurais du faire semblant , la fatigue aidant , j'ai craqué . Me pardonner mes manques , mon manque de contrôle , mon manque de savoir-être , de savoir-vivre ! Essayer d'en dire plus sur une situation douloureuse , un bémol , j'écris comme je pense , j'essaie de trouver les mots adéquats ; écrire c'est vivre encore un peu , c'est intime finalement ; si j'avais su , j'aurai modulé mes expressions , mes ressentis dans mon autre blog et peut-être m'auraient-ils compris ? Là-aussi , je me fais des illusions, la rupture était consommée, ils souhaitaient nous écarter , j 'ai détruit ce blog , mais ils l'avaient imprimé , enregistré sur une clé ? je disais ce que je ressentais , j'étais dans la confusion , je ne cherche pas des excuses mais une explication ... Au pied de mon lit , ils étaient venus , ils pensaient que j'allais mourir , j'étais épuisée , je souffrais, ma tête était un tombeau-tambour , il fallait que je soutienne leur regard , c'était affolant ; j'avais des hallucinations dues à l'aplasie et je voyais de gros oiseaux noirs qui décollaient sur une lagune , ils sont restés peu de temps , on leur avait fait la morale pour qu'ils viennent , mère mourante , trop tard pour bien faire ...... le soir tombe , l'obscurité envahit la maison , froide comme un frigo ; lève-toi , allume le feu , prendre l'économiseur et préparer la soupe , c'est comme cela qu'elle faisait Mamita , le soir ; elle s'attelait à la tâche , elle aussi , elle devait se faire suer , mais les femmes étaient plus dociles , plus soumises ou habituées ; j'ai la même solitude intérieure qu'avant , je pense à plein de gens que j'aime et eux ils m'oublient , vent du soir , cheminée noire , pourquoi toutes ces images dans ma tête ; suis-je punie d'avoir abandonner mes amis , mon père ? d'avoir raté le coche, j'aurai du rester dans mon pays . Autre journée , petit matin , la maison ronronne , machines en route , le doute , la rage , la colère , l'espoir , la haine , le dépit , le désespoir , le chagrin, la fatigue , l' aquoibonisme, l'abattement , m'envahissent. Je lutte , j'applique des exercices de sophrologie , je bois mon thé vert lentement, j'inspire , j'expire . j'éprouve des sentiments , des ressentis , j'éprouve , je ressens , je ne réfléchis pas bien. Les branchages entrelacés et gris , sur fond de ciel bleu pastel, des arbres, le verdâtre jaune des troncs arrosés de soleil , me forcent à remettre les pieds sur terre ; ouvrir grand les yeux sur ce spectacle. Qu'est-ce-qui est important ? Hier soir nous avons regardé les témoignages intimes des victimes du tsunami du lendemain de Noël 2004 ; je grelottais de froid , de stupeur , de chagrin , de désespoir , d'affolement . 1/3 des victimes étaient des enfants . La vie qui continue , la dignité et le courage des survivants . On s'interroge , la grande tempête de 1999-2000 c'était aussi un lendemain de Noël , on était abattu , terrifié par toutes ces images , est-ce-que penser , prier intérieurement sert-il à quelque chose ? Où sont allées toutes ces âmes ? Une petite pensée pour eux , une petite lumière . On ne remonte pas le temps , il est trop tard , la roue tourne ; le tonneau des Danaïdes , le mythe de Sisyphe , faire et défaire comme Pénélope ; la finalité de cette action , nul ne pourra l'arrêter ; le destin est en marche , caillou lisse ; pierre qui roule n'amasse pas mousse. Vanité de mes propos , vanité de l' être humain, qui croit gérer son destin . Garder son chagrin au fond de son cœur , silence mon cœur , tais-toi , apaise-toi ; se souvenir des temps héroïques où rires insouciants résonnaient , le matin avance , je dois vivre , m'activer , personne ne sait mon chagrin , je suis une femme affaiblie . CHAPITRE 14 .Mardi 29 Décembre 2009 . Ombre et lumière . Je suis derrière la vitre , dans l'humidité fraîche et sombre sur la terrasse , le jardin bruisse, j'aime être seule et regarder , je le vois mon héros dans sa maison illuminée , qu'il est attendrissant , le vent me caresse les joues , je suis un fantôme , je joue aux fantômes , je pense à tous ceux qui m'observent dans les étoiles ; je suis paisible , merci la vie pour tous ces moments heureux partagés avec Lili , la p'tite Lilie , avec ses petits pieds 35 chaussés chez les gamines et son caractère à la fois effacé et espagnol, souvenirs chaleureux , partage , on se comprend même avec son homme , c'est déjà ça ! Apaisement , envie de vivre .J'écris ici pour dire le calme de ma pensée , envie de rire , envie de folies. Des fleurs dans la maison , des chansons , du chocolat dans le salon , les bougies qui scintillent et le téléphon qui son ! Est-ce comme cela qu'on vit ? La peur . Elle est fatiguée de tirer la couette Elle s'en va peu à peu de la toile d'araignée Elle n'a pas dormi cette nuit Maintenant elle sait mettre de la couleur sur ses cils Maintenant elle aime son sourire, elle ne se sent plus étrangère Maintenant elle rêve de ce qu'elle veut, sans se soucier de rien Maintenant c'est une femme qui se rend compte de son âme personne ne peut te faire mal, personne ne peut Te faire mal Maintenant elle comprend que la peur Peut disparaître par un claquement de porte Maintenant tu vas faire rire car tes yeux Sont fatigués de toujours pleurer, de toujours pleurer Maintenant tu vas réussir a te faire rire Maintenant tu vas regarder Une femme valeureuse, une femme souriante Aujourd'hui est née la femme parfaite qu'ils espéraient Ella a rompu sans pudeur les règles fixées Maintenant elle a mis des talons haut pour faire entendre ses pas Maintenant elle sait que ça ne sera plus jamais un fracas. Maintenant elle va être heureuse même si l'hiver est long et froid Elle va réussir à se faire rire … Jeudi 24 Décembre 2009 . Le sens des mots . J'aime écrire , les témoignages sur la toile me rassurent sur l'utilité d'écrire et de partager ses états d'âme , même si je me trompe , il y a un visiteur qui lira , et appréciera ; malheureusement depuis un certain temps , personne ne commente , c'est le silence des catacombes . Je cherche à m'évader , à oublier , à me rassurer , je voudrais refaire ma vie à l'envers , la brume a tout noyé , les arbres , le jardin . Je suis embrumée, ouais , pas génial cette comparaison. Ce soir , c'est Noël , décoration chocolat et doré , ramures de saule tortueux , angelots , oiseaux , du blanc. Point de solitude , chagrin enfoui, je vais enterrer symboliquement mon malheur ; écouter Nat et Dean , mais bon .....je pleure des seaux de larmes , c'est physiologique, je pleure sur moi-même, par fatigue , incompréhension de la vie , découragement .J'ai mis du temps à le concevoir, cette notion de pleurer sur soi, je pleure car personne n'a pleuré sur moi et pour moi , pour tenter de comprendre la couleur de mes larmes , l'étau de mon chagrin. J'arrive maintenant à gommer cette sensiblerie , à la jeter pardessus les barrières, je me libère de ma sensibilité qui fausse mon jugement . J'ai appris à comprendre le malheur et le chagrin d'autres personnes qui pleurent en silence , en discrétion , en dignité .Les hiboux , les chouettes , les hérissons sont mes amis ; les rouge-gorge et les mésanges aussi , je m'attarde parfois à les écouter ou les observer et je me dis "oh là là , quelle pêche ils ont ! comme j'aimerai être eux ! Avoir une vie simple , des émotions simples ! Elle écrit le matin. Elle écrit le soir. Elle écrit, pour conjurer le silence. Elle écrit, pour oublier la pluie. Elle écrit, pour survivre, pour que chacun de ses mots éloigne la douleur, pour poser sa douce pierre sur le chemin étroit du bonheur. Elle écrit des mots tendres, pour faire taire les voix assassines, pour panser ses blessures et fermer les portes du malheur. Elle écrit malgré le temps qui court, sans savoir où elle va. Il n y a pas de honte à préférer le bonheur écrivait Albert Camus. 22 Décembre 2009 . Les chevaux noirs caracolent et font les fous sur la neige , ils ont l'air d'adorer ça ! Le rouge-gorge, mon copain , est perché sur le lilas , il cherche les graines ; j'en ai mis plein et je me fais du souci pour lui .Âme en peine , malgré des preuves d'amitié , des moments merveilleux partagés , ce concert dans ce théâtre japonais, avec l'étang glacé, au milieu de la neige , derrière la scène où les canards nageaient , un compagnon équilibré , une amie hilarante ! Il y a ce que l'on doit faire pour se préserver : ne pas téléphoner , ne pas envoyer de mail , ne pas se déplacer vers leur domicile , ne pas quémander ... donc j'applique cette méthode , je m'efforce de ne pas m'apitoyer sur moi-même, de ne pas ressasser , mais c'est terriblement dur ; aller voir la psy , mais je lui ai déjà dit et redit mes ressentis ! cela ne me semple plus utiles ....paroles , paroles chantait Dali. Les sentiments , les ressentis , on n'arrive pas à les changer . J'ai du mal à me changer , à me raisonner. Dans la vie , on prend des coups ; la vie reprend ce qu'elle vous a donné : j'ai perdu mon père , j'ai perdu mon enfance , mon insouciance , ma joie de vivre , l'amour de mes enfants , la confiance , l'intérêt de mes enfants... c'est Marc Lavoine qui le chante si bien : D'abord, j'ai perdu ma langue et puis j'ai perdu mes clefs ,Ensuite, j'ai perdu le nord, la tête un soir d'été J'ai perdu mon adresse et puis j'ai perdu mon âme, j'ai perdu mon chemin J'ai perdu d'avance, j'ai perdu la guerre J'ai perdu le sens de l'humour.des affaires Et puis j'ai perdu la mémoire, j'ai perdu le sourire Le jour où j'ai perdu mon père . J'ai perdu à la loterie. Alors, j'ai perdu ma jeunesse et puis j'ai perdu confiance ,j'ai perdu au poker, j'ai perdu la conscience. J'ai perdu la beauté, le goût, le toucher . J'ai perdu mes papiers, j'ai perdu mon identité . J'ai perdu la raison. J'ai perdu ma maison . J'ai perdu à tort ou à raison, j'ai perdu mon enfance . Il me reste la vie, j'ai perdu à la loterie . Je ne peux chasser mes idées noires, ma mélancolie , mon chagrin à l'âme , j'ai mon âme chevillée dans une roue de bois noir et je tourne ...mourir un jour , pour toujours . J'ai cru en eux et en ce qu'ils me disaient , j'avais perdu la raison , le sens de la réalité ? j'ai même donné mon adresse de vacances , la boîte aux lettres était en haut de la côte dans les ronces , les mouches mais j'y allais , gentiment mon mari m'accompagnait , petite promenade , sous les sapins , on savait qu'il n y aurait jamais rien , dans cette drôle de boîte aux lettres. On y allait , on souriait , on plaisantait , on pensait à nos petits bonhommes qui étaient à l'école , très occupés. Les grands-parents sont là pour comprendre , aimer et donner , faire comme si le bonheur était là à portée de main. Retourner en arrière dans ce temps héroïque où tout était bonheur , lumière , musique , rires , chansons , en fait on se disait , c'est une promenade , c'est toujours ça , prenons le comme ça . Jeudi 17 Décembre 2009 . Neige silencieuse .S'asseoir près de la fenêtre , dehors le paysage est blanc , ça et là des taches vert-taupe , les rondins des cabanes des chevaux , les branches des arbres ; elle a sorti la boîte à couture , la boite à trésors , comme disait Lucienne ; en effet que de trésors ! des bobines de fil de toutes les couleurs , rangées par coloris , pile poil ce qu'il faut pour coudre le bouton de la veste de votre grand , Mamy , celui que vous aimiez ,qui vous aimait et vous a respecté, n'en déplaise aux jeteurs de sort . Il neige de tout petits flocons , j'ai parlé et j'ai demandé « faites-moi un signe , et j'ai trouvé tout de suite le bon coloris ! Très pragmatique , ma belle-maman , très franche , honnête, chaleureuse , loyale. Je lui ai dit : je veux simplement trouver la paix , la pureté de la neige , que ma vie ait un sens, être zen ! Neige silencieuse , pétard mouillé , tas de bois empilé , attente , espérance , ne pas agir , contempler cette surface blanche ; aller tout à l'heure au bord du ruisseau , et réfléchir , se réveiller de ce coma , être en paix avec soi , se pardonner , ne pas bouger . CHAPITRE 15 . Tant va la cruche au lit qu'à la fin , elle se lasse . Je me penche sur un passé ordinaire , mon passé de gourde , ce qui ne veut pas dire que je ne le suis plus, bien sûr que je n'aurais pas du m'endormir sur mes lauriers , la vie ce n' est pas cela , je n'aurai pas du me laisser enfermer derrière des barreaux , ensuite se laisser enfermer dans un cercueil. Décider un jour d'aimer vraiment et de laisser tomber les êtres qui se servent de vous : moi j'ai servi de cuisinière , de chauffeur , de dame de compagnie , j'étais utile .....les gens se sont approchés de moi par intérêt. Je me revois allant de Montrouge à Malakoff , très complexée en 1972. Avec son bidaillon encombrant, elle avançait dans sa robe en jersey collante et bleue ,elle avait honte comme d'habitude , elle était gaudiche , jamais personne pour l'aider , ce sentiment effroyable de sa nullité. Elle était complexée par ce corps , cette manie qu'elle avait de se fourrer dans des situations où tout lui saute à la figure , son incongruité , elle a toujours été mal dans son corps et là , sa sœur ,bien-sûr , l'a laissée à la Vache Noire et elle rentre à pied , c'est loin, ses pieds sont en feu ! le ventre en avant , très gênée , avec toutes ces voitures qui passent sur la N20, c'est long , fatiguant. Pas de robe appropriée. La reine des maladroites, des timides, , une ado ingrate ,pas évoluée dans sa tête, souvent gênée d'elle-même , honte de son corps , honte d'elle , de ses parents , de cette banlieue , elle se rappelle l'emménagement dans l'impasse , plein Nord , le lit défoncé qu'on prend chez ses parents , le vieux bahut de la campagne , quelle déco ! et ces journées qui passent à l'ombre , tous ces meubles bricolés , marron et orange , elle déteste cette couleur ! alors que la cuisine est bleue , la lessiveuse qui bout , le linge qui dégouline dans la douche ,et certainement le premier whisky, machinalement... que l'on prend ; elle écoutait la radio , elle lisait beaucoup , elle filait vers les parcs , elle arpentait les boulevards , les marchés avec sa poussette , elle aurait du continuer à voir le ciel bleu dans le midi , là , elle a été enfermée et on a commencé à parler à sa place ; elle est fautive , c'était une poupée , elle disait oui ou non , elle était nulle cette fille ; l'ennui , la dévalorisation , dire non au 3ème cycle et venir habiter au Nord , grand appartement , pas d'amis , comme seul horizon , les weekends à la campagne où finalement elle ne communiquait pas ;du mal à lire , à se cultiver , à vivre sa vraie vie , un mari qui se focalisait sur son boulot , son sport , ses parents, l'ennui , la tête contre les murs , l'alcool , l'impossibilité à exprimer ce que l'on ressent , une solitude effarante , soit des femmes ordinaires , soit des femmes qui ont des moyens ; elle n'avait rien , pas de boulot ,pas d'indépendance financière , elle était celle qui ne travaillait pas ; pleine de complexes avant son mariage , pleine de complexes après , incapacité de gérer sa vie , j'aurai du m'affirmer , travailler plus tôt , peut-être n'aurai-je pas sombrer dans cet espèce d'alcoolisme qui ne portait pas son nom et tout ce qui m'a pourri la vie , une petite âme , une petite fille qui n'aimait pas son visage , ses cheveux , ses parents , honte d'elle , honte d'eux ;personne n'est coupable , personne responsable . Aide-toi , le ciel t'aidera , tu n'as que toi pour t'aider , Assume-toi ! tes enfants sont devenus lointains ,ils ne sont plus tes enfants , toi quand tu y penses , tu les vois beaux , mignons , gentils !Ils sont devenus cette machine à fabriquer du chagrin ,la tête contre les murs ! trop de questions te martèlent, les tempes ! fuir dans un autre pays , une autre vie , les oublier totalement , ferme ta porte à clé , ferme la porte de ton cœur , fais le deuil de ce que tu aimais , tu l'as fabriqué ton bonheur , tu vois c'était fragile , c'est comme la vie , la santé , l'été ,c'est de passage. Le bonheur était de passage , toi la grosse cruche , tu aurais du en tirer des litres , boire l'eau de la claire fontaine, au lieu de te noyer dans l'alcool . Prendre conscience sais-tu ce que c'est ? Voila , force est de constater que tu as été toute ta vie toute seule ! ce sentiment d'isolement , de mise à l'écart , est dur à assumer . La fête des mères va arriver et tu vas te prendre une gamelle , tu feras semblant de ne pas avoir mal et tu sangloteras dans le fond ,à droite , de ton cœur. Une gamine qui n'aurait jamais du exister ! une femme bien certainement , mais trop fragile . "A la Claire Fontaine , m'en allant Promener , j'ai trouvé l'eau si claire que je m'y suis baignée. Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai ,on pourrait l'écrire sur ma tombe , sur mes cahiers . Essayer de mettre un peu d'amour dans le regard que l'on se jette , ce n'est pas parce qu'on ne t 'aime pas , qu'il ne faut pas t'aimer . Penser à eux , leur envoyer toute ma tendresse , espérer que les beaux jours reviendront . J'avais acheté de gros grelots pour décorer ma maison , un beau rouge ancien ; quand je marchais , ces grelots tintinnabulaient , on aurait dit le traîneau du Père Noël , j'étais ridicule et je me suis mise à jouer un rôle , le rôle de la femme toquée . Boire pour oublier , je ne peux pas . Je n'ai même pas envie de toute façon. Je dois assumer cette douleur de l'âme , cette honte. J'ai honte de moi , de ma vie sans eux, finalement rien n'a changé , éternel recommencement , lui me disait "quand seras-tu normale ?" quand je me suis approchée d'un semblant de normalité , de moralité , de conventionnel , la bombe H a éclaté , bien fait pour ta pomme , il ne faut jamais oublier ses origines , petite fille du Sud , petite fille mal aimée , malmenée , toutes ces cicatrices sur mon corps, c'est indescriptible , mon passé ne veut pas mourir , j'ai été très heureuse , par moments bien-sûr , ce qui m'a manqué , c'est l'essentiel , la considération , le guide spirituel , la lumière dans la nuit , nous les enfants , on a été comme le Petit Poucet et ses frères et sœurs , on s'est débrouillé . C'était pas si mal ! Pêle-mêle me reviennent images du Maroc , de l'Espagne , du Sud , de tant de jours où je me suis accrochée pour survivre .Il y en a tellement qui sont partis et que j'ai abandonnés ; je n'ai pas pris du temps pour m'occuper des gens qui m'aimaient et qui étaient "aimables",j'ai passé mon chemin, j'ai avancé , cassant les liens , ces amies , Marie-Christine Henry , la danseuse russe , Catherine Moret , mon Jimminy Criquet ! Au mal que je leur fis , vais-je les reconnaître ? Boire jusqu'à la lie , le breuvage empoisonné .Tourner le dos aux intrus. Ramasser des feuilles les reins en feu. Et se dire « A quoi bon ? »Petite fille dans ton cœur, mais si moche dans les miroirs des magasins, tu es devenue flétrie , ton regard a changé, tu es fatiguée de toi-même parce que tu poses sur toi , un regard sans concession. Un peu d'indulgence , que diable ! Tu dois t'encourager , te donner une chance . Le temps de vivre . Petite souris fulmine , journée de la gentillesse ; être gentil , ça garde en bonne santé et ça rend heureux , paraît-il … Il fait un temps splendide , qu'il fait bon vivre , à marcher sur les feuilles mortes ,à regarder le sous-bois s'enfoncer dans des teintes rousses , brunes ; quelle harmonie dans la nature alors que dans mon cœur , tant de charbon ! envie de penser à eux, ce fil invisible qui ne veut pas se casser ,et pourtant je me conduis comme une femme totalement libre , je fais tout toute seule ; je téléphone aux artisans , aux copines , Je fais des dépenses exagérées , je m'en fous , je comble un vide , cela ne correspond à rien ,comme dans Cléo de 5 à 7 , je suis seule , vide , inutile , légère , superficielle ; je vrombis comme un insecte , je butine , je roule de ville en ville , c'est vrai à la campagne , on n'a pas le choix , on avale les km . La voiture roule et les pensées s'agglutinent , les paysages sont des amis et stimulent la mémoire . Il me reste mes pensées, et si c'est tout ce que tu me laisses, sache que ces souvenirs sont pour moi tout ce qui m'anime et me fait vivre . J'ai plein de châtaignes à faire cuire , plein de noix à éplucher et un énorme cageot de pommes à trier , à éplucher . On a encore trouvé des crottes de souris , ces dames rentrent du dehors pour déguster en paix dans la chaleur du garage , je n'ai pas de courage , pas envie d'étaler mes ressentis , envie de me secouer comme un panier à frites , Fuir le bonheur de peur qu'il ne sauve, ces chevaux sauvages , cachés derrière les rochers , et le plus petit qui était le plus méchant ! il croquait les châtaignes comme il aurait croqué du sucre , dés qu'on approchait , il sautait en arrière brusquement ! quel beau spectacle , tout ce troupeau de chevaux sauvages ! Apprécier ces images , cette vie sauvage ! Mais quand je vois quelque chose de beau ,je pense à eux, je voudrais partager ! mais eux ils s'en foutent bien, d'une mère détraquée par l'alcoolisme , le cancer , l'hystérie , le chagrin. Je suis un animal à abattre . Comme un jeu de cartes . Je suis la renarde dans son terrier . Mardi 10 Novembre 2009 . La solitude apporte parfois un mauvais ressenti . Il n'est pas de pire solitude que l'indifférence des siens . Ne pas se contenter de dire ce que les autres veulent entendre de nous ; impression de manquer de personnalité , d'intelligence , je suis une dominée , une influençable , je suis la bête malade du troupeau , un chien battu qui quémande , j'essaie par moments de m'enhardir à être moi-même . J'ai perdu confiance en moi (cette confiance que je n'avais pas !) avec toute cette sale histoire . J'ai accepté le cancer comme signe de ma culpabilité , "tu es une malade , tu t'en prends à ton apparence" . Parole du vent , blessure sans importance , ne pas écouter , avancer , paroles en l'air , jeune qui ne sait pas encore ce que veut dire "les mots inconsidérés !" Je crois que c'est mieux "les mots en face" que " les paroles par derrière " , il a eu la franchise de ces mots-là , ce jeune ! c'est étrange ou courant : de plus en plus j'ai l'impression que nous ne sommes plus des êtres humains avec une sensibilité , que nous devrions être capables de supporter tout cela , comme s'il 'était possible de continuer à vivre normalement . Comment continuer chaque matin à vivre , avec cette épée de Damoclès , suspendue au dessus de moi ? ce poignard dans mon sein ? Insouciance d'antan et présent taciturne voué à l'échec . S'accrocher tous les matins . Remonter la pente. Ténacité et courage. Je me cacherais dans le cœur de l'homme , c'est le seul endroit où il oubliera de me chercher. J'aurai aimé m'asseoir à table avec toi et boire un café tranquillement , j'aurai aimé envisager la journée sans y penser , comme autrefois ,une femme qui vit , les heures qui défilent et pas toute cette volonté dont on a besoin pour continuer , ces paroles dont je me motive à l'intérieur , ces choses auxquelles je me raccroche , avoir envie de caresser ta tête brune , et revoir vos visages d'avant , quand vous étiez jeunes et tendres , comment passer au présent ? Hier je suis passée devant vos fenêtres , j'étais contente ensuite de filer vers la forêt flamboyante en cette saison , tu sais c'est ma saison , l'Automne , la beauté des couleurs , les arbres se montrent ; je cherchais un proverbe indien qui parle d'herbe foulée par les aïeux . Une histoire de prairie ; j'ai fouillé dans la bibliothèque . Finalement , j'ai pris quelques bouquins que je vais donner ; il paraît qu'il faut effectuer un acte symbolique pour se débarrasser des intrus qui vous pourrissent les pensées ; donc j'ai donné un livre qui t'appartenait ; j'ai acheté des jouets pour d'autres petits-enfants qui ne sont pas les miens , j'ai eu l'impression de me défouler , de tourner à la dérision mon gros chagrin , j'investis dans des travaux dans la maison , histoire de me défouler ; je suis devenue une aquaboniste ; le désordre s'installe dans la maison, vêtements, bouquins , poussière, papiers . Aucune importance , aucun visiteur d'importance. On peut fendre un rocher , on ne peut pas toujours attendrir un cœur . Paroles futiles , se consoler avec les mots aériens , avec l'écriture , la lecture , nourrir son âme ? Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester. Etre une femme du présent , arrête de regarder ce passé , qui te file le torticolis . Profite de cette douce matinée d'Automne , on a été comme le Petit Poucet et ses frères et sœurs , on s'est débrouillé . C'était pas si mal ! Pêle-mêle me reviennent images du Maroc , de l'Espagne , du Sud , de tant de jours où je me suis accrochée pour survivre . Il y en a tellement qui sont partis et que j'ai abandonnés . Je n'ai pas pris du temps pour m'occuper des gens qui m'aimaient et qui étaient "aimables", j'ai passé mon chemin, j'ai avancé , cassant les liens, inconsciente. J’ai demandé aux étoiles, de ne pas m’oublier et de bientôt, vers toi, me guider, perdre la vie , perdre le moral , perdre le sens , perdre du sang , perdre de l'argent , perdre la mémoire , perdre le sommeil , perdre l'appétit , perdre confiance , perdre votre amour , perdre les clés de sa maison , de son bonheur , songer à un portail rouillé entrouvert dans la neige , s'interroger sur le sens de son existence ; ce n'est pas une punition ce que je vis , c'est la réalité , une réalité qui me semble cruelle , sordide en raison de la souffrance qui m'habite et pourtant l'aulne couvert de neige , le rouge-gorge agrippé à sa boule de graisse , la chatte enfouie sous la couverture , le chien trônant sur son coussin , c'est tellement génial . Ce qu'il faudrait c'est me parler à moi-même, me secouer , avoir un tempérament animal et me décider à aller dans la neige , fuir la tranquillité de la maison . Il neige de tout petits flocons , j'ai parlé et j'ai demandé « faites-moi un signe , et j'ai trouvé tout de suite le bon coloris . Fuir la tranquillité de la maison , m'ébrouer dans la neige , être un animal , arrêter de penser aux absents , un petit moment seulement , compter les étoiles , leur envoyer des bisous , des chocolats enveloppés dans du papier d'argent , des petites notes de musique , des accroches - cœurs , des tambourinaires , des petits chevaux de bois , des petites folies , des fous rires d'argent. CHAPITRE 16 . Vendredi 30 Octobre 2009 . Mégalithe et moi . Après une marche à pied longue , épuisante et stressante , il aurait été préférable d ' y aller à vélo , qui m'ont laissé trois semaines de courbatures et de difficultés respiratoires , car j'étais en radiothérapie , je suis folle... j'ai vu le dolmen et j'ai senti sa paix , 500 guerriers sont enterrés à son pied , un endroit étrange , sillonné de sentiers damés par des milliers de pieds , des centaines d'années ; la mort ne me fait pas peur, c'est paisible comme lieu. Quelle douce mélancolie , la journée d'hier a été douce . Ouvrir mon cœur à tous les vents qui passent, Et, qu'un matin, tous mes chagrins s'effacent. Mimi , petite souris , sort de ton trou , oublie le gros minet qui t'envoie sa grosse patte, et te fait pleurer et hurler de colère et de dégout . Pense à la clarté de ce bosquet, à cette paix inscrite sur chaque feuille immobile , chaque pierre érodée , le dolmen de la roche aux fées , moussu et abimé . Aime ta vie , aime tes amis. Mets ta vie en sourdine , ma sardine . Imagine Malakoff et sa chaleur , ce cercle familial si particulier . Maman dans sa cuisine. Babeth qui venait en Austin. Fifi qui jouait de l'harmonica , du violoncelle , le chien Ulysse qui hululait , bridge dans l'après-midi, Moi qui écrivais dans des cahiers que je cachais . Papa le dimanche : eau de Cologne et chemise blanche, un mouchoir blanc pour épousseter la tête noire de la jolie "chinoise". Il y avait du roastbeef toujours un peu trop cuit , Papa rouspétait , Maman se taisait . C'était 5 rue André Rivoire au 10ème étage , Paris à nos pieds . Rond Point Youri Gagarine . Café "Le Cosmos " .Grands immeubles avec les boutiques au pied. Lycée François Villon toute la semaine . Bus 191 . J aimais Françoise Hardy , Bob Dylan. Le temps ne se retient pas , plus il passe et plus t'es lasse . Tu deviens nantie mais tu deviens seule , comme au temps où tu étais enfant à essayer de comprendre la vie qui tourbillonne comme les feuilles mortes en Automne . 28 Octobre 2009 . J'aimerai être avec toi, ma grande sœur , pour te souhaiter un bon anniversaire , passer la journée avec toi , te chouchouter , faire une escapade , shopping , ballade , châteaux , resto , enfin ...tout ; faire des folies , s'offrir des bijoux , des pulls en mohair gris et tout doux ; être libres , profiter de la vie et du temps qui passe . J'ai passé mon pull préféré prune et mes chaussettes préférées roses et je m'en vais chiner , en pensant à toi qui es si spirituelle dans ce monde de brutes . Mon moral est en berne , j'aimerai avoir 20 ans , partir voyager à l'étranger , me baigner et être quelqu'un d'autre .Signé la calamiteuse. Chapitre 17 . Mercredi 30 septembre 2009 . Ne m'oublies-pas , je sais que tu vis là-bas, au bord de l'autoroute . Je pourrai pas me tromper C'est allumé la nuit S'il te reste un instant Faudra que tu m'écoutes Faudra que tu m'attendes Faut pas que tu m'oublies . J'ai vu son bébé et j'ai écouté le grand ourson me raconter sa vie , j'ai fait la bête , les mots étaient vides de sens , c'est moi qui me sentait vide , vidée , la pelote se dévidait et j'apprenais à me taire , à être humble et rampante , que vienne la sérénité , se faire petite , sourire en soi-même , malgré le nez humide qu'il faut moucher , penser que cette tristesse passera et que je dois vivre le reste de ma vie , avec quiétude , sérénité ; amitié pas loin ; amour pas loin ; on lui a manqué , c'est sûr ! on se console , on se raccroche aux choses qui reviennent ! Côté cœur, j'ai le chagrin d ' un épouvantail, Du gosse qui revient, d'un champ d'bataille. Les nuits trop longues, je m'amuse à compter Le peu que la vie nous donne, le peu que l'on est, je t'aime mon grand, je ne t'oublierai jamais, peut-être que ma dernière pensée sera pour toi , toi le grand brun , si affectueux ! Je ne dois rien à personne , je fais des sourires, aux cieux , aux arbres, aux chiens . Les nuits trop longues, je pourrais m'envoler. Rien ici qui me raisonne, plus rien qui m'effraie Bientôt deux mois qu'il est parti .Deux mois... Deux mille ans... Je vais de mélancolie en renoncement. Les nuits trop longues, faudrait libérer Tous les cris qu'on emprisonne au fil des années . 9 Septembre 2009 : Je pense à toi ,c'est une obsession , la communication est rompue . Que de fois , dans une église , j'ai prié pour que me soit accordé la paix , la sérénité , le retour des beaux jours, la paix avec moi, la paix en moi, une vie simple , sans artifices , sans effort ; écarquiller mes yeux et voir le soleil ! Je suis entré dans l'église ,Et je n'y ai vu personne Que le regard éteint du plâtre des statues, Et puis j'ai ton image plantée dans les yeux Je pense encore à toi. Francis Cabrel . J'aime Francis Cabrel, sa poésie dépouillée , ses mots déchirés confrontés à la réalité du quotidien , ces choses qui sont des ressentis , mais qu'on n'arrive pas à dire , des impressions fugitives , la fatigue , le désespoir et tout d'un coup une petite lumière , la beauté de ses chansons ; comme autrefois à la campagne , pas de chauffage central , mais on n'avait jamais froid et on mangeait bien , des choses simples ; on avait chaud dans le cœur , il y avait toujours une bonne odeur dans la cuisine , ah retrouver tout cela .... ces gens humbles qui tiraient une chaise pour que l'on s'assoit , ce sourire et cette envie de vous écouter , cette curiosité ; Répondeur : voix tremblotante , je m'entends comme si j'avais cent ans , je réalise l'inutilité de cet appel , je m'écoute , je me trouve sinistre, vulnérable , enfouie dans mes excuses , lamentable ; je fais un nouvel essai ; j'ai appelé parce que je l'avais promis , je suis dépendante de ce bout d'affection , larmes aux paupières , je file dans la campagne dans une overdose de chagrin rentré ; j'évite de m'apitoyer sur moi-même , j'essaie de me redresser ; je pense à Cabrel et à toute cette ambiance de village abandonné , de fin d'été , de cœur brisé , ce matin pourtant sentiment de liberté , malgré une nuit éprouvante , moi et mes fantômes ....les morts sont heureux , j'aimerai au moins qu'ils aient une image de moi , pas trop moche. Les années passent, toujours le même scénario , ce n'est plus la même personne mais c'est le même chagrin ; j'ai peur de mon avenir , le chien les pattes en rond , semble s'endormir à jamais , j'ai peur , je revois mon passé. Les chemins de traverse . Ne pas trop se mettre à la place des autres. Etre seule plutôt que mal entourée . Une île déserte plutôt qu'une foule citadine qui vous piétine ou une ville polluée . Préférer le silence à la violence, à l'énervement , aux mots détournés de leur sens , aux phrases mal interprétées , aux sentiments déformés , à la confusion. Parfois on comprend mal, on interprète de travers , car on est soi-même mal, on se comprend mal ,partir à la recherche de soi-même et essayez de se comprendre ,de se pardonner à soi-même ; devenir sobre en sentiments . Mon homme semble équilibré , convenable , un peu indifférent en fait , il attend de moi que je sois normale , raisonnable et que je tourne les pages de ma vie sans faire du pathos ! Je ne dois pas faire de vagues . Moi ,la pleureuse , l' ennuyeuse qui ressasse les mêmes chagrins , qui repasse souvent sur les mêmes chemins de traverse , et de travers. Ma conduite est tortueuse, hésitante, douteuse, douloureuse ; je suis mélancolique parfois, je m'attache aux choses qui ne vont pas dans ma vie. Tiens , c'est important cette phrase , il ne faut pas s'attacher aux choses qui ne vont pas !Je suis chiffonnée , contrariée, la reine des reinettes ridées , abandonnée dans un panier poussiéreux , oubliée dans un grenier gris , oubliée à l'abri des regards, de la lumière . Paupières soudées , regard ensommeillé , se doucher tous les matins à l'eau froide pour me réveiller ainsi que l'énergie qui dort en moi, sentir l'eau fraiche qui coule dans mon dos , mesurer la chance que j'ai de ne pas être à l'hôpital. Ne pas imaginer les choses à l'avance, ne pas me faire un monde de choses et d'événements qui n'existeront jamais . Rester dans le présent , il se passera , peut-être , des événements agréables .Les gens ne réagissent pas tel qu’on l’imagine , les événements se bousculent, on n’a plus de prise sur eux. La vie est une succession de faits , d'événements. On se croit acteur héroïque , on n'est qu'un humble serviteur d'un destin ordinaire . Je me fous d'être ordinaire , complètement. Je voudrais être seulement bien telle que je suis , bien dans ma tête , bien dans mon corps . What else ? Je voudrais affronter les événements maintenant , les regarder avec une certaine distance . On m'a arraché mes défenses , on a diabolisé mon âme. Je suis Peau d'Âne . J'ai tout perdu . Je suis sentimentale et héroïque, idéaliste en faillite . La vie a passé , nos enfants nous ont échappé , ce qui est complètement normal, et heureusement , ils sont devenus matures , responsables , épanouis, équilibrés ! ils m'épatent ! Les êtres humains sont libres et font ce qu’ils veulent, ils ont l'impression d'être libres, la vraie liberté c'est la conscience dans l'action . Les enfants s’envolent comme les oiseaux du nid , c’est normal et moi j'ai du mal à accepter une réalité qui n’est que normalité .Se changer soi-même est une dure bataille . Il faut assumer sa solitude , sa réalité. J’ai un compagnon mais j’ai souvent des pensées grises car je ne me sens pas à la hauteur .C’est une âme légère , moi je n’ai plus ma sérénité . Je suis à la ramasse , dans la boue , les égouts ! je plaisante ! Essayez de trouver le bon côté de la situation : ils sont vivants et heureux. Ce sont de bons et beaux garçons . Je me cherche de bonnes raisons de compenser ma peine , de déchiffonner mon mouchoir . Chiffo, chiffon, chiffonnette, pomponnette , pinson, pimprenelle , pipelette , nénette, fauvette , chouette , minette , gamine, tête de linotte , tête de piotte, boule de gomme , didine , pimprenelle. Le soir ,dans mon canapé ,installée avec mes coussins , ma couverture , j'ai ma main crispée sur un mouchoir roulé en boule , matraqué , chiffonné et la nuit sous mon oreiller , j'ai un tas de kleenex , une collection, c'est mystérieux , c'est comme si ces mouchoirs venaient de Papa et Maman , ou de Bernadou , comme s'il y avait un mystère là dessous ! je suis une fille qui a toujours besoin d'un mouchoir roulé en boule et j'aime l'armoire où se nichent des petits mouchoirs d'autrefois qui sentent bon la lessive ou les vieux parfums , qui sont doux au toucher . Câlin mouchoir . Douceur de ce chiffon en tissu de coton aux coloris fanés . M'endormir comme autrefois sur la taie d'oreiller lavée par Maman et séchée au soleil . Retrouver les odeurs d'autrefois , les sons , les voix des disparus . Et j'étais toujours Sans nouvelles de toi Les gens absents C'est bien ça l'ennuyeux Ils tournent tout le temps Là devant nos yeux Et toujours personne Sur le répondeur. Je ne compte pour personne, assumer sa différence et sa solitude , avoir du courage pour soi , en soi , même si ma vie est un désert , croire en soi ? C'est moi qui appelles , qui me déplace , qui quémande depuis mai ....suis-je donc si nulle ? tout cela ne tient pas debout , petits chagrins qui se rajoutent , ces ongles qui se déchirent , cet eczéma . Alors ce matin , j'ai pleuré dans ma cuisine , souffrance sort de moi , je m'appesantissais sur ma carcasse pourrie , à qui raconter toutes ces sottises ? toute cette solitude ? à personne , à mon cahier ; encore un été de passé dans la dignité et la contenance de son chagrin , ciel bleu , paysage magnifique et cœur à l'envers ! Ma vie entière a été faite de ratages , de lâcheté, de petitesses , d'ignorance , de naïveté ; les gens m'apprécient quand je ferme ma .., du coup je fais l'huître ; être équilibré ,c'est se taire , c'est s'accepter tel que l'on est ; le silence des mots , la punition intime . Avancer en réfléchissant , accepter ce chemin tortueux , les êtres humains sont difficiles à comprendre et quand ils ne vous aiment plus , c'est pour la vie. Paies ma fille pour toutes les fois où tu t'es tu, c'est alors qu'il fallait parler. Je réfléchis trop , vivre dans le calme , éplucher mes mirabelles , surveiller ma confiture et admirer mon arbre. Faire les choses au lieu de les dire. Avoir le courage de sa mort puisque tu n'as pas le courage de ta vie , te dire qui tu es , ce que tu es vraiment ; les gens te rabrouent , ne t'écoutent guère , tu n'existes pas , tu n'es même pas une âme légère , un feu follet . Tu es un être disgracieux qui devrait avoir le courage de mettre fin à ses souffrances , vivre libre et toutes ces choses auxquelles je n'ai pas droit , la tendresse en famille , la vie dans mon pays , la considération des miens. Le crépuscule , la pluie froide , la rentrée des classes 2009 se fait sans moi. Torture , lever la tête et regarder l'horizon . Nul n'est autorisé à se faire du mal tout seul . « Le parfum des beaux jours, je ne le sens plus J'ai tout oublié quand tu m'as oublié Les mots doux de velours, je ne crie plus Et le sens de l'humour, je l'ai perdu Comme disait Yoko Ono Je vais essayer de retrouver ce mot . J’espère, j’espère, j’espère oh oui, j’espère C’est mon caractère .J’espère. » Continue reading
Posted Jul 31, 2021 at le vent dans les sapins
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Jul 28, 2021
La neige cache tout , c'est blanc , doux . Le salon de jardin est beau. Tombe la neige , tu ne viendras pas ce soir , tombe la neige , impassible manège . Quelle chanson ! désespoir , attente .Tu es un ami pour moi Salvatore. Ces paroles resteront à jamais ancrées dans ma mémoire , I311 qui attendait , le cœur en lanières , le cœur en bandoulière, le cœur décharné . Elle se demandait , déjà à l'époque , comment échapper au chagrin . Il eut fallu , déjà apprendre à gérer ses échecs , ses manques , sa dépendance affective . Je ne savais que souffrir, je n'étais que désespérance , cela me prenait tous les neurones ! j'étais bête . Un jour une amie m'a dit "promets-moi de décider de ne plus jamais souffrir pour un homme !" j'avais trouvé cela génial et bêtement 30 ans plus tard je suis retombée dans une souffrance indescriptible , dans cette guérilla Familia. Déjà prisonnière du manque d'amour , compensation dans les petits plaisirs qui me font monter dans ce train d'enfer . Quel animal , ce toubib ! il a encore laissé entendre que je me cachais des choses , qu'il fallait que je regarde ma vie en face , que ces malaises très vagues en somme , n'était que le reflet d'une âme en peine , une dépression , je devais faire le point , mais de quoi ? arrêter le temestat , arrêter de ne plus parler à mes enfants (c'est eux qui ne souhaitent plus nous fréquenter...) . J'étais fracassée , le froid glacial m'a fait du bien , j'ai laissé mes oreilles tintinnabuler et j'ai foncé comme si j'avais 18 ans et que j'étais pleine d'énergie ; ramasser le bois , foncer à pied à la mairie , j'ai vu et entendu le bel étalon , tout heureux de galoper le long de la haie , comme un gamin. Message d'espoir ? comme ce chat derrière la vitre ... Tente d'imiter le Dalaï Lama , entasser mon chagrin , comme une pile de bois , arrêter de comptabiliser ce chagrin , cela ne sert à rien ! Se contenter de sa vie , ne pas se sentir humiliée car incomprise , apprendre à n'être que soi , être humble. Se tourner vers la lumière orangée . Oui , je suis fatiguée , oui toubib , tu pourrais me valoriser au lieu de me culpabiliser , Nuit noire , froid glacial , cheminée qui fume. Ballade en Novembre : Qu'on me laisse à mes souvenirs, Qu'on me laisse à mes amours mortes, Il est temps de fermer la porte, Il se fait temps d'aller dormir Je n'étais pas toujours bien mise J'avais les cheveux dans les yeux Mais c'est ainsi qu'il m'avait prise, Je crois bien qu'il m'aimait un peu. Oui mais s'il m'aimait , il m'aurait pris dans ses bras , au lieu de me flageller et de marteler ses mots ironiques. Je ne lui en veux plus , ma vie c'est une cascade d'actes ratés. Belle Dame, vous auriez eu 89 ans aujourd'hui , 15 Décembre 2010, une pensée affectueuse et respectueuse. Vous auriez su que votre belle-fille était abstinente depuis 14 années ,votre cuisine était raffinée , vos attentions étaient régulières et nuancées , respect de votre belle fille , amour de votre fils , quelle chance nous avions ...vous nous auriez soutenu pour les enfants . Continue reading
Posted Jul 21, 2021 at le vent dans les sapins
Confidences à ma sœur ainée et aimée , allusion au bel enthousiasme de nos jeunes années. Te voir autrement , me fixer sur une image ancienne , tu étais mon idole , car tu avais su , avant moi , exprimer ta féminité , tu étais maligne , tu avais du recevoir des hommages , tu avais confiance en toi , tu étais intelligente , cultivée , brillante, spirituelle. Je me croyais moi-même , ingrate , mal dans ma peau . Quand j'ai rencontré l'amour , cela m'a embrasée , embarassée , je manquais de maturité , ce n'était peut-être qu'une aventure sans profondeur pour lui . Il m'a laissé partir sans manifester de regrets ou de chagrin . Du moins il n'a pas pensé à un avenir commun. Il m'a reproché d'avoir raconté qu'il recherchait des filles pour coucher. Il était ironique , belliqueux , lâche , sûr de lui . J'étais douleur. Flagellée à mort , il m'a humiliée . Il s'est pris pour un seigneur , lui qui n'avait pas une once de conversation . Une histoire de sexe pour lui , les jeunes d'aujourd'hui diraient "un plan cul" . C'est glauque . Je ne dois m'en prendre qu' à moi-même . J'ai tellement fait d'erreurs dans ma vie . La douche glacée pour moi. Il fallait que je me sauve de ce couloir de la mort . Heureusement , mon petit côté intello l'a emporté , j'aimais les livres , les études . J'avais peu d'amies , un tempérament à laisser s'éloigner les gens , par paresse , égoïsme, peur de décevoir ou bien les aléas de la vie ? Ma sœur ainée et aimée , aujourd'hui , j'ai décidé que tu serais la belle princesse : spirituelle , cultivée , humoristique . Tu t'habilles avec goût et tu es chaleureuse , affectueuse , protectrice . Tu portes des vêtements chics ,je t'aime toujours mais cela ne sert à rien de le dire , c'est comme parler en haut d'une montagne et jeter des cailloux qui roulent . L'amour est au fond de moi , ancien. Je réfléchis souvent à ces sentiments lointains qui reviennent , le matin ou le soir , ou la nuit dans mon lit , les images sont très précises et disparaissent , dés que je veux les décrire , c'est fascinant . Le bonheur est là, parfois comme un courant d air , qui siffle derrière la vitre, une présence , une chose qui a existé et que l ' on n a pas vu , l 'oiseau posté sur sa branche, l' œil rond . Exister c est prendre conscience du temps qui file comme un petit rat de l opéra , c est aussi se réaliser , se jeter a l eau , aller jusque au bout de ses désirs . Je crois que je réfléchis trop à ce que pensent les autres . J'aurais voulu dire à Calamity que je déplorais nos manques de relations , son absence et puis aussi tout le bel enthousiasme de nos premières rencontres , maintenant je la sens irritée , sous tension . J'aime la beauté et la noblesse des sentiments , cela me trouble les gens qui jouent double-jeu , face souriante , mots gais , plaisanteries mais manipulation et orgueil . On est piégé car on s'attache , au début on est enthousiaste , on se voit souvent et puis la machine se grippe , on s'essouffle , on se lasse , on s'ennuie . les moules-frites cela n'a qu'un temps , c'est un plaisir dont on sature ... au-delà du plat , c'est un tout ... la mer déchaînée , la conversation qui se tarit . C'est l'usure des sentiments , l'amour , l'amitié. On traîne son ennui et sa solitude . En fait , je parle d'eux , de tout ça , mais c'est moi-même qui me déçoit . Savoir à l'avance , que les petits plaisirs , n'ont qu'un temps . Plaisir d'amour ne dure qu'un seul jour . Petits sentiments d'amitié , manque de sincérité et de franchise . Ennui , solitude en commun . Je préfère être seule , écouter le silence de la forêt et regarder les fleurs qui sortent , timidement : les perce-neiges , le forsythia , les violettes et plein d'autres dont j'ai égaré le nom . Je suis lasse de moi . Il y a une chose , aussi : l'amour , l'amitié , la tendresse , cela s'entretient , il faut de la réciprocité . C'est du ping-pong . Je t'aime telle que tu es. C'est fatiguant le côté matériel des situations et des relations . Cela n'apporte rien . On se sent diminué mais ça c'est Didine avec ses complexes à la con . L'idéaliste en faillite , la souris vert de gris . L'écriture existe pour s'exprimer . C'est mon occupation préférée , je pourrais passer la nuit à écrire , je cherche une vérité , ou une réponse. Les mots sont ma consolation . Comme dirait ma sœur préférée "faire le tour du jardin en criant "je suis heureuse et amoureuse". Si j'ai utilisé tous les mots de notre bon français ,c'est pour passer mon temps agréablement et non pas pour "raconter ma vie" comme le susurrait une jolie dame , j'ai obtempéré , sur le moment ,un peu vexée au fond de moi . C'est tellement compliqué , dur , douloureux , de se raconter. Quelle honte de moi , d'avoir été ainsi manipulée , cherchant l'estime , l'amitié , l'affection à droite , à gauche . Devoir argumenter , se défendre pour tenter d'avoir raison et être lasse au fond de soi. Retrouver le paradis perdu dans les photos anciennes , les couchers de soleil , les paysages . Les visages de mes enfants et petits-enfants , ma famille et dégager ce visage toujours lointain , anxieux , triste. Cette fatigue en moi , ce mal de tête de savoir que j'aurai passé ma vie à ses côtés , lui imbu de lui-même , parlant comme un mec , désagréable. J'ai passé un temps fou à gérer l'imprimante qui n'imprime plus qui ne scanne plus. Je vais céder à la tentation d'en acheter une autre . Conflit de vieux ! Elle parle toute seule à des personnes sans visage , elle s'imagine qu'elle pourra expliquer la peine profonde de son cœur . Eclaircir ? ou bien s'apitoie-t-elle sur elle-même ? Les dialogues avec soi , sont source de malentendus , d'erreurs fondamentales , d'interprétations tragiques. C'est du laisser aller, de l'égocentrisme . Erreur fatale , blessure d'amour propre, orgueil mal placé ! Souviens-toi de ces matins d'été ,où tu te mettais dans un fauteuil , après avoir bu du whisky , tu partais vers des chevauchées irréelles , tu étais bien peut-être? tu étais soulagée , seule , tranquille , mais tu étais dans l'erreur , dans l'errance , dans la souffrance intérieure , tout le monde s'en foutait . La seule chose que l'on demande à une femme ,une fille , une mère , une grand-mère , c'est de tenir son rang , ne pas faire de vague , pas un mot plus haut que l'autre, c'est ça la vraie solitude , être toujours là où les autres vous attendent ! et ne pas être à sa vraie place , celle où on existe vraiment . Peut-être que c'est ça le suicide virtuel ? aller à sa vraie place , le néant , le rien du tout , la gamine sale et moche. Aujourd'hui , temps glacial , pulls , chauffage et café brûlant n'arrivent pas à te réchauffer . Tu te sens seule surtout parce que tu n'as personne à qui te confier. L 'alcoolisme , c'était ça aussi : une plage déserte , une planète déserte . Se sentir si mal car dans l'impossibilité d'exprimer son mal être . Les petits lapins en chocolat iront sur le bord des fenêtres , dans l'anonymat d'une nuit noire et froide. On ne remonte pas le temps . Quand tu vas au plateau , les grands sapins noirs ont fusé vers le ciel , serrés les uns contre les autres , il n y a plus de perspective , rien que des aiguilles acides , des ronces et du sombre. Sinistre . Il faut regarder derrière soi pour voir la chaîne montagneuse , les pics neigeux , la lumière . Avoir de la peine et la cacher , se parler à soi , dans le fond de son lit, se consoler ; imaginer un dialogue où elle parlerait comme elle était avant. Domaine de la folie . Rester debout. Pleurer un peu sans larmes , prendre ses rendez-vous , faire le nécessaire , suivre les instructions du docteur . Toute action entreprise par les êtres humains est fondée soit sur l'amour, soit sur la peur, et cela ne se limite pas aux relations personnelles. Chacun des choix que tu fais librement, tout cela vient de l'une des deux seules pensées possibles : une pensée d'amour ou une pensée de peur . La peur est l'énergie qui contracte, referme, court, cache, entasse et blesse. L'amour est l'énergie qui s'étend, s'ouvre, envoie, reste, révèle, partage et guérit, La peur enveloppe nos corps dans les vêtements, l'amour nous permet de rester nus. La peur s'accroche et se cramponne à tout ce que nous avons, l'amour donne tout ce que nous avons. La peur retient , l'amour chérit .La peur laisse de la rancœur, l'amour soulage. La peur attaque , l'amour répare. Il était une fois le courage et la fantaisie , l'humour , l'oubli et l'indifférence. Il était une fois le soulagement... Je suis soulagée , libérée. C'est bientôt Pâques . Je me souviendrai maintenant de ce séjour sous les pêchers en fleurs alors que la neige s'était mise à tomber, c'était magique , cette association de fleurs et de neige , et nous chantions, nous les filles... C'était une habitude de chanter , maintenant c'est ringard, c'était un temps béni . Pâques rimait avec résurrection , Printemps, préparer les œufs bruns avec les pelures d'oignon, les gouttes de cire de bougie pour les petits points , en peindre , s'amuser à faire des nids , avec de l'herbe , des branches ; mettre des petits poussins , des lapins , le matin de Pâques ,lancer tous les petits avec des paniers pour la chasse aux œufs , c'était du folklore . Se souvenir de cette année où il était né , un lundi de Pâques , que de soleil ! que du bonheur ! accepter cette situation , ne pas dériver , vers l'ennui , le ramassis de sottises , mon père disait , ce que disait Montaigne ,un jardin , une bibliothèque et c'est tout ce qu'il faut pour être heureux , partir vers le pays de mes aïeux ... la Provence chantante ouvre ses fleurs ...et prépare son miel. Sans amour , il n y a pas de réconciliation. Soleil et froidure ! j'attends avec patience que l'on vienne me prendre du sang . Ensuite je pourrais déjeuner ! Je vais chercher cette lettre que j'ai tellement cachée que je ne la trouve plus . Voila je vais conclure par ce petit billet écrit d'une main affectueuse et intellectuelle . Je crois qu'étant la première des filles et la deuxième des enfants , tu as ramassé le quota d'intelligence ou de spiritualité . Personnellement je suis scolaire , j'écoute , j'apprends par cœur , j'aime lire , écrire , chanter . Je me parle toute seule comme au théâtre . Je vais chercher cette lettre que j'ai tellement cachée que je ne la trouve plus . Eureka ! Lettre écrite par ma sœur ainée et aimée en réunion , UAP , à Tours. L'écriture et fine et rapide . " J'ai huit ans , je suis dans la salle d'attente , les murs sont pisseux , la laideur des gens m'écœure. J'ai peur . J'ai mal . Ils m'ont oubliée .La douleur dans mon cœur m'empêche de respire . J'ai peur Que font-ils ? ils m'ont oubliée ? Pourquoi ? Je n'existe plus; J'ai peur ... (je m'appelle Marie-Christine , j'ai quarante ans et j'ai toujours peur et la boule dans ma gorge m'empêche de respirer). Moi aussi , j'ai mal, j'ai peur , grande godiche stupide. Arrête de me faire mal , sans raison..Cette lettre t'est entièrement destinée à toi seule. Message de tendresse et de reproches. Bisous. Miette . Continue reading
Posted Jun 27, 2021 at le vent dans les sapins
La neige cache tout , c'est blanc , doux . Le salon de jardin est beau. Tombe la neige , tu ne viendras pas ce soir , tombe la neige , impassible manège . Quelle chanson ! désespoir , attente .Tu es un ami pour moi Salvatore. Ces paroles resteront à jamais ancrées dans ma mémoire , I311 qui attendait , le cœur en lanières , le cœur en bandoulière, le cœur décharné . Elle se demandait , déjà à l'époque , comment échapper au chagrin . Il eut fallu , déjà apprendre à gérer ses échecs , ses manques , sa dépendance affective . Je ne savais que souffrir, je n'étais que désespérance , cela me prenait tous les neurones ! j'étais bête . Un jour une amie m'a dit "promets-moi de décider de ne plus jamais souffrir pour un homme !" j'avais trouvé cela génial et bêtement 30 ans plus tard je suis retombée dans une souffrance indescriptible , dans cette guérilla Familia. Déjà prisonnière du manque d'amour , compensation dans les petits plaisirs qui me font monter dans ce train d'enfer . Quel animal , ce toubib ! il a encore laissé entendre que je me cachais des choses , qu'il fallait que je regarde ma vie en face , que ces malaises très vagues en somme , n'était que le reflet d'une âme en peine , une dépression , je devais faire le point , mais de quoi ? arrêter le temestat , arrêter de ne plus parler à mes enfants (c'est eux qui ne souhaitent plus nous fréquenter...) . J'étais fracassée , le froid glacial m'a fait du bien , j'ai laissé mes oreilles tintinnabuler et j'ai foncé comme si j'avais 18 ans et que j'étais pleine d'énergie ; ramasser le bois , foncer à pied à la mairie , j'ai vu et entendu le bel étalon , tout heureux de galoper le long de la haie , comme un gamin. Message d'espoir ? comme ce chat derrière la vitre ... Tente d'imiter le Dalaï Lama , entasser mon chagrin , comme une pile de bois , arrêter de comptabiliser ce chagrin , cela ne sert à rien ! Se contenter de sa vie , ne pas se sentir humiliée car incomprise , apprendre à n'être que soi , être humble. Se tourner vers la lumière orangée . Oui , je suis fatiguée , oui toubib , tu pourrais me valoriser au lieu de me culpabiliser , Nuit noire , froid glacial , cheminée qui fume. Ballade en Novembre : Qu'on me laisse à mes souvenirs, Qu'on me laisse à mes amours mortes, Il est temps de fermer la porte, Il se fait temps d'aller dormir Je n'étais pas toujours bien mise J'avais les cheveux dans les yeux Mais c'est ainsi qu'il m'avait prise, Je crois bien qu'il m'aimait un peu. Oui mais s'il m'aimait , il m'aurait pris dans ses bras , au lieu de me flageller et de marteler ses mots ironiques. Je ne lui en veux plus , ma vie c'est une cascade d'actes ratés. Belle Dame, vous auriez eu 89 ans aujourd'hui , 15 Décembre 2010, une pensée affectueuse et respectueuse. Vous auriez su que votre belle-fille était abstinente depuis 14 années ,votre cuisine était raffinée , vos attentions étaient régulières et nuancées , respect de votre belle fille , amour de votre fils , quelle chance nous avions ...vous nous auriez soutenu pour les enfants . Continue reading
Posted Jun 20, 2021 at le vent dans les sapins